04 mars 2018

Sorj Chalandon : "Le jour d'avant"

Sorj CHALANDON : "Le jour d'avant"

 

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Le grisou n'est pas une fatalité. Et pourtant le 27 décembre 1974 dans la fosse de St Amé, c'est lui qui va tuer 42 mineurs. Les mineurs du Nord, laborieux et silencieux, aristocrates du prolétariat ouvrier, savent que la mine va la dévorer. Tôt ou tard, et bien au-delà de la fatalité du grisou, ils seront mangés, usés, silicosés, rompus, détruits.

Alors, pourquoi, 40 ans plus tard, Michel, dont le frère Joseph a été victime de la catastrophe, remue t-il tout ce passé ?  Cherche-t-il à venger son frère, et à travers lui toutes les victimes ? Cherche-t-il à comprendre ? A exorciser le mal ? A se reconstruire, lui qui n'a connu la catastrophe qu'indirectement, lui, fils de paysans, lui qui ne voulait pas travailler la terre mais qui se destinait à rejoindre la troupe noire des abatteurs et des boiseurs par 600 mètres de fond ?

Sorj Chalandon, dans ce roman remarquable, nous conduit, à travers les arcanes tortueuses de l'esprit de Michel, dans cet univers où se mêlent les souffrances silencieuses, le devoir accompli et la fierté, revenant peu à peu sur les évènements du jour d'avant, c'est à dire du 26 décembre. Qui mystifie qui dans cette histoire ? On découvre au fil du récit la réalité des évènements. Mais de quelle réalité s'agit-il ? Celle de Michel ou celle de l'imaginaire collectif construit à partir d'images issues de "Germinal" ?

Le lecteur se laisse emporter, berner même, par le brio de la construction. Bravo !

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26 février 2018

W. Somerset Maugham : "La passe dangeureuse"

W. Somerset MAUGHAM : "La passe dangeureuse"

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Voyage en Chine au temps de l'Empire, avec ses fonctionnaires de l'administration coloniale au début du XXème siècle, mais aussi sa population locale, employée dans les maisons des européens, des mondes qui se mélangent peu. Mais là n'est pas le propos, même si le contexte est puissamment évoqué. 

Fraîchement débarquée d'Angleterre après avoir précipitamment épousé Walter un médecin bactériologiste exerçant à Hong-Kong, Kitty se trouve plongée dans cet univers particulier, dans cette ambiance chaude et humide de l'extrême Asie.

Kitty n'a pas vraiment épousé Walter par amour, mais plus par l'envie rageuse de quitter sa mère et sa famille. Walter n'est que cet être terne, ce chercheur sans vie sociale, fade, presque transparent dans cette société coloniale. Kitty, oisive et insatisfaite, rencontrera Charlie, brillant, séduisant et se jette à corps perdu dans cet amour, dans cet espoir. Quand Walter découvre cette liaison il laisse à Kitty le choix, ou bien de se marier avec Charlie si c'est lui qu'elle aime, ou bien de le suivre dans un territoire reculé de la Chine où il a accepté un poste de médecin dans cet endroit touché par l'épidémie de choléra.

Et voilà le couple qui remonte les vallées, en chaises, jusqu'à ce village perdu où vivent quelques soeurs dans un couvent et où meurent chaque jour des êtres victimes de la terrible épidémie. Mise à l'épreuve Kitty découvrira là une autre facette de sa personnalité, moins futile, tournée vers autrui. Elle découvrira aussi, au détour d'événements dramatiques, la personnalité de Walter qui n'a jamais cessé de l'aimer. Transformée, Kitty prendra conscience, peut-être un peu tardivement, qu'elle est probablement passée à côté de quelque chose. Derrière le voile des illusions.

Le roman est beaucoup plus mélancolique et beaucoup moins romantique que le film "Le voile des illusions" portant magnifique. Et en lisant le roman on ne peut s'empêcher d'entendre les notes de Satie (la "Gnossiène n°1" accompagne admirablement le film) qui prennent ici toutes leur valeur. Un roman terrible sous couvert d'une histoire d'amour et d'adultère dans la bonne société coloniale britannique.

 

 

 

 

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13 février 2018

Françoise Sagan : "Des bleus à l'âme"

Françoise SAGAN : "Des bleus à l'âme"

 

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Ecrit entre mars 1971 et avril 1972, "Des bleus à l'âme" mêle une fiction et des réflexions de l'auteure, sur sa vie, sur son métier, son art, mais également sur les personnages eux-mêmes, la narration, le rapport de l'écrivain à l'écrit. C'est certes un peu auto-centré.

Dans le Paris de ces années-là, la vie oisive, limite parasitaire, d'une jeune femme et de son frère, tous deux suédois, blonds et élégants, côtoie les doutes de l'écrivaine, ses bleus à l'âme. Le texte lui-même entremêle les sujets, parfois comme des digressions ou comme des souffles, des respirations, des prétextes pour aborder les questions de l'amour, de l'amitié,des rapports entre les gens, que ce soit dans la vie réelle, celle des personnages, ou bien dans la fiction, celle voulue par l'auteure.

Évidemment tout ceci n'en fait pas un grand roman, mais comme l'écriture est belle, comme la construction du texte est recherchée, finement travaillée, la lecture est fluide, portée par la douce musique de l'agencement des mots, des phrases.L'exigence de l'élégance en quelque sorte. Tout un style.

 

 

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07 février 2018

Florent Oiseau : "Paris-Venise"

Florent OISEAU : "Paris-Venise"

 

Paris venise

Quand Masse Critique a proposé ce roman, mon sang n'a fait qu'un tour dans mon cerveau, car, il y a un an, pour aller à Venise, j'ai voyagé dans ce train. Et quel train !

Il était donc facile à la lecture de bien entrer dans l'ambiance, dans l'attente au départ gare de Lyon à cause du retard, dans le froid des compartiments, les passeports donnés, les couchettes tout sauf confortables, les autres voyageurs, la promiscuité, le bruit ... bref, un beau voyage. Et tout ça pour une arrivée à Venise, sous la lumière du matin, qui donne une vision féerique de la Cité pour qui y pénètre pour la première fois.

Ici, c'est Roman que l'on suit, couchettiste dans l'équipe de nuit. C'est donc l'envers du décor qui est montré.

Roman qui galère dans sa vie, en banlieue, en perpétuelle difficulté financière, voit ce travail ingrat et pas bien payé comme une planche de salut. Il s'y jette à fond. Consciencieux, rigoureux, scrupuleux. Mais ce train, c'est pas l'Orient-Express, surtout dans le sens du retour, et il charrie nombre de voyageurs dont le but n'est pas le tourisme. D'ailleurs les voitures du fond sont surnommées "bledard-land", occupées par des migrants plus ou moins en règles et avec plus ou moins de titres de transport qui cherchent à rejoindre Paris depuis Milan.

Paris-Venise, c'est la rencontre des travailleurs pauvres avec des gens encore plus pauvres et toutes les magouilles que sous tendent ces conditions. D'un côté ceux qui cherchent à passer et qui sont près à payer alors qu'ils n'ont rien, et de l'autre ceux qui sont près à tout accepter pour arrondir les fins de mois ... Et bien d'autres qui profitent de la nuit pour dérober les quelques valeurs des touristes plus fortunés ...

Que faire de ses principes dans ce contexte ? Apparemment nombre de collègues vivent de ces combines. Est-ce aussi le cas de Juliette, dont Roman peu à peu tombe amoureux ?

Ce roman de la vie quotidienne actuelle, plein d'humour et à l'écriture très imagée, donne le sourire. Il évoque l'espoir, et c'est ça qui donne un sens au voyage.

Bonne nuit dans le Paris-Venise !

 

 

 

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29 janvier 2018

Marie Darrieussecq : "Le Pays"

Marie DARRIEUSSECQ : "Le Pays"

Le pays

Quel lien entretient-on avec son Pays, le Pays de sa naissance, de ses aïeux, lorsque nous l'avons quitté depuis longtemps et que les ancêtres sont décédés ? La naissance rattache au Pays, la langue aussi, les traditions transmises, l'histoire, voire la géographie, le climat, la flore ...

Chacun d'entre nous a ce lien qui le tient plus ou moins fortement. Même dans ce monde globalisé, universel et par bien des aspects uniforme, il reste un petit bout de fil rattaché à la grosse pelote, fil qui conduira aux racines profondes, aux sources.

La vie prend sa source au plus profond de l'être. La narratrice, enceinte, quitte Paris pour revenir au Pays de sa naissance, de son enfance. Son Pays qu'elle ne connaît presque plus, son Pays qui ne la reconnaît pas, et qu'ils doivent mutuellement apprivoiser.

Et ainsi, de fil de pensées en fil de pensées, l'auteure tisse sa toile, mêlant les voix, alternant les faits quotidiens et la hauteur de réflexion, pour un récit décousu, comme spontané, mais à la portée symbolique forte. Famille, filiation, morts, mémoire ... des thématiques qui touchent. Et cette évocation du vieux Pays, même fictionnée, qui titille la fibre de qui y est né et a perdu l'attache filiale.

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16 janvier 2018

Joyce Carol Oates : "Bellefleur"

Joyce Carol OATES : "Bellefleur"

 

Bellefleur

Le manoir des Bellefleur, c'est cette demeure familiale qui abrite depuis des générations la famille Bellefleur. La famille qui règne sur ce territoire et qui va traverser le temps, entre fortunes et infortunes, malgré la malédiction qui pèse sur elle.

Établie depuis la fin du XVIIIème siècle dans le territoire du Nord de l'Etat de New-York, au moment où il faut rejeter les anglais et marquer la frontière avec le Canada, sur ce territoire peuplé de tribus indiennes qu'il conviendra également de repousser. Jean-Pierre achètera à bas prix des milliers d'hectares de bois, de marais ... des colonies s'installent, des familles prospèrent, des jalousies naissent.

Aidée par un arbre généalogique placée au début du livre, le lecteur suit le récit de la vie de chacun des membres de cette longue lignée. On est baigné dans cette ambiance si particulière des environs, par le manoir lui-même, par une nature à la féerique et terrifiante, par des ambitions personnelles, par le souci de préserver la famille, par la vengeance qui sous tend le fil du temps.

Joyce Carol Oates ne nous livre pas un récit chronologique. Chaque chapitre nous éclaire sur un aspect, une personne, un moment, un lieu, un lien particulier. Et de façon extrêmement approfondie, creusée, ouvragée, méticuleusement et rigoureusement racontée, l'histoire se met en place. On remonte peu à peu aux origines. Maniant avec brio le mystère voire tangentiellement le fantastique, l'auteure se livre à une dissection précise à la fois des comportements humains (et dans cette famille il y a de la variété entre un tueur en série, un ermite, un scientifique de renom ...) et de l'histoire violente de la construction des États-Unis (guerre d 'indépendance, asservissement des indiens, esclavage et guerre de sécession, guerres mondiales ...).

Lecture exigeante (et l'auteure se plaît à essayer de nous perdre en indiquant rarement des repères temporels, mais aussi par l'utilisation de prénoms qui se retrouvent dans les différents générations) mais captivante pour ce pavé de près de 900 pages dont l'ambiance est souvent violente, malsaine, noire ... comme si la malédiction qui a frappé la première génération se transmettait par les gènes pour aboutir dans une apothéose apocalyptique.

Un très grand roman qui donne envie de continuer le cycle "gothique" de l'auteure ( La légende de Bloodsmore, Les mystères de Winterthurn, Mon coeur mis à nu).

 

 

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12 décembre 2017

Romain Gary : "La promesse de l'aube"

Romain GARY : "La promesse de l'aube"

 

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Voilà un classique qui m'avait jusqu'alors échappé. Et de voir une affiche dans le couloir du cinéma, et surtout de lire le très bon "Un certain M. Piekielny" ont rapidement eu pour effet d'hisser ce récit devant mes yeux. Et quel texte !

Même si l'on connaît, au moins de façon fragmentaire, l'extraordinaire destin de Romain Gary, le récit est intéressant car il raconte dans le détail la vie de l'auteur entre sa naissance en 1914 et 1945. Mais il va au-delà de l'autobiographie fictionnée et du regard porté sur une époque. Il entre en profondeur dans la dissection de la relation mère-fils, de l'amour, de la haine, de la vénération, de l'adoration, de l'exaspération. C'est le lien qui est important ici.

Ce lien, c'est la force. C'est lui qui donne la volonté d'agir. C'est lui qui construit, à la fois l'homme en devenir et la femme au crépuscule de sa vie.

Dans un style magistral, l'auteur distille avec humour et malice, ces instants de l'enfance, de l'adolescence et de jeune adulte qui l'ont conduit à devenir le grand écrivain, l'aviateur compagnon de la Libération, le diplomate, le mari de Jean Seberg (et là ça ne peut qu'atiser la jalousie y compris de ses plus fervents admirateurs), le manipulateur deux fois prix Goncourt ... Tout est là.

C'est la matrice originelle. 

Toutefois le récit s'inscrit quand même dans une époque et nous donne à voir à la fois les prémisses de le guerre en Europe, la vie de la communauté russe à Nice dans les années 1930, l'éducation de la jeunesse mais aussi, la période trouble de la drôle de guerre, de l'armistice de juin 1940 et des efforts opiniâtres de ceux qui cherchent à rejoindre Londres ...

Un incontournable intemporel.

 

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27 novembre 2017

Alice Zeniter : "L'art de perdre"

Alice ZENITER : "L'art de perdre"

 

L'art de perdre

Tout récemment couronnée du Goncourt des Lycéens, cette saga familiale s'étend sur trois générations de part et d'autre de la Méditerranée. Ali, Hamid et Naïma forment la colonne vertébrale de cette famille qui représente tout ce que la France et l'Algérie ont vécu de la fin des années 20 à nos jours. C'est l'histoire d'un destin commun, certes, mais qui n'a rien d'uniforme, ni d'unique. Quelle que soit la génération les relations sont faites d'ambigüités, de difficultés de compréhension et d'interprétations.

Quand Ali, exploitant d'oliveraie et producteur d'huile, s'engage dans l'armée française au moment de la campagne d'Italie en 1943 il ne se doute pas qu'il va façonner le futur de sa famille sur plusieurs générations, qu'il va perturber la construction de l'identité de chacun de ses enfants et petits-enfants. Engagé dans un harka il devient harki.

Alice Zeniter dissèque la vie quotidienne de ces hommes et femmes ballotés dans l'espace (entre Palestro, Rivesaltes, Flers et Paris) et dans leur identité (algérienne, française, musulmane, athée, immigrée) et nous conte l'histoire récente de notre propre pays entre liens du sang et liens du sol. Une histoire portée par des personnages profonds et attachants, avec leurs faiblesses et leurs incertitudes.

Très bien écrit, agréable à lire et très évocateur, le récit nous apporte un éclairage particulier sur la société franco-algérienne actuelle, sur le questionnement des jeunes générations, sur les difficultés de l'intégration, sur le retour du fait religieux. Il pose également bien la question universelle de la construction de l'identité, de notre lien au sol de nos ancêtres, à ce qui nous rattache, ou pas, à un territoire, à une histoire.

 

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(Harkis au camp de Rivesaltes)

 

 

 

 

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09 novembre 2017

Eric Vuillard : "L'ordre du jour"

Eric VUILLARD : "L'ordre du jour"

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Fraîchement couronné du prix Goncourt, ce court récit dissèque un moment de l'histoire, analyse un phénomène. Eric Vuillard m'avait déjà fortement marqué avec son "Tristesse de la terre". Ici, il nous entraîne dans les entrailles du pouvoir en Allemagne au moment de l'Anschluss autour du 12 mars 1938 et nous décrit le rôle joué par les grands industriels dans la montée, la propagation et le développement du nazisme à partir de 1933.

Il y a chez Vuillard quelque chose de Stefan Zweig. En effet, il ne se contente pas de décrire les faits, mais en tire des réflexions et finalement nous interroge. Il a une propension incroyable en partant du particulier à questionner l'universel. C'est épatant !

Dans les couloirs, les bureaux feutrés, dans les salles à manger, les hommes de pouvoir se rencontrent, échangent, la politique se fait. Les jeux de pouvoirs et d'influences se mettent en place. Et la guerre aussi. Pas toujours aussi bien que ce que les images d'information ou de propagande laisseront en témoignage. Les sources sont biaisées, il faut s'en méfier, les interroger. L'écrivain ici interprète, nous parle, nous offre une vision de l'événement. Et comme c'est très bien écrit, avec un vocabulaire parfois recherché, ce récit est à la fois limpide et percutant.

 

 

 

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04 novembre 2017

Brigitte Giraud : "Un loup pour l'homme"

Brigitte GIRAUD : "Un loup pour l'homme"

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Autour d'Antoine, jeune appelé, infirmier vite formé et envoyé en Algérie dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre en 1960, tournent deux autres personnages. Lila, sa femme, vite épousée et qui attend un enfant, et Oscar, un soldat blessé, amputé, tiraillé.

Dans une Algérie peinte sans folklore et avec un regard aiguisé, l'auteure nous invite à rejoindre la troupe. On entre dans les baraquements, on dîne à l'odinaire, on va au rapport et on participe aux opérations, on guette les insurgés, on a peur, on panse les blessés. Mais pas seulement, on partage aussi la vie de tous les jours, celle des habitants, la vie simple des gens, des européens et des algériens.

A travers les trois personnages et leurs relations, c'est aussi l'amour dans ces temps agités qui est relaté. L'amour d'Antoine pour Lila perturbé par l'irruption d'Oscar dans sa vie. La relation entre les deux hommes se tisse lentement, patiemment, comme une source de rémission qui distille peu à peu sa prophylaxie. Dans cette ambiance de plus en plus lourde, de plus en plus incertaine, c'est un point d'accroche, une main tendue, une nécessité.

Sans jamais céder sur le fond, Brigitte Giraud nous dépeint une Algérie prise dans ses contradictions qui la conduiront à la déchirure brutale de 1962.Et comme c'est à travers le regard de jeunes appelés du contingent, des jeunes qui rêvaient de jeunes filles, de danse et de musique et d'insouciance, c'est avec une certaine neutralité que l'on comprend bien qu'il n'y a pas un camp du bien et un camp du mal. Et finalement c'est un berger du djébel qui nous l'apprendra.

 

Merci aux éditions Flamarrion pour ce roman lu dans le cadre des MRL17 de PriceMinister.

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