25 septembre 2012

Virginia Woolf : "Mrs Dalloway"

Virginia WOOLF : "Mrs Dalloway"

Mrs Dalloway

Une journée dans la vie de Mrs Dalloway. A Londres dans les années 1920 entre l'achat de fleurs le matin et la réception donnée dans la soirée. Une journée rythmée par les cloches de Big Ben. Rien finalement dans l'histoire ne justifie ce roman.

Tout est à l'intérieur des quelques personnages, dont l'héroîne (si l'on peut dire), qui se croisent, qui sont au même endroit au même moment. On suit la pensée, parfois construite, parfois volatile voire complètement déformée de chacun des protagonistes dont Septimus Warren qui a sombré dans la folie à son retour de la guerre.

Si le roman nécessite une certaine attention à la lecture, on se laisse toutefois facilement porter par ce flot ininterrompu de pensées et d'états d'âmes. On est dans l'impressionnisme : la représentation du réel passe par le prisme de l'âme.

Virginia woolf réussit là bien plus qu'un exploit technique. Le texte est fin, poétique et subtil. Une sorte de journal intime polyphonique.

 Cette lecture donne envie d'être complétée par celle de "Les Heures" de Michaël Cunningham (dont l'adaptation cinématographique est un chef d'oeuvre) et de continuer la découverte de Virginia Woolf avec "La promenade au phare".

 

hours

 

 

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19 septembre 2012

Courir et philosopher

Vous savez, ou pas encore, que quand je ne lis pas, je cours (à pied). 

Guillaume Le Blanc vient de publier chez Flammarion "Courir - Méditations physiques". 

courir

 

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14 septembre 2012

Julie Otsuka : "Quand l'empereur était un dieu"

Julie OTSUKA : Quand l'empereur était un dieu"

Quand l'empereur était un dieu

C'est en m'intéssant aux nouveautés de la rentrée 2012 que mon attention a été attirée par un roman de Julie Otsuka. Ce roman "Certaines n'avaient jamais vu la mer" raconte l'histoire de ces femmes japonaises arrivées en Californie dans les années 30.

En cherchant un peu l'oeuvre de cette auteure, je tombe sur ce roman "Quand l'empereur était un dieu" qui aborde la même époque et les mêmes femmes. Ici il ne s'agit pas de leur arrivée et de leur intégration dans la société américaine. Ici, il s'agit de cette génération de japonais, arrivée en Californie et intégrée à la société américaine. Ce sont les conséquences de l'attaque de Pearl Harbour sur ces familles que Julie Otsuka veut montrer. Une page sombre de l'histoire étasunienne de la seconde guerre mondiale.


Premier roman de Julie Otsuka et quel roman !

Nous suivons là la vie de cette famille japonaise, parmi d'autres, devenue subitement ennemie de la nation. Le père est arrêté et interné, et le reste de la famille (la mère, la fille et le fils) le sera bientôt également. Mais séparés. Commence alors le voyage jusqu'au camp, puis l'internement jusqu'à la fin de la guerre et enfin le retour à la maison et la reprise de la vie normale.

Mais la vie normale, c'est quoi après tant d'années ?

Avec un style froid et détaché, Julie Otsuka montre la force de cette famille, de la mère qui veut pas perdre son honneur et sa dignité malgré l'humiliation subie. Dans cette atmosphère, les rapports filiaux sont chaleureux et respectueux.

L'écriture est poétique, raffinée et simple à la fois. Un vrai plaisir.

 

 

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05 septembre 2012

Gisèle Pineau : "Case mensonge"

Gisèle PINEAU : "Case mensonge"


Case mensonge

La Guadeloupe entre misère et secrets

 

J'ai découvert Gisèle Pineau grâce à France Inter où elle était invitée pour parler de ses livres. Plusieurs romans ont attiré mon attention, dont celui-ci publié dans une collection jeunesse. 

 

Djinala, une fillette de onze ans vit dans un genre de bidon ville de cases, duquel chacun cherche à sortir, mais où l'amitié est très forte entre les habitants. Djinala vit là avec sa manman, son frère et sa soeur.
Des logements modernes sont en construction et quelques uns des habitants pourront en bénéficier.
La jalousie et la suspicion s'installent, jusqu'au jour où la liste des bénéficiaires est connue.
La tension monte entre les voisins, les langues se délient et Djinala finira par découvrir le secret de sa famille.

Roman jeunesse, certes, mais plein de douceur et de poésie, dans un contexte dur, où l'on est bien loin des cartes postales touristiques. 

 

quartier guadeloupe

 

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03 septembre 2012

Balzac : "Les chouans"

Honoré de BALZAC : "Les chouans"

 

les chouansLa deuxième guerre de Vendée, qui se déroule sur les marches de la Bretagne, entre Fougères et Alençon en 1799, met aux prises les Bleus envoyés de la République venus mater la rébellion chouane, noblesse et paysannerie réunie. Ce roman, écrit dans un style soigné mais quelque peu vieilli aujourd'hui, se décompose en trois parties et met en scène une histoire d'amour sur fond de drame historique. La première partie plante le décor, la seconde présente les protagonistes dont la belle Marie de Verneuil et le mystérieux Gars et la troisième noue l'intrigue et la dénoue.

D'ailleurs ce roman est très théâtral et ne manque pas d'actions, de trahison, de ruse et de passion. Balzac dresse ici un portrait sans concession de la paysannerie bretonne, montrée à travers ses archaïsmes. L'ambiance est parfois dure, voire cruelle et certaines scènes de guerre décrivent bien l'ambiance de cette époque dans cette région.

La tension dramatique ne faiblit pas et le lecteur est bien tenu, par ce roman qui complétera utilement le "Quatre vingt treize" d'Hugo.

Même s'il ne s'agit pas du plus grand roman du XIXème siècle, c'est un bon roman d'aventure dans la lignée de Walter Scott ou de Fennimore Cooper.

 

 

 

 

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27 août 2012

Rentrée littéraire

"Les femmes, la géopolitique et l'amour"

En cette rentrée 2012, difficile de choisir parmi les 646 nouveautés de la rentrée. 

Ma petite sélection personnelle va vers les femmes, qu'elles écrivent ou qu'elles soient les personnages, les sujets. 

Beaucoup d'istoire de femme cette année, plutôt des histoires personnelles, comme "La réparation" de Colombe Schneck ou bien "Tigre tigre !" de Margaux Ferroso.

Mais ont retenu mon attention les romans qui placent dans des femmes dans un contexte géopolitique particulier. 

 

Ainsi : "Partages" de Gwenaelle Aubry qui a pour cadre Israël en 2002 ou bien "La mer, le matin" de Margaret Mazzantini dont l'histoire se situe entre la Lybie et la France au moment où la révolte gronde. 

Mais aussi "Nous les bêtes traquées" de Caroline de Mulder,pour cette histoire d'amour dans un contexte d'hypocrisie politique autour des ONG, et enfin et surtout, "Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka pour cette histoire de femmes japonaises qui vont tout abandonner pour vivre en Californie à la fin des années 30, juste avant que le second conflit mondial n'éclate. 

la mer le matinotsuka

 

 

partagesbêtes traquées

 

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21 août 2012

Marie Sizun : "La femme de l'Allemand"

Marie SIZUN :"La femme de l'Allemand"

 

la femme de l'allemand

Dans le droite ligne de "Le père de la petite" ce roman est tout aussi bouleversant.

Marion est une enfant qui grandit à Paris dans l'immédiat après guerre. Marion qui partage sa vie avec sa mère folle, sa mère maniaco-dépressive, cette mère, qui malgré la honte, est l'objet de piété.

Par le biais d'un style narratif particulier dû à l'utilisation de la deuxième personne du singulier, Marie Sizun nous fait vivre toutes les émotions de cette jeune fille, de l'enfance à l'adolescence. Et nous voilà plongés dans ce couple mère-fille, dans cette relation à la fois simple et compliquée. Marion cherchera son salut à travers l'image de son père, l'Allemand, celui dont elle ne connait pas le nom et dont l'absence emplit ses vides.

Et si cette absence était la source de leurs maux ?

Une magnifique histoire, très bien racontée. Un livre touchant et profond.

 

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19 août 2012

Jonathan Coe : "Testament à l'anglaise"

Jonathan COE "Testament à l'anglaise"

Testament à l'anglaise

Nous voici ici plongé dans l'Angleterre thatcherienne malgré ce titre évocateur de l'univers d'Agatha Christie.

Ici nous plongeons dans les tréfonds, dans les bas fonds même, d'une famille de riches industriels dont l'histoire s'étend sur trois générations de 1940 à nos jours. L'auteur réussi à la fois un polar, une saga familiale, un roman noir et une véritable oeuvre littéraire. Le lecteur est happé par la narration, par la satire sociale, par l'humour et surtout par la construction du roman lui même.

Les personnages se croisent et s'entrecroisent, les intrigues se nouent et se dénouent.

Tous les travers de la société anglaise des années 80 sont passés au crible à travers cette famille Winshaw dont les membres sont tous plus machiavéliques et pourris les uns que les autres. L'argent et le pouvoir, sans foi ni loi.

Certainement moins abouti que "La pluie avant qu'elle tombe", il n'en reste pas moins un excellent roman qui, malgré sa longueur, se lit rapidement.

 

 

 

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21 juillet 2012

Annie Ernaux : "Les armoires vides"

Annie ERNAUX : "Les armoires vides"

 

 

Les armoires vides

De l'ascension sociale au temps des faiseuses d'ange.

"Les armoires vides" c'est le récit de la honte du milieu social dans lequel on est élevé. C'est le récit violent des souvenirs d'enfance, dans le café-épicerie familial. C'est l'envie de sortir de là, c'est l'éducation (la réussite scolaire) qui doit permettre de sortir de là.

Denise Lesur, jeune étudiante, est en train de subir un avortement clandestin dans sa chambre d'étudiante. Lui reviennent alors à l'esprit tous les souvenirs de son enfance, de ses rapports avec ses parents, de la haine qu'ils lui inspirent.

Dans un style très vif, utilisant des mots durs, Annie Ernaux nous livre ici un premier roman remarquable. Le regard qu'elle pose sur la société de cette époque,au confins des années 50, est très intéressant. C'est la méritocratie française qui est disséquée, la réussite sociale par les études, la découverte de la culture littéraire et musicale, l'espoir d'une vie meilleure.

C'est une lecture émouvante, un impressionnisme social et psychologique redoutable.

Pour compléter cette lecture, et la tempérer, il est utile de lire "La place" et "Une femme" qui reprennent la même époque mais vue avec un autre regard.

 

 

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15 juillet 2012

Marie Sizun : "Plage"

MARIE SIZUN : "PLAGE"

plage

Les lecteurs de ce blog savent maintenant que j'apprécie Marie Sizun, découverte avec "Le père de la petite", puis "Eclats d'enfance" et enfin un gros coup de coeur pour "Jeux croisés".

Marie Sizun est un écrivain de l'intime, de l'âme profonde, des sentiments, des contradictions et des doutes. "Plage" reste dans la lignée.

Ici, c'est la solitude qui est mise en avant. La solitude accompagnée de l'attente, de l'espoir et de l'amour.

Anne, une jeune femme passe une semaine de vacances en Bretagne dans un hôtel au bord de la plage. Nous sommes dimanche, et samedi prochain l'homme aimé arrivera. Cet homme qui n'est pas son mari, qui est le mari d'une autre, mais qui la rejoindra.

Anne passe ses journées sur la plage à observer, à réfléchir, à attendre, à inventer des histoires, à s'inventer une histoire.

Les jours passent, la longue attente s'installe. Avec un certain humour nous vivons au rythme des vacances d'été au bord de la mer.

Même si en apparence il ne se passe rien, on suit à partir des réflexions d'Anne, l'évolution de sa pensée, son vécu familial d'enfant et son approche de cette relation amoureuse particulière, presque irréelle.

Marie Sizun, avec son style toujours soigné et tout en nuance, nous dresse là, avec pudeur et délicatesse, le portrait d'une femme moderne. L'unité de temps et de lieu apportent une vivacité à ce roman qui donne envie de séjourner en Bretagne quelques temps, au bord de cette plage si propice à la réflexion.

plage torche

 

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