Olivier SILLIG "Jiminy Cricket"

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J'ai connu Olivier Sillig à travers la lecture de "Skoda" il y quelques années. Un petit roman par la taille mais puissant par le texte.Aussi, lorsque Masse Critique en propose un nouveau, je me propose. Et je n'ai pas eu tort.

Ici nous sommes en 1975 dans le Causse au dessus de Millau, le Larzac que l'on devine, avec ses hameaux abandonnés. Dans un de ces hameaux, une communauté, post-hippie, des jeunes qui se sont installés et partagent la vie quotidienne et le sexe. Au centre de la communauté : Jiminy Cricket.

C'est John, le narrateur, qui l'affublera de ce sobriquet emprunté à Disney et Collodi, John en panne avec son minibus et qui sera accueilli dans la communauté.

Jiminy c'est le soleil, l'astre, autour duquel tout tourne. Avec un charme mystérieux qui opère, c'est celui que tous aime, et celui qui les aime tous. Jiminy c'est aussi le gardien, la conscience, le ciment de la forteresse qui se dresse contre la déprédation envisagée par quelques investisseurs fonciers.

Conte lumineux et triste à la fois, qui fait référence au "Petit Prince" à plusieurs reprises, ce texte nous questionne sur notre liberté, notre rapport aux autres, notre rapport au sexe et à l'amour. Un conte révélateur d'une utopie. De rêves disparus. Des espérances enfouies profondément sous le consumérisme superficiel et l'individualisme totalitaire.

En passant avec finesse de la poésie enchanteresse aux scènes les plus crues grâce à une écriture délicate, l'auteur nous immerge dans ce monde, dans cet univers un peu magique, que l'on quitte à regret. Une belle lecture.