15 juillet 2012

Marie Sizun : "Plage"

MARIE SIZUN : "PLAGE"

plage

Les lecteurs de ce blog savent maintenant que j'apprécie Marie Sizun, découverte avec "Le père de la petite", puis "Eclats d'enfance" et enfin un gros coup de coeur pour "Jeux croisés".

Marie Sizun est un écrivain de l'intime, de l'âme profonde, des sentiments, des contradictions et des doutes. "Plage" reste dans la lignée.

Ici, c'est la solitude qui est mise en avant. La solitude accompagnée de l'attente, de l'espoir et de l'amour.

Anne, une jeune femme passe une semaine de vacances en Bretagne dans un hôtel au bord de la plage. Nous sommes dimanche, et samedi prochain l'homme aimé arrivera. Cet homme qui n'est pas son mari, qui est le mari d'une autre, mais qui la rejoindra.

Anne passe ses journées sur la plage à observer, à réfléchir, à attendre, à inventer des histoires, à s'inventer une histoire.

Les jours passent, la longue attente s'installe. Avec un certain humour nous vivons au rythme des vacances d'été au bord de la mer.

Même si en apparence il ne se passe rien, on suit à partir des réflexions d'Anne, l'évolution de sa pensée, son vécu familial d'enfant et son approche de cette relation amoureuse particulière, presque irréelle.

Marie Sizun, avec son style toujours soigné et tout en nuance, nous dresse là, avec pudeur et délicatesse, le portrait d'une femme moderne. L'unité de temps et de lieu apportent une vivacité à ce roman qui donne envie de séjourner en Bretagne quelques temps, au bord de cette plage si propice à la réflexion.

plage torche

 

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12 juillet 2012

Dans le sac pour les vacances

En plus de randonnées, de courses à pied, de musique, de plage avec les enfants et de quelques repas en famille, un peu de lectures. 

C'est la bonne saison, pour flémarder au soleil avec un bon bouquin.

 

Et hop, un tour à la médiathèque et l'affaire est dans le sac :

 

armoires vides

chouanstestament anglaise

femme de l'allemand

 Et peut-être des hasards, ou des prêts aléatoires en cours de route ... va savoir.

 

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08 juillet 2012

Antoine Choplin : "Radeau"

"RADEAU" d'Antoine Choplin

Radeau

Amour et peinture au temps de l'occupation.

C'est en visitant le Château de Chambord que j'ai eu connaissance de l'opération qui a consisté à vider le Louvre de ses oeuvres en Juin 1940.

L'exode n'a pas concerné que les hommes et les femmes, mais aussi les oeuvres culturelles essentielles.

Ce roman d'Antoine Choplin, auteur que j'avais apprécié dans "Le héron de Guernica", se situe dans ce contexte.

Il s'agit d'une histoire d'amour, contée tout en pudeur, entre un homme qui transporte des peintures dans un camion et une femme qui erre le long de la route.

Le roman est en deux parties, une en 1940 pendant l'exode et l'autre en 1943 en pleine résistance.

La peinture est ici encore un personnage essentiel, et c'est "le radeau de la Méduse"  de Géricault qui détient la clé du mystère.

radeau méduse

Lecture courte et très agréable, ce roman, malgré le contexte historique peu réjouissant, est émouvant, à la fois sentimental et dramatique.

Les considérations sur la peinture et son histoire apportent une dimension supplémentaire tout à fait intéressante, comme un moyen de toucher la réalité des choses en passant du figuratif au subjectif.

En lisant je me suis souvenu que j'avais lu, il y a de nombreuses années un roman de Weyergans intitulé "Le radeau de la Méduse". Il faudra que je le relise.

Et il faudra alors retourner au Louvre la tête pleine de cette belle aventure.

 

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06 juillet 2012

Cormac McCarthy : "La route"

Cormac McCarthy : LA ROUTE

La route

Tout est gris dans ce roman, l'atmosphère, les paysages, les âmes, la narration. Gris, complétement déshumanisé.

La Terre n'est qu'un amas de cendres, et l'homme et l'enfant errent sur la route,vers le sud, poussant un caddie. Que cherchent-ils ? La survie certainement (ne pas mourir de faim ni de soif), mais bien plus assurément.

Cormac Mc Carthy nous brosse ce monde de désolation où la lueur est fragile, très fragile. Cette lueur que l'homme veut garder et transmettre au petit, pour ne pas éteindre complétement l'humanité qui est en eux. Ici, on ne sait pas ce qui s'est passé, mais il s'agit bien de l'histoire du passage d'un monde à l'autre.

Malgré un style très épuré (merci à l'excellente traduction), où l'abondance de phrases sans verbes et la surabondance de la conjonction "et" et ce texte dur qui reste très factuel, le lecteur est néanmoins transporté par le lyrisme. Pas de sentiments dans ce roman, et pourtant il s'agit bien d'une métaphore où le bien et le mal se côtoient, se confondent.

A lire, absolument, avant l'extinction des feux !

 

 

 

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22 juin 2012

Michel Tournier : "Vendredi ou les limbes du Pacifique"

Michel TOURNIER : "Vendredi ou les limbes du Pacifique"

 

Vendredi ou les limbes du pacifique

 

 

Le temps, la civilisation, le rapport à autrui, voilà les thèmes abordés par ce grand classique de la littérature française du XXème siècle. Un roman écrit comme une réflexion philosophique, sur l'homme, sur la solitude, sur autrui. Mais aussi, il pousse à réfléchir sur l'existence, sur le but et le sens de celle-ci. 

Reprenant le thème du roman de Defoe (Robinson Crusoe), Michel Tournier nous conte l'évolution de cet homme seul sur une île déserte. De la désolation à l'espoir, de la solitude à la vie à deux, de la construction ordonnée à l'élementaire le lecteur évolue au rythme des différents passages. 

Comme souvent avec Tournier, tout est dans le symbole, et dès les premières pages, il annonce de façon codée ce qu'il va advenir. Le capitaine du bateau, à travers des cartes tirées, raconte à Robinson sa vie future. Mais on n'y prend garde et la succession des événements et des états nous entraîne dans cette vie de solitude. Car Robinson n'est pas un surhomme et il doit faire face à la satisfaction des besoins, qu'ils soient primaires (se nourrir, se protéger), sexuels ou sociaux (organiser, édicter des lois, des cérémoniaux, mesurer le temps ...) et une relation se noue entre l'île et son hôte. L'île devient le personnage central. 

Puis vient la rencontre avec l'Autre ! Tout l'édifice soigneusement élaboré par Robinson pour ne pas sombrer dans la folie va s'effondrer. Et si Vendredi était porteur d'une nouvelle vision de l'existence ? 

Très bien écrit, avec une richesse de vocabulaire étonnante de précision et de diversité, ce roman est essentiel. 

 

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14 juin 2012

Baccalauréat

A cette époque de l'année revient, aussi fidèle que le solstice sur le 45ème parallèle, le baccalauréat. 

Des centaines de milliers de jeunes vont présenter cet examen, qui clôture et ouvre à la fois. Véritable rite de passage, il draîne tous les phantasmes et toutes les critiques. Toujours remis en cause mais difficilement réformable, cet objet est ambigü. 

 


bachelier

Michel Tournier, en son temps, avait écrit un excellent article à ce sujet dans la revue "Mots". 

De l'étymologie à l'histoire (du gardien de vaches à l'homme de lettres et de sciences) finalement, le titulaire et le diplôme lui-même se confondent. 

La littérature n'en fait pas un sujet, même si nombre de bacheliers  jallonnent les romans du XIXème et début du XXème siècle. 

Courage aux jeunes qui vont vivre ce moment si particulier ! 

 

bachelièrebachotagepasse ton bac

 

 

 

 

 

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07 juin 2012

Livres de saison (1) : l'été

L'été arrive 

Ca y est les beaux jour s'installent, et avec eux des envies de soleil. 

La lecture en été, rien de tel. 

 

Voici quelques titres, évocateurs de la saison qui arrivent, encore tous frais pour certains, ou bien tout juste réédités pour d'autres. 

 

cet été làaccès plage

échappée belle

parfum thé glacé

 

 



Scène de plage0_trottoir soleil

 

 

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05 juin 2012

Marie Dubosq : "Les chambres d'Antoine"

Marie DUBOSQ : "Les chambres d'Antoine"

Les chambres d'Antoine

Voici une lecture originale, dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

Originale à plus d'un titre. Ce roman est une histoire d'amour, une histoire d'un amour fort sur fond d'amnésie. Mais c'est aussi un roman noir. 

L'auteure, à travers Antoine, le narrateur qui recouvre peu à peu la mémoire, distille peu à peu des petites touches, brouille les pistes, apporte de la lumière, puis nous replonge dans le noir et la douleur.

Antoine, victime d'un accident est cloué sur un lit, dans une chambre prison, sans notion de temps ni de lieu.

L'environnement d'Antoine est réduit à sa plus simple expression : une infirmière qui prodigue les soins et de la lecture.

C'est à travers cette lecture, que, tout comme Antoine, l'on comprend que cette infirmière n'en est pas une et que quelque chose de plus intime lie ces deux personnages. 

Roman court et très bien écrit il donne envie de découvrir une auteure dont le talent est déjà visible. 

 

patinage

Ce roman a été recompensé au festival du premier roman de Chambéry

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30 mai 2012

Robert Laxalt : "Basque Hotel, Nevada"

Robert Laxalt : "Basque Hotel, Nevada"

basque hotel

Voici un roman que j'ai trouvé par hasard sur un présentoir de la médiathèque et qui m'a tout de suite attiré par son titre (et le nom de l'auteur) par ce qu'il évoque un pan de l'histoire contemporaine basque : l'émigration en Amérique.

Je croyais trouver là un roman sur l'émigration basque dans le Nevada, mais mis à part le nom de l'hôtel et un berger qui passe, aucune référence au passé basque des protagonistes.
Nous sommes en pleine dépression à la fin des années 20, période de grande tristesse et où même l'alcool réconfortant est interdit !
Les parents de Pete tiennent un hôtel qu'ils revendront pour s'installer dans un quartier chic.
Nous suivons ici le passage de Pete de l'enfance à l'âge adulte dans cette Amérique des années 20, dans cette ville sans aspérité et dans dans ces montagnes où le travail est si rude.
Court, facile à lire, ce livre est une nostalgie de l'enfance, à travers ses rêves, ses espoirs, la famille, la lutte contre la maladie, la joie, les peines...

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23 mai 2012

La course à pied

Sur la route, mais à pied ! 

 

J'ai déjà lu Courir de Jean Echenoz qui nous conte l'aventure extraordianire d'Emile Zatopek. La course à pied comme sujet de roman, la course à pied comme une aventure qui pousse les hommes au delà de leurs limites. 

Les éditions Autrement vienne de republier le livre culte des coureurs, joggeurs ou marathoniens : "La grande course de Flanagan". 

flanagan

"Le 21 mars 1931, en pleine Dépression, dans le stade de Los Angeles, Douglas Fairbanks donne le départ de la Trans-America : 2000 athlètes dont 121 femmes, venus de soixante pays, s’élancent vers l’est. Ils doivent rallier New-York en passant par le désert Mojave, Las Vegas, Les Rocheuses, Chicago, effectuant chaque jour un marathon. Cette course dotée de 360 000 dollars de prix, la plus grande jamais organisée, est l’invention d’un entrepreneur audacieux, Charles C. Flanagan, inspiré d’un personnage réel. Grâce à l’auteur, ancien athlète, on partage les souffrances de cette armée hétéroclite qui fond au fil des jours. 862 coureurs atteindront New-York ; parmi eux MacNab suit le destin d’un vétéran américain Doc Cole, du syndicaliste Mike Morgan, de l’Ecossais Hugh McPhail, qui fuit la crise, du lord anglais Peter Thurleig, ou de Juan Martinez, un Mexicain ambassadeur de son village… On s’attache à chacun, à son propre petit roman, dans et à côté de la course. MacNab développe des intrigues parallèles : le rôle de l’argent et les difficultés de Flanagan, qui mène sa propre « course » d’obstacles, tenant toute l’organisation à bout de bras, en dépit de l’hostilité des instances olympiques officielles ; la présence d’une section de Jeunesses hitlériennes parmi les coureurs ; l’intervention de la mafia, etc. L’ensemble est généreux, bien bâti, vivifiant, tonique, et mérite pleinement son statut de roman-marathon : à la croisée des Chariots de feu et des Raisins de la colère, un roman inoubliable."


J'ai vraiment hâte de lire ça ! 

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