09 octobre 2012

Julie Otsuka : "Certaines n'avaient jamais vu la mer"

Julie OTSUKA "Certaines n'avaient jamais vu la mer"

certaines

Quel destin que celui de ces femmes venues en Amérique pour échapper à leur sous-condition promise dans leur Japon natal ! Mues par l'espoir d'un mariage avec un beau et jeune japonais émigré depuis plusieurs années et bien installé dans cette Californie où tous les rêves de bonheur et de prospérité sont permis. 

Et si la réalité était différente ? 

Avec acharnement elles travailleront aux tâches les plus pénibles sans rechigner, elles seront maltraitées, voire humiliées, elles élèveront des enfants, elles s'intégreront à la société américaine ... jusqu'au jour où l'attaque de Pearl Harbour en fera des suspects, des ennemies. 

Julie Otsuka nous livre ici des tableaux de ces femmes, des impressions rythmées par les épisodes de la vie, dans une langue poétique et avec une puissance évocatrice évidente. Ce roman est une chronique grave, dramatique, menée de main de maître, comme une plongée dans la précision : on passe du "elles" au "nous", puis aux prénoms et aux noms. Et tout ceci avec une  empathie authentique, sans tomber dans le voyeurisme de la souffrance. Quel talent ! 

Ce roman est une révélation de la rentrée littéraire, et c'est pleinement justifié. 

Cette lecture sera utilement complétée par "Quand l'empereur était un dieu". 

 

 

 

 

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14 septembre 2012

Julie Otsuka : "Quand l'empereur était un dieu"

Julie OTSUKA : Quand l'empereur était un dieu"

Quand l'empereur était un dieu

C'est en m'intéssant aux nouveautés de la rentrée 2012 que mon attention a été attirée par un roman de Julie Otsuka. Ce roman "Certaines n'avaient jamais vu la mer" raconte l'histoire de ces femmes japonaises arrivées en Californie dans les années 30.

En cherchant un peu l'oeuvre de cette auteure, je tombe sur ce roman "Quand l'empereur était un dieu" qui aborde la même époque et les mêmes femmes. Ici il ne s'agit pas de leur arrivée et de leur intégration dans la société américaine. Ici, il s'agit de cette génération de japonais, arrivée en Californie et intégrée à la société américaine. Ce sont les conséquences de l'attaque de Pearl Harbour sur ces familles que Julie Otsuka veut montrer. Une page sombre de l'histoire étasunienne de la seconde guerre mondiale.


Premier roman de Julie Otsuka et quel roman !

Nous suivons là la vie de cette famille japonaise, parmi d'autres, devenue subitement ennemie de la nation. Le père est arrêté et interné, et le reste de la famille (la mère, la fille et le fils) le sera bientôt également. Mais séparés. Commence alors le voyage jusqu'au camp, puis l'internement jusqu'à la fin de la guerre et enfin le retour à la maison et la reprise de la vie normale.

Mais la vie normale, c'est quoi après tant d'années ?

Avec un style froid et détaché, Julie Otsuka montre la force de cette famille, de la mère qui veut pas perdre son honneur et sa dignité malgré l'humiliation subie. Dans cette atmosphère, les rapports filiaux sont chaleureux et respectueux.

L'écriture est poétique, raffinée et simple à la fois. Un vrai plaisir.

 

 

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06 juillet 2012

Cormac McCarthy : "La route"

Cormac McCarthy : LA ROUTE

La route

Tout est gris dans ce roman, l'atmosphère, les paysages, les âmes, la narration. Gris, complétement déshumanisé.

La Terre n'est qu'un amas de cendres, et l'homme et l'enfant errent sur la route,vers le sud, poussant un caddie. Que cherchent-ils ? La survie certainement (ne pas mourir de faim ni de soif), mais bien plus assurément.

Cormac Mc Carthy nous brosse ce monde de désolation où la lueur est fragile, très fragile. Cette lueur que l'homme veut garder et transmettre au petit, pour ne pas éteindre complétement l'humanité qui est en eux. Ici, on ne sait pas ce qui s'est passé, mais il s'agit bien de l'histoire du passage d'un monde à l'autre.

Malgré un style très épuré (merci à l'excellente traduction), où l'abondance de phrases sans verbes et la surabondance de la conjonction "et" et ce texte dur qui reste très factuel, le lecteur est néanmoins transporté par le lyrisme. Pas de sentiments dans ce roman, et pourtant il s'agit bien d'une métaphore où le bien et le mal se côtoient, se confondent.

A lire, absolument, avant l'extinction des feux !

 

 

 

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30 mai 2012

Robert Laxalt : "Basque Hotel, Nevada"

Robert Laxalt : "Basque Hotel, Nevada"

basque hotel

Voici un roman que j'ai trouvé par hasard sur un présentoir de la médiathèque et qui m'a tout de suite attiré par son titre (et le nom de l'auteur) par ce qu'il évoque un pan de l'histoire contemporaine basque : l'émigration en Amérique.

Je croyais trouver là un roman sur l'émigration basque dans le Nevada, mais mis à part le nom de l'hôtel et un berger qui passe, aucune référence au passé basque des protagonistes.
Nous sommes en pleine dépression à la fin des années 20, période de grande tristesse et où même l'alcool réconfortant est interdit !
Les parents de Pete tiennent un hôtel qu'ils revendront pour s'installer dans un quartier chic.
Nous suivons ici le passage de Pete de l'enfance à l'âge adulte dans cette Amérique des années 20, dans cette ville sans aspérité et dans dans ces montagnes où le travail est si rude.
Court, facile à lire, ce livre est une nostalgie de l'enfance, à travers ses rêves, ses espoirs, la famille, la lutte contre la maladie, la joie, les peines...

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27 avril 2012

Jack Kerouac : "Sur la route"

SUR LA ROUTE

Sur la route

Un "classique" de la littérature américaine, publié en 1957 et dont l'action se situe dans l'immédiat après guerre. L'aventure de deux jeunes à travers les Etats-Unis, de long en large et vice-versa. 

Sal Paradise, le narrateur, et Dean Moriarty vont passer un certain nombre d'années "sur la route", entre New-York et San Fransico, Denver et Los Angeles. Cette route ponctuée de rencontres, d'amis de passage, d'histoires, d'aventures, de musiques, de beuveries, de drogues et d'amours ... Et comme ça pendant plus de trois cents pages.

Les deux protagonistes sont à la recherche d'un idéal, du "it" ! Comme le bop le procure parfois. De l'extase de la vie. Une sorte d'expérience surréaliste grandeur nature. 

Il y a du mystique dans ce roman, de la quête du sens. Et le voyage au Mexique répondra t-il aux attentes ? 

C'est le roman d'une jeunesse désoeuvrée qui cherche à vivre pleinement sa vie. 

Un roman qui donne envie de se mettre au volant et de rouler ... 

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En décembre 2012, ce roman culte sera porté à l'écran pour la première fois. 

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12 janvier 2012

Harper Lee : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"

Harper Lee : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"

 

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

1935, dans le Sud profond (l'Alabama), un avocat intègre et apprécié de ses concitoyens, Atticus Finch,  élève seul ses deux enfants, Jem et Scout.

A travers le regard de Scout (petite fille de moins de dix ans), l'auteur nous invite dans la vie quotidienne de Maycomb, petite ville où tous les habitants se connaissent. Le lecteur est invité dans la réalité de ce monde où se côtoient sans se mélanger les blancs et  les noirs. A travers les jeux d'enfants on découvre les habitants du quartier et leurs us et coutumes. Le récit ne manque pas d'humour et de dérision.

C'est au moment où Atticus Finch est commis d'office pour la défense d'un jeune noir accusé d'un viol sur une femme blanche, que vont se cristalliser toutes les hypocrisies, les menaces et toute la lâcheté des habitants.

Cet événement aura des conséquences sur la vie de toute la famille, et chacun, à cette occasion découvrira des facettes insoupçonnées de la personnalité de l'autre. Le roman devient en quelque sorte initiatique et plein de finesse et d'humanité.

Harper Lee publie ce roman en 1960, au moment du mouvement des droits civiques, et ceci explique peut être en partie l'énorme succès qu'il a connu. Mais au delà de ce phénomène de conjoncture, il reste un roman essentiel et intemporel tant il trace finement les traits de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus grégaire et malsain.

Mais c'est surtout un hymne à la tolérance et au respect, ces deux notions qui traversent tout le roman à travers l'éducation donnée à ses enfants par Atticus Finch.

Un bon moment de lecture.

 

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05 décembre 2011

Truman Capote : "Un Noël"

Un Noël de Truman Capote

Noël


Voici un recueil de deux nouvelles publié chez Gallimard Jeunesse mais qui n'est pas forcément un livre pour les enfants.
Deux nouvelles courtes où Noël est un prétexte et qui mettent en scène le jeune Buddy âgé de 7 ans.
Dans le première, il quitte sa cousine et meilleure amie Sook, une vieille femme qui vit avec lui en Alabama pour aller passer Noël avec son père à la Nouvelle Orléans. C'est un changement radical qui va s'opérer chez le jeune garçon, qui non seulement découvrira la vérité de son père, mais aussi celle du Père Noël.
Dans le second, Buddy et son amie (une femme âgée encore) économisent pour confectionner des cakes de Noël qu'ils offrent ensuite aux personnes qui ont marqué leur imagination.
Truman Capote, dans un style remarquable, nous conte ici deux histoires d'amour, à la fois simples et humaines.
Mais le style ne fait pas tout, on aurait aimé que les histoires fussent plus longues et véhiculassent une émotion que l'on a du mal à ressentir lors de la lecture.

Le lecteur reste un peu sur sa faim.

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20 octobre 2011

William Faulkner : "absalon, absalon !"

Absalon, absalon !

 

 

 

 

Certainement génial !

Mais poussif à la lecture.
Pourtant je me suis forcé, je me suis accroché, mais cette juxtaposition de propositions presque infinie m'a donné le tournis.
Je ne dis pas que je ne reprendrai pas sa lecture, mais après trois semaines dessus, j'ai besoin d'une halte.
Sinon, c'est e Sud, cette autre Amérique, dont l'histoire est bien marquée entre l'esclavagisme et la sécession, et ces familles au destin extraordinaire.
On est proche ici de l’épopée biblique et du drame ...
Comme dans Absalon, Absalon ! quelques années de patience me seront nécessaires pour achever (et comprendre) cette œuvre magistrale.

 

 

 

 

 

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20 septembre 2011

"Un été sans les hommes" Siri Hustvedt

un-ete-sans-les-hommes

J'avais été séduit par le nom du roman, la photo de couverture, le nom de l'auteure, les critiques des lecteurs (trices ? ) ... et donc logiquement je m'attendais à passer un bon moment.
Déception.
Comment dire, non point qu'il s'agisse d'un mauvais livre, mais je n'ai pas accroché à l'univers de cette femme qui va passer un été au milieu de femmes (sa mère et ses amies, les filles de son cours de poésie, sa voisine, sa sœur, sa fille ...). Je n'ai pas accroché non plus au parti pris artistique basé sur une suite de réflexions, pas inintéressantes par ailleurs, mais qui rendent la lecture pénible.
Peut-être, et l'auteure le suggère à un moment, s'agit-il d'un roman pour les femmes ? Un roman féminin américain que mon esprit a eu du mal à apprécier...

 

Pour un avis contraire, voir Gwordia

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12 août 2011

James Lee Burke : "Dans la brume électrique"

Dans la brume électrique

Dans la brume électrique

James Lee Burke, nous emmène ici dans les profondeurs moites de la Louisiane et dans la profondeur sombre des hommes.

Le titre exact est "Dans la brume électrique avec les morts confédérés", et le lieutenant Dave Robicheaux (héros récurrent de l'auteur) enquête sur le meurtre d'une jeune prostituée dont le corps est retrouvé dans le bayou ... L'enquête nous conduira , avec une petite dose d'irrationel, de la guerre de sécession, au lynchage des noirs en 1957, de la prostitution et la pornographie jusqu'à la limite de l'inhumanité.

Excellent roman, tant par l'ambiance, par le caractère attachant de Robicheaux, que par l'intrigue et par le style.

Un très bon polar, admirablement porté à l'écran par Bertrand Tavernier.

 

 

Posté par fran6h à 10:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]