16 février 2017

Olivier Sillig : "Jiminy Cricket"

Olivier SILLIG "Jiminy Cricket"

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J'ai connu Olivier Sillig à travers la lecture de "Skoda" il y quelques années. Un petit roman par la taille mais puissant par le texte.Aussi, lorsque Masse Critique en propose un nouveau, je me propose. Et je n'ai pas eu tort.

Ici nous sommes en 1975 dans le Causse au dessus de Millau, le Larzac que l'on devine, avec ses hameaux abandonnés. Dans un de ces hameaux, une communauté, post-hippie, des jeunes qui se sont installés et partagent la vie quotidienne et le sexe. Au centre de la communauté : Jiminy Cricket.

C'est John, le narrateur, qui l'affublera de ce sobriquet emprunté à Disney et Collodi, John en panne avec son minibus et qui sera accueilli dans la communauté.

Jiminy c'est le soleil, l'astre, autour duquel tout tourne. Avec un charme mystérieux qui opère, c'est celui que tous aime, et celui qui les aime tous. Jiminy c'est aussi le gardien, la conscience, le ciment de la forteresse qui se dresse contre la déprédation envisagée par quelques investisseurs fonciers.

Conte lumineux et triste à la fois, qui fait référence au "Petit Prince" à plusieurs reprises, ce texte nous questionne sur notre liberté, notre rapport aux autres, notre rapport au sexe et à l'amour. Un conte révélateur d'une utopie. De rêves disparus. Des espérances enfouies profondément sous le consumérisme superficiel et l'individualisme totalitaire.

En passant avec finesse de la poésie enchanteresse aux scènes les plus crues grâce à une écriture délicate, l'auteur nous immerge dans ce monde, dans cet univers un peu magique, que l'on quitte à regret. Une belle lecture.

 

Posté par fran6h à 10:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 février 2017

Herman Raucher : "Un été 42"

Herman RAUCHER : "Un été 42"

Un été 42

Quel beau roman ! Tout en finesse et en humour. C'est un régal.

Pendant l'été 1942, alors que les hommes sont partis combattre les japonais après l'attaque de Pearl Harbour, restent, sur les lieux de villégiatures, que les femmes et les enfants. Parmi ces derniers, il y a les adolescents de quinze ans et leur poussées de libido. Entre désir de sexe et d'amour, on veut découvrir le corps des filles, leur mystère, le plaisir charnel, la volupté partagée.

Mais en 1942, on n'a pas accès aux films pornos, et l'éducation passe alors par les photos des magasines et les manuels d'anatomie.

Bien sûr il y a les filles du même âge, mais pour Hermie il y a la femme de la maison sur la plage. La beauté incarnée, la sublissime, l'objet du désir, la passion jusqu'à l'obsession.

La femme de la maison de la plage dont le mari est sur le front.

Avec beaucoup d'humour et de tendresse, l'auteur nous dépeint cet épisode particulier de cet été là. L'été des quinze ans. L'été où l'on cherche à perdre son pucelage, entre candeur et naïveté, et où par un concours de circonstances on rencontre l'amour. Le vrai. 

Un coup de coeur. A lire absolument. A lire en écoutant la fabuleuse musique de Michel Legrand qui illustre le film tiré du roman.

Ecouter une version de Bill Evans

 

été

(l'affiche du film de 1971)

 

 

 

Posté par fran6h à 08:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]