28 juillet 2018

Stephen King : "Misery"

Stephen KING  : "Misery"

 

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Voilà mon premier Stephen King, et c'est conforme aux attentes que j'avais. On plonge peu à peu dans l'angoisse, l'atmosphère devient de plus en plus lourde pour ce huis clos très particulier entre un écrivain de renom de sa "meilleure lectrice", admiratrice numéro un.

Au delà de l'histoire que chacun connaît ou découvrira, ce livre traite avec finesse du métier d'écrivain, de la création artistique, de la place des personnages de fiction dans notre vie et dans la construction de notre personnalité, et aussi du rapport qui existe entre un auteur et (pour certains) ses millions de lecteurs.

On ne peut s'mpêcher de penser à JK Rollins et son Harry Potter. Qu'adviendrait-il si Harry Potter devait mourir ?

L'idée la plus intéressante à mon goût est relative à la création artistique sous contrainte, et notamment sous contrainte de mort. Un écrivain peut-il alors accoucher du chef d'oeuvre de sa vie ? Ça me rappelle ces peintres enfermés au camp de Terezin décrit par Antoine Choplin et qui ont produits tant de tant de dessins sous la menace, et dont l'échapatoire était l'acte créatif, l'imaginaire en liberté, l'esprit en ébullition au delà de la contrainte et de la menace permanente.

Dans Misery, le sursis accordé est dû au temps nécessaire à la rédaction du roman, sorte de réécriture des "Mille et une nuits" ... l'espérance dans la longueur, dans l'intrigue, dans les aventures des personnages.

D'autre part, le récit même écrit sous contrainte, devient le récit de la contrainte lui-même. Les peintres de Terezin ont fini par dessiner la vie du camp en parallèle aux commandes des autorités nazies. Le même mécanisme est subtilement décrit ici.

Bref, un grand roman qui demande parfois au lecteur d'avoir les tripes bien accrochées, mais qui mérite un large détour. Bravo !

 

Posté par fran6h à 09:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 juillet 2018

Cécile Coulon : "Le roi n'a pas sommeil"

Cécile COULON : "Le roi n'a pas sommeil"

 

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Il y a de la nouvelle américaine dans ce court roman. D'abord sans jamais le dire explicitement, l'action se situe dans une petite ville américaine où l'on y retrouve les références, les noms, les grands espaces et les symboles. Et puis il y a l'ambiance. Et surtout il y a les personnages.

C'est sombre à souhait, c'est rempli de silences, de non-dits. C'est fait d'une vie de sueur et de larmes sans jamais ployer dans le misérabilisme.

C'est Thomas Hogan, l'homme qui se cherche entre son père William et sa mère Mary. Cet enfant doué et sportif que le destin va conduire en dehors du chemin tout tracé qui se profile devant lui. Dès le début le ton est donné, le roman commence par son arrestation par la police.

Et alors, au fil d'une écriture fine et évocatrice, le lecteur est emmené dans les méandres tortueux de son esprit. A travers les relations entre les personnages se dessine cet environnement, qui fait une place particulière à la filiation, ce poids social, celui qui ne dort jamais, comme la conscience du criminel.

 

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04 juillet 2018

Robert Louis Stevenson : "L'étrange cas du dr Jekyll et de Mr Hyde"

Robert Louis STEVENSON : "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde"

Jekyll et Hyde

Jekyll et Hyde c'est un mythe. Publié en 1886, il met en avant la fracture qui existe en chacun nous entre le côté clair (la raison, le bien) et le côté sombre (la passion, le mal). C'est un tiraillement permanent, et une face finit par prendre le dessus sur l'autre.

Mais ce n'est pas aussi clair que cela et nous suivons, dans ce court roman, le notaire Utterson, ami du Dr Jekyll qui lors d'une promenade avec Mr Einfield, se fait raconter l'histoire d'un homme de petite taille, moche et méchant, qui massacre une fillette qu'il vient de croiser sur sa route. Interpellé par les passants, dont la famille de la fillette, l'homme en question entre dans une étrange maison du voisinage et en ressort avec un chèque de dédommagement. Un chèque dont le tireur n'est autre que Dr Jekyll. Bien étrange tout ça ... La curiosité de notre notaire est aiguisée.

Stevenson prend soin de bien situer l'histoire. Nous sommes à Londres, en hiver, dans le XIXème siècle victorien et l'ambiance particulière de la ville, de la saison et de la société est parfaitement restituée. Le récit est bien mené, et si on le lit sans chercher à convoquer les connaissances que l'on a déjà sur ce roman archi adapté ou réécrit, on se laisse entraîner, avec Utterson dans cette enquête aux faits troublants, voire irrationnels.

Une pièce majeure qui mêle à souhait, suspens, crime, médecine, psychologie et pharmacopée.

Posté par fran6h à 15:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juillet 2018

Joël Dicker : "La disparition de Stépanie Mailer"

Joël Dicker : "La disparition de Stéphanie Mailer"

 

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A Orphea, dans les Hamptons, Etat de New-York, il y a chaque été un festival de théâtre. Le premier eût lieu en 1994. Le jour de la première, au moment de l'ouveture officielle, un quadruple meurtre est commis non loin de là ... Vingt-ans plus tard, l'enquête est de nouveau ouverte suite à la disparition de Stéphanie Mailer qui apparemment avait trouvé des éléments permettant de remettre en cause les conclusions de l'époque. Oui mais quoi ?

Et du théâtre il y en a dans ce polar. Bien sûr par le festival en lui-même, fil conducteur du roman, mais aussi par tous les personnages dont les rôles ne sont pas aussi clairs qu'il y paraît. On navigue dans les décennies, dans les souvenirs, dans les éléments factuels qui prennent une toute autre dimension à l'aune d'un nouvel éclairage.

L'auteur nous trimballe, multipliant les personnages, naviguant dans la chronologie, révélant  des faits qui finalement embrouilleront les pistes. C'est maîtrisé. Le style permet une lecture fluide, même si elle est parfois un peu longue.

Mais c'est vraiment dans les personnages et leurs liens que réside l'intérêt de cette lecture. Des liens qui se tissent,des liens qui les unissent parfois secrètement et qui se dévoilent. Des  personnages qui cachent quelque chose, un ressentiment, une frustration, un désir de gloire et qui cherchent une vengeance, une reconnaissance, la lumière ... Cette disparition va leur permettre à tous de se révéler et d'apporter la lumière sur cette bien triste affaire de juillet 1994.

 

 

Posté par fran6h à 08:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]