Jean ECHENOZ : "Je m'en vais"

je m'en vais

 

Quel bon bouquin encore ! Du grand Echenoz, comme on l'aime: exigeant avec la langue, rigoureux avec la trame, désopilant avec les situations ...

Ce roman a reçu le prix Goncourt en son temps, ce qui, en soit, ne signifie pas grand chose car cela dépend de la première sélection du comité cette année là.

Ici on est dans la veine de Cherokee en moins déjanté. Mais l'insignifiance est poussée à l'extrême : les personnages, notamment Ferrer le marchand d'art dépressif magnifique, l'intrigue invraisemblable dans le milieux du marché de l'art contemporain et les événements qui se succèdent toujours à la limite de l'absurde, mêlant intrigue criminelle et petits faits du quotidien.

Mais tout le charme réside dans le talent de l'auteur pour utiliser son génie de l'écriture au service d'une si petite histoire. On peut s'ennuyer ferme à la lecture de ce roman, si l'humour, la dérision, la critique du milieu de la création plastique contemporaine cachés dans le texte n'apparaissent pas au premier coup d'oeuil. Mais qui se laisse emporter par cette prose se délecte de ce conte noir et drôle, déprimant et vigoureux à la fois. Un état d'esprit, quoi.