03 mai 2012

Marie Sizun : "Jeux croisés"

MARIE SIZUN : "JEUX CROISES"

jeux croisés

La maternité traitée à travers quelques jours dans la vie de deux femmes que tout oppose en apparence. 

Marthe, la professeure, à la vie tranquille et sans enfant, mais que l'annonce du divorce prochain va bouleverser et Alice, jeune fille-mère, en proie aux soucis du quotidien décuplés par la présence du bébé.

Avec son style précis et neutre et par petites touches, Marie Sizun nous livre un conte, un genre de petit poucet pour femmes. En effet, à côté de l'épopée de Marthe qui subtilisera le bébé d'Alice, et les déboires d'Alice qui s'ensuivront, c'est bien la maternité qui constitue le fond de ce roman. La maternité entre désir et rejet.

Si tout oppose ces deux femmes, un élément les unis inexorablement, c'est la solitude.

Roman bouleversant, tout en sensibilité, qui dresse là le portrait de deux femmes qu'une folie passagère va traverser. Et le lecteur, fut-il masculin, est transporté par cette aventure peu commune dans un  milieu de femmes ordinaires.

 

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27 avril 2012

Jack Kerouac : "Sur la route"

SUR LA ROUTE

Sur la route

Un "classique" de la littérature américaine, publié en 1957 et dont l'action se situe dans l'immédiat après guerre. L'aventure de deux jeunes à travers les Etats-Unis, de long en large et vice-versa. 

Sal Paradise, le narrateur, et Dean Moriarty vont passer un certain nombre d'années "sur la route", entre New-York et San Fransico, Denver et Los Angeles. Cette route ponctuée de rencontres, d'amis de passage, d'histoires, d'aventures, de musiques, de beuveries, de drogues et d'amours ... Et comme ça pendant plus de trois cents pages.

Les deux protagonistes sont à la recherche d'un idéal, du "it" ! Comme le bop le procure parfois. De l'extase de la vie. Une sorte d'expérience surréaliste grandeur nature. 

Il y a du mystique dans ce roman, de la quête du sens. Et le voyage au Mexique répondra t-il aux attentes ? 

C'est le roman d'une jeunesse désoeuvrée qui cherche à vivre pleinement sa vie. 

Un roman qui donne envie de se mettre au volant et de rouler ... 

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En décembre 2012, ce roman culte sera porté à l'écran pour la première fois. 

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30 mars 2012

Hermann Hesse : "Siddhartha"

Hermann HESSE : "SIDDHARTHA"

Siddhartha

Un livre culte qui a bouleversé, dans les années 1960, la vie de la jeunesse en quête d'une nouvelle spiritualité, de la paix et du bonheur. Hermann Hesse nous livre ici un conte initiatique sur le sens à donner à sa vie. 

Siddhartha est un jeune fils de brahmane et son destin est tout tracé dans la pure lignée familiale  dans l'Inde où le poids des castes l'emporte sur les aspirations individuelles. 

Siddhartha va s'en affranchir et connaître une multitude d'expériences tour à tour spirituelles, matérielles, amoureuses et contemplatives, à la recherche de son Moi. 

D'une écriture simple mais soignée (merci à l'excellente traduction) l'auteur ne cherche pas à nous apporter des recettes, mais bien à nous faire nous poser des questions. Et des questions essentielles qui bouillonnent dans notre esprit comme les eaux du fleuve que Siddhartha traverse à plusieurs reprises au long de sa vie. 

Roman écrit en 1922 et publié en anglais en 1951, il reste toujours d'actualité dans le monde du XXIème siècle. C'est qu'il doit toucher à l'essence de l'âme humaine. 

Hermann Hesse a obtenu le prix Nobel de littérature. 

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20 mars 2012

"Mingus mood" de william Memlouk

William MEMLOUK : "Mingus mood"

mingus-mood

William Memlouk nous transporte dans l'univers de Charles Mingus, contrebassiste et compositeur de jazz. Et quel univers !

De la musique inspirée par les luttes. Les luttes à la fois intérieures et extérieures. Des luttes contre lui-même que l'engagement amoureux effraie, mais aussi des luttes essentielles pour la dignité des noirs dans les Etats-Unis des années '50.

Il s'agit ici de souvenirs racontés bien plus tard par un compagnon de route de Mingus à une journaliste, ce qui permet à l'auteur de ne pas tomber dans la biographie, mais de rester dans le roman avec toute sa force subjective.

Car comme Charlie M. ce roman est plein de sa présence physique, sa sensibilité, ses doutes, ses crises.

Et le lecteur refait le voyage de Tijuana au Mexique.  On se laisse emporter.On sent bien là l'unité de l'homme et de l'artiste.

Un très bon livre à lire en réécoutant Tijuana Moods.

tijuana

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09 mars 2012

Emile Zola : "La conquête de Plassans"

ZOLA : "La conquête de Plassans"

 

La conquête de Plassans

Et nous voilà de retour à Plassans, berceau de la famille. Cette fois-ci c'est chez Marthe Rougon que l'action se passe. Marthe a épousé François Mouret (son cousin germain) et la famille vit une vie de rentiers après avoir fait fortune dans le commerce de vin. La villa est le centre géographique du roman à plusieurs titres : non seulement elle est située entre celle des Rastoil (royalistes) et la Sous-Préfecture (représentant l'Empire) mais elle va devenir l'objet de toutes les convoitises de la part des locataires que la famille Mouret héberge.

C'est un ecclésiastique, l'abbé Faujas, et sa mère qui vont louer le second étage.

Or ce curé est là, envoyé par Paris et par le truchement de Rougon (Félicité, la mère de Marthe) pour reconquérir Plassans, dont le siège de député est confié à un royaliste depuis les dernières élections.

Et ce curé, fera venir sa soeur et son beau-frère, dont la cupidité parait sans fin.

Zola ne nous livre pas ici un récit contemplatif de la famille bourgeoise sous l'Empire. Avec un style vif (qui tranche avec les deux romans précédant) il nous conte une aventure politique, teintée d'ambition, de jalousie, de trahison et de manipulation ...

Les locataires peu à peu prendront le pouvoir, François Mouret reclus, perdra tout. Marthe, sous l'influence de l'abbé n'est pas étrangère à cette déchéance. Les enfants sont exclus de la maison ... quant Marthe en prend conscience, il est bien trop tard.

Ce roman est un drame ! La folie (la tare familiale qui se propagera ) y tient une bonne place.

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12 février 2012

Jean-Luc Priane et Jean-bernard Taté : "Un an pour l'éternité"

Un an pour l'éternité

 

un an pour l'eternité

L'amitié, l'enfance, la jeunesse, l'amour, l'Inde et le Népal et l'engagement dans les promesses voici les ingrédients de ce roman écrit à quatre mains (si l'on peut dire).

Meera, une jeune indienne est inséparables de Samuel et Maxime, alors qu'ils sont enfants à Delhi. Ils passent tout leur temps ensemble, dans les rues et dans différents lieux de la ville. Innocemment.

Mais le temps passe, l'enfance devient jeunesse. Les deux garçons s'unissent par une promesse : ne jamais tomber amoureux de Meera afin que leur amitié ne vole pas en éclat.

Mais cette promesse peut-elle tenir ? Maxime peut-il lutter contre ses sentiments ? Il part à Bombay puis à Londres et tente d'oublier cette histoire.

Le passé le rattrapera, il retournera en Inde.

Une seconde promesse lient les deux garçons et commence alors une quête du sens de la vie à travers le Népal Samuel partira tout d'abord, puis un an plus tard, Maxime entreprendra le périple.

Ce livre qui se lit facilement n'accroche pourtant pas totalement. Le postulat de départ (la promesse enfantine) est un peu léger, le roman manque de corps. Ensuite, la fin du livre ressemble un peu à un guide touristico-mystique à travers le Népal. Ce n'est pas déplaisant, certes, ça donne même envie d'un trek dans l'Himalaya. Et si, comme les protagonistes, on profitait de ce trek pour comprendre le sens de la vie !

 

népal

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21 janvier 2012

Karine Tuil :"Six mois, six jours"

six mois six jours

 

Une histoire d'amour, une passion amoureuse, un chantage, une riche famille industrielle allemande (les Kant), un passé douteux, beaucoup d'ingrédients dans cette histoire.
L'homme de confiance de la famille qui se confie, qui raconte ses souvenirs et notamment comment Juliana Kant la cadette de la famille va succomber au charme de Braun, un photographe qui la ferait chanter et c'est tout le passé de la famille qui va ressurgir.
Bien écrit et court, ce roman nous emmène peu à peu vers une fin inattendue où l'Histoire rejoint l'histoire.

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12 janvier 2012

Harper Lee : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"

Harper Lee : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"

 

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

1935, dans le Sud profond (l'Alabama), un avocat intègre et apprécié de ses concitoyens, Atticus Finch,  élève seul ses deux enfants, Jem et Scout.

A travers le regard de Scout (petite fille de moins de dix ans), l'auteur nous invite dans la vie quotidienne de Maycomb, petite ville où tous les habitants se connaissent. Le lecteur est invité dans la réalité de ce monde où se côtoient sans se mélanger les blancs et  les noirs. A travers les jeux d'enfants on découvre les habitants du quartier et leurs us et coutumes. Le récit ne manque pas d'humour et de dérision.

C'est au moment où Atticus Finch est commis d'office pour la défense d'un jeune noir accusé d'un viol sur une femme blanche, que vont se cristalliser toutes les hypocrisies, les menaces et toute la lâcheté des habitants.

Cet événement aura des conséquences sur la vie de toute la famille, et chacun, à cette occasion découvrira des facettes insoupçonnées de la personnalité de l'autre. Le roman devient en quelque sorte initiatique et plein de finesse et d'humanité.

Harper Lee publie ce roman en 1960, au moment du mouvement des droits civiques, et ceci explique peut être en partie l'énorme succès qu'il a connu. Mais au delà de ce phénomène de conjoncture, il reste un roman essentiel et intemporel tant il trace finement les traits de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus grégaire et malsain.

Mais c'est surtout un hymne à la tolérance et au respect, ces deux notions qui traversent tout le roman à travers l'éducation donnée à ses enfants par Atticus Finch.

Un bon moment de lecture.

 

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04 janvier 2012

2011 : une année riche en lectures

Voici un petit bilan d'une bonne année de lectures

Quelques chiffres

35 romans lus

L'espace : 22 romans français, 13 étrangers. Parmi ces derniers, 10 publiés en anglais (7 des USA, 2 d'Angleterre et 1 du Canada) 3 dans d'autres langues (portugais, finnois et danois).

Le temps : 3 romans du XIXème siècle, 11 du XXème siècle et 21 du XXIème siècle (dont 12 publiés en France en 2010/2011).

Les auteurs les plus lus : Echenoz (3), Capote (2), Zola (2), Sizun (2) et Ernaux (2).

Les éditeurs : C'est Gallimard Poche (Folio ou classique) qui l'emoprte avec 9 titres, puis Buchet Cahstel (3 titrtes, merci Masse Critique de Babélio), Minuit (3), Gallimard (3) puis Arléa et Du Rouergue (2).

Tout cela représente environ 7500 pages dont Lolita (517), Le roi des aulnes (496) et Dans la brume éléctrique (480).

La qualité

Cette année 2011 a été riche en découvertes, notamment dans la littérature française contemporaine pour laquelle j'avais d'énormes lacunes : Annie Ernaux, Marie Sizun, Maylis de Kérangall, Jean Echenoz, Olivia Rosenthal m'ont particulièrement séduits.

Certains auteurs m'ont particulièrement marqués : Olivier Sillig (Skoda), Rax Rinnekangas (La lune s'enfuit), Arnaud Rykner (Le wagon) et Carole Martinez (Du domaine des murmures), et leur souvenir perdurera bien au delà de l'année.

Quelques déceptions aussi : Siri Hustvedt (Un été sans les hommes), Tatiana Salem Lévy (La clef de Smnyrne) et William Faulkner (Absalon, Absalon!).

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21 décembre 2011

Marie Sizun : "Eclats d'enfance"

Marie SIZUN : "Eclats d'enfance"

Eclats d'enfance

Marie Sizun, que j'ai découvert récemment avec "Le père de la petite", nous livre ici des bribes d'enfance à la frontière entre le XIXème et le XXème arrondissement de Paris.

Le parti pris de l'auteure est intéressant, en ce qu'il qu'il adopte comme trame de points de repères géographiques (les lieux et rues du quartier).  A chaque lieu son souvenir, son "éclat", comme une brisure de miroir qui révèle une partie de l'histoire.

L'histoire, c'est celle de l'enfant. Cette fillette dont on suit les pérégrinations spatiales et spirituelles pendant une dizaine d'année.

Le ton est distant, le récit est fait à la troisième personne, comme si la distance protégeait l'auteure de ses propres souvenirs. Malgré cette distance, cette analyse quasi froide, le lecteur s'attache à cette enfant (tout comme il s'est attaché à "la petite" précédemment). Ce récit replonge le lecteur dans ses propres souvenirs d'enfance, quand bien même le contexte (géographique et social) est différent.

porte des lilas

On plonge ici, à travers les souvenirs fugaces de cette enfant, dans la vie du quartier au sortir de la seconde guerre mondiale. C'est un Paris populaire, quelque peu "provincial" qui prend vie dans ces rues, ces squares, ces commerces, ces transports ....

Marie Sizun avait certainement besoin d'écrire pour consolider ses "éclats", et bien tant mieux pour le lecteur qui prend un réel plaisir à les partager.

Il est utile, pour les non résidents du quartier, de suivre les chapitres avec un plan de Paris, cela donne corps au récit. De plus, j'ai été particulièrement intéressé par les détails de la vie du quartier, car mes grands parents habitaient là dans les mêmes années (plus au sud toutefois, côté Cours de Vincennes).

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