Jean-Christophe RUFIN : "Le suspendu de Conakry"

Conakry

J'avais lu Rufin, il y a bien longtemps un été au moment de "L'abyssin". J'en garde un excellent souvenir. Ensuite je ne m'y suis pas replongé notamment dans ses best sellers "Rouge Brésil" ou "Le collier rouge". Mais un petit tapage médiatique aura eu raison de moi, et je me laisse tenter par ce mystérieux suspendu.

Un homme, français à la retraite, que l'on retrouve pendu par les pieds au faite du mat de son voilier amarré dans le port de Conakry en Guinée, voilà qui augure polar et exotisme. D'autant que l'enquête est menée, en marge des services de police par un consul de France, ce qui ajoute une touche originale à l'aventure.

Et comme l'on sait que l'auteur connaît bien l'Afrique et le milieu diplomatique, le récit devrait être intéressant. Et il l'est à plusieurs titres.

Évidemment, il y a l'enquête elle-même, mais ce n'est pas si central que ça finalement, les amateurs du genre polar resteront largement sur leur faim. C'est le personnage d'Aurel Timescu qui tient l'histoire. Ce fonctionnaire atypique et placardisé qui va par un concours de circonstances se retrouver aux manettes et les saisir à pleines mains. Mais c'est surtout l'atmosphère de cette ville portuaire de Guinée, les français entre-eux, l'ubuesque kafkaïsme des services de l'ambassade, une ambiance avec des relents de colonialisme, mais aussi la chaleur, la moiteur, la violence et la débrouille.

Un bon roman, pas un grand, mais un roman plaisant qui se lit vite.