22 août 2018

Fedor Dostoeivski : "Le joueur"

Fedor DOSTOIEVSKI : "Le joueur"

 

Le joueur

Amour et jeux d'argent dans la bonne société européenne du XIXème siècle.

De l'amour il en est question, l'amour que voue le narrateur Alexei pour Pauline, par exemple, ou l'amour du général pour Mademoiselle Blanche. Des jeux d'argent il en question également. De façon très visible à travers la table de roulette du casino de Roulettenbourg, mais aussi à travers les dettes et les hypothèques du général, et à travers la perspective d'un héritage de la vieille grand-mère ... Tout le monde croit qu'il va gagner !

C'est l'illusion du jeu et de la vie. De façon générale beaucoup perdent, et certains perdent gros, très gros même.

Ce court roman, écrit sur commande, est un brin mélancolique. Notamment ce personnage d'Alexei, précepteur chez le général, qui représente ce qu'on pourrait appeler "l'âme russe" et qui contribue par la narration qu'il fait des évènements à donner le ton. On alterne les sentiments de joie intense et de tristesse profonde. Comme sur la table de roulette, lorsque la mise fût la bonne à plusieurs reprises et que l'heur tourne.

Si l'amour est un jeu, est-ce un jeu de hasard ?  Comment saisir sa chance au bon moment ? Comment discerner ce qui chez l'autre indique qu'il est temps de s'en aller, de sortir, de quitter définitivement cet enfer ? En matière d'amour et de jeux, les conseils des "amis" ne sont jamais avisés, mais ici, comme souvent, même un homme averti ne vaut pas grand chose, surtout s'il perd.

Un bon roman qui permet une entrée en matière pour découvrir l'auteur sans s'attaquer aux monuments.

 

Posté par fran6h à 13:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


14 août 2018

James Lee Burke: "Texas forever"

James LEE BURKE  : "Texas forever"

Texas Forever

S'il est commun d'associer le nom de James Lee Burke à la Louisiane, ici le héros est clairement le voisin : le Texas. On entre, sous le prétexte de deux détenus évadés qui fuient la Louisiane,dans la genèse de la constitution de cet Etat dans les années 1830. C'est douloureux. Le vaste territoire est alors sous la domination mexicaine dont l'armée maltraite tout à la fois les colonies des protestants anglophones et les villages indiens qui bordent les rivières.

L'ambiance est donc à la guerre, mais pas si franchement que ça car une longue partie du roman est consacrée à la fuite à travers forêts, bois, plaines ...et rencontres, toute une atmosphère bien plantée par l'auteur. Les personnages que ce soit Hugh et Son, les fugitifs, ou bien toutes les rencontres qu'ils font, indiens, brigands, chasseurs de primes, voleurs de chevaux sont bien pittoresques. C'est du western. On passe du vent des plaines à l'odeur des écuries, du sentiment amoureux à la débauche du jeu et de l'alcool.

Le salut des fugitifs se trouve dans cette armée bigarrée en cours de construction sous le commandement de Sam Houston et chargée de ne pas laisser le Texas aux mains des mexicains mais d'en faire une république indépendante.

Une lecture sympathique à la fois pour l'ambiance et pour l'Histoire même s'il ne s'agit certainement pas du meilleur James Lee Burke.

Posté par fran6h à 08:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 août 2018

Didier Daenincks : "Cannibale"

Didier DAENINCKS : "Cannibale"

 

Cannibale

Un tout petit livre qui traite de notre rapport à l'altérité au temps des colonies. Evidemment les blancs européens représentent la civilisation porteuse du savoir et de la culture. On organise alors, pour montrer sa supériorité des "Expositions coloniales".

C'est dans ce but qu'une centaine de kanak sont embarqués direction le bois de Vincennes. Un fait malencontreux va faire que quelques une seront "prêtés" au zoo de Francfort. S'ensuit pour deux d'entre eux une course poursuite dans le Paris des années trente.

Comme le texte est court et les péripéties nombreuses, ça va vite, et le fonds, la réflexion qui devrait naître du choc entre les cultures est un peu traitée rapidement. C'est dommage car voilà un thème qui mérite une certaine attention, comme a su si bien le faire Eric Vuillard avec "Tristesse de la terre"

 

Posté par fran6h à 14:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]