18 mars 2019

Bengt Olhsson : "Syster"

Bengt OHLSSON : "Syster"

syster

Quelle déception ! Voilà un livre qui traînait sur les étagères depuis plusieurs années, que j'avais acheté au moment de sa sortie en poche suite à un flot de bonnes critiques, ici et ailleurs, qui s'est fait attendre mais qui n'a pas su combler l'attente. C'est vide, c'est creux. Soit disant un roman de formation, un roman d'éducation.

Suite à la disparition de sa soeur aînée, Marjorie est placée par ses parents chez sa tante Ilse, afin que ceux-ci puissent effectuer les recherches. Nous sommes en Suède, au bord de la mer. La relation entre Marjorie et sa tante va se construire peu à peu, partant d'un point zéro, d'une sorte d'indifférence bienveillante pour arriver, grâce au quotidien à exorciser les angoisses liées à la disparition de la soeur.

Mais, si le prétexte est bon, le texte ne suit pas. C'est long. On a du mal à comprendre les personnages, que ce soit Marjorie, Ilse, les parents et leurs interactions respectives. Le texte ne véhicule aucune émotion.

Bref, un roman dont le message profond m'a complétement échappé.

Dans cette veine mais parfaitement réussi, il est préférable de lire "Les trois lumières" de Claire Keegan. 

 

 

 

Posté par fran6h à 08:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 mars 2019

Michel Butor : "La modification"

Michel BUTOR "La modification"

modification

Dans le train à destination de Rome. Ici nous sommes au début des années 1950, et point de grande vitesse, le train avance lentement de gare en gare et vous avez le temps de penser. Voilà tout le drame. Penser à la femme que vous allez rejoindre à Rome, cette femme que vous aimez et qui n'est pas votre épouse. Penser à votre épouse que vous avez laissée, place du Panthéon à Paris. Revoir tous ces voyages entre les deux villes que vous avez déjà effectués, les circonstances, les rencontres. Tous les souvenirs qui remontent et qui viennent percuter l'objet même de ce voyage-ci, de l'inhabituel, de l'extraordinaire, de celui qui va durablement modifier le cours de votre vie. Mais au fil des kilomètres, des heures qui passent, la modification s'opère ...

Et ce voyage, dans la balancement régulier du train, emporte le lecteur par le balancement des phrases. Avec un style imposant, riche, recherché, l'auteur nous transporte. Il ne se passe rien et pourtant. Pourtant, malgré la lenteur et l'exigence de la lecture c'est prenant. La forme attire certes par son esthétisme, mais le contexte est également intéressant pour le lecteur d'aujourd'hui, à l'heure des voyages rapides et de l'esprit sans cesse occupé par les sollicitations des communications modernes. Ce voyage est également un voyage dans le temps. Et Rome, comme un aimant, comme une amante, qui ne sera jamais une ville, une femme ordinaire.

Un charme désuet mais toujours actuel pour ce classique de la littérature française du XXème siècle.

Posté par fran6h à 09:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]