Eric PARADISI : "Blond cendré"

blond cendré

Blond cendré c'est la couleur des cheveux d'Alba, jeune résistante italienne qui combat le fascisme et qui un jour rencontre Maurizio, coiffeur juif. C'est la passion qui va les unir. Les boucles blond cendré vont immerger toute la vie de Maurizio, depuis la passion romaine avec Alba jusqu'à son exil à Buenos-Aires, sa déportation à Birkenau et la mort de sa petite-file à Paris.

Dans un premier temps on suit la vie de Maurizio, sauvé de la mort concentrationnaire grâce à son talent de coiffeur, la basse besogne qu'il accomplit là-bas et finalement son retour au pays. Dans un second temps, l'auteur nous conduit dans l'âme de sa petite fille et un dialogue se noue entre les vivants et les morts. Le récit devient moins linéaire. On découvre, par touches, comme des reflets de lumière dans la chevelure cendrée, la vie qui continue, l'amour qui transporte, l'amour comme un remède à la fragilité de la liberté, comme un antidote à la bête immonde qui rode et peut à chaque instant nous insuffler son haleine fétide.

Comme la vie et la mort, le passé et le présent se côtoient, s'éclairent mutuellement. Si les sujets abordés sont lourds, le récit est plein de sensibilité, même si la narration et le choix artistique de l'auteur peuvent décontenancer le lecteur.

cheveux

(amas de cheveux, à Birkenau)