13 février 2013

Jon Krakauer : "Into the wild"

Jon KRAKAUER : "Into the wild"

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Depuis le film réalisé par Sean Penn à partir de ce livre tout le monde connaît cette histoire; cette aventure comme une quête de l'absolu, ce voyage comme un refus de la matérialité du monde américain, ce dépassement comme une confrontation au père. 

Sous-titré "Voyage au bout de la solitude" ce livre n'est pas un roman mais une enquête approfondie sur la vie et la mort de Chris Mc Candless au début des années 90. Jon Krakauer avait rapporté cette histoire, dans un premier temps, sous forme d'un article paru dans "Outside", une revue consacrée aux activités sportives de plein air, avant de pousser plus avant ses investigations.

Le récit est prenant et on entre dans l'intimité, dans le quotidien de cet étudiant brillant qui quitte tout, notamment sa famille, pour partir sur la route, vivant de travaux agricoles et divers emplois au gré des circonstances, liant des amitiés réelles, mais toujours mu par une soif absolue de liberté. Cette soif qui le conduira jusqu'en Alaska, terre d'absolu s'il en est. Le récit est mis en perspective par des extraits d'oeuvres que Mc Candless avait lui même souligné lors de ces pérégrinations, et le lecteur navigue entre Tolstoï, Thoreau, Mark Twain et surtout Jack London. 

Entre "Sur la route" de Kerouac et "Les chemins de Katmandou" de Barjavel, "Into the wild" marque le lecteur car le travail journalistique de l'auteur est très fouillé, basé sur des témoignages précis qui permettent de cerner la personnalité complexe du jeune McCandless et qui donnent du sens à cette aventure à la fois admirable, tragique et navrante. 

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03 février 2013

François Mauriac : "Thérèse Desqueyroux"

François MAURIAC : "Thérèse Desqueyroux"

Thérèse Desqueroux

Grand classique de la littérature française, c'est toujours un plaisir de lire Mauriac, et surtout de lire "Thérèse Desqueyroux". D'abord, le style Mauriac, quelle richesse, quel talent, un orfèvre, un maître. Mais surtout la profondeur des personnages et en premier lieu Thérèse.

Thérèse, mariée à Bernard, accusée de l'avoir empoisonné est libérée par le tribunal : non-lieu. Non-lieu basé sur le (faux) témoignage de son mari. L'honneur des deux familles est sauf ! Sur le chemin du retour vers Argelouse, la voilà qui repense à son geste en cherchant les causes profondes de son geste, depuis l'enfance et la jeunesse dans cette haute lande où la propriété (notamment foncière) exerce une influence majeure sur les comportements.

Mais libérée par la justice, l'est-elle vraiment pour ce qui concerne le regard des autres, des voisins, des amis, de la famille ? Et surtout Bernard a t-il vraiment pardonné ? Thérèse sera isolée, comme emmurée dans cette espace à la fois infini et confiné.

Et Mauriac de nous faire sentir toute la souffrance de cette femme à l'esprit libre, celle qui n'a jamais était "à la voie", (qui refuse les ornières) prise dans l'étau de cette société bourgeoise.

Roman impressionnant à la fois par le côté social du récit, mais aussi par l'écriture poétique qui enchante le lecteur.

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28 janvier 2013

Arthur Schnitzler : "Mademoiselle Else"

Arthur SCHNITZLER : "Mademoiselle Else"

Mademoiselle Else

Court roman mais long monologue intérieur, ce texte met en scène un cas de conscience d'une jeune fille confrontée à l'opposition entre l'amour paternel et son propre amour propre.

Quel texte ! Quelle  construction magnifique ! Le lecteur est plongé dans les pensées contradictoires de Mademoiselle Else, et peu à peu pris dans sa propre  logique et avance vers une issue qu'il subodore puis qu'il entrevoit et enfin qu'il comprend.

Else est une jeune fille de la bourgeoisie viennoise en vacances sur la riviera italienne avec sa tante et son cousin. Alors qu'elle rentre d'une partie de tennis, elle prend connaissance d'un télégramme envoyé par sa mère, à propos des dettes que son père a contracté. Pour sauver son père, sa mère lui demande un petit service. Déchirant ...

Tout est là dans ce roman magistral publié en 1924, à (re) découvrir, qui se lit d'une traite avec une tension croissante à la limite du soutenable.

Mon premier coup de coeur 2013.

 

 

 

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26 janvier 2013

Lisa Gardner : "La maison d'à côté"

Lisa GARDNER : "La maison d'à côté"

La maison

Un polar américain, comme je n'en lis presque jamais. Une enquête menée par une commandant(e) de la police de Boston, on se croirait dans une série (genre Castle mais sans Castle).

Une femme a disparu de sa maison en pleine nuit alors qu'elle était seule avec sa fille de quatre ans alors que son mari travaille de nuit et qu'il n'est pas encore rentré. Ce couple vit dans une relation étrange et le comportement du mari va immédiatement attirer l'attention de la police. Mais il se trouve que le voisin de cette famille en apparence tranquille est un délinquant sexuel en cours de traitement. Et si l'ordinateur familial révélait sa part de vérité ?

Le passé des différents protagonistes va peu à peu ressurgir. Et chacun a de ce côté là un lourd passif à cacher.

L'auteur nous entraîne sur quatre pistes et à travers plusieurs voix le lecteur est rapidement happé par l'histoire.

Peut être les habitués du genre trouveront-ils l'intrigue trop faible. Mais un lecteur occasionnel trouvera du plaisir dans cette ambiance malsaine.

Un bon moment de lecture qui passe vite malgré les 516 pages du volume.

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18 janvier 2013

Mo Yan : "La belle à dos d'âne dans l'avenue de Chang'an"

MO YAN : "La belle à dos d'âne dans l'avenue de Chang'an"

 

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S'il n'avait été lauréat du prix Nobel de littérature en 2012, je pense que je n'aurais pas été attiré par Mo Yan cet écrivain chinois. Mais voilà, comme quoi un peu de reconnaissance internationale peut attiser la curiosité. Il en va de même (entre parenthèse) pour Haruki Murakami (japonais cette fois) que je me suis promis de découvrir en 2013. 

Revenons à cet ouvrage. 

Il ne s'agit pas d'un roman, mais d'un recueil de quatre nouvelles, publié en France en 2011. 

On est là dans  un monde fantastique où les situations les plus quotidiennes se trouvent dérangées par des phénomènes tout à fait  extraordinaires. Comme Han Qi qui en rentrant du travail croise une jeune fille en robe rouge juchée sur le dos d'un âne noir et suivie d'un chevalier en armure, tout ça dans le flot de circulation de Pékin. Ou bien ce jeune militaire qui se rend dans son village pour épouser sa promise et qui rencontre en chemin une jeune fille qui tient un bouquet de fleur accompagnée par un chien. Mo Yan nous conte ces hommes attirés par la beauté des femmes, cette fascination étrange et irresistible.

Les deux autres nouvelles mettent en scène des enfants. Les textes sont plus durs (notamment le dernier : "les poucettes"), plus cruels, et abordent l'injustice et la lâcheté. 

Avec un style très poétique, (bravo au passage à la traductrice) ces contes sont comme des rêves où se mêlent les couleurs, les odeurs, les lumières, des rêves envoûtants qui virent au cauchemar et qui touchent le lecteur au plus profond. 

En lisant, je n'ai pu m'empêcher de penser aux contes fantastiques de Selma Lagerlöf. 

Pour une découverte de Mo Yan, c'est une réussite. Promis, il ne va pas se passer longtemps avant qu'un autre roman ne vienne se déposer sur la table de chevet porté par un vent d'est frais et revigorant.

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12 janvier 2013

Emile Zola : "La faute de l'abbé Mouret"

Emile ZOLA : "La faute de l'abbé Mouret"


La faute de l'abbé Mouret

Le naturalisme dans toute sa splendeur, entre foi, passion amoureuse et botanique.

Pour ce cinquième tome de la saga des Rougon - Macquart, nous restons toujours en provence.

Nous voilà ici avec Serge Mouret (qu'on avait laissé au séminaire lors du précédant roman) devenu abbé et chargé des âmes de la paroisse des Artaud. Il vit là avec sa soeur, la simple, Désirée, entouré d'une servante, la Teuse et d'un ecclésiastique le frère Archangias.

Par l'entremise du Docteur Pascal, son oncle, Serge va entrer en contact avec les habitants du Paradou : Jeanbernat, le philosophe, et sa fille Albine, la sauvageonne.

Le roman est divisé en trois parties, qui font une large place à la description, à la fois physique (les lieux, les paysages, les détails ornementaux) et intérieure. Et le lecteur plonge dans l'église, dans les cérémonies, mais surtout dans le jardin du Paradou dans toutes ses composantes botaniques (potager, prairie, forêt ...)

Il s'agit ici d'une histoire d'amour entre le prêtre et la sauvageonne où la foi et le mysticisme viennent réfréner les ardeurs de la passion et de l'embrasement. Le conflit intérieur et le doute sont parfaitement retracés.

Et Zola de nous dresser au passage un portrait sans complaisance d'un clergé misogyne et borné pour qui la femme n'est qu'un objet de tentation pour détourner l'homme de son chemin vers Dieu.

Écrit avec talent, ce roman demande une certaine patience à la lecture, tant la description est précise et quasi exhaustive. On pourrait presque penser : "toutes ces pages, pour si peu" ... mais il a été publié en 1875, ne l'oublions pas. L'amour fait une large part aux sentiments et la chair, si elle est présente, reste discrète. De plus les personnages annexes sont brossés de façon un peu trop grossière et caricaturale.

En conclusion, ce roman me laisse une impression mitigée, mais les amoureux de Zola y trouveront leur compte.

 

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18 décembre 2012

Kressmann Taylor : "Inconnu à cette adresse"

Kressmann TAYLOR : "Inconnu à cette adresse"

inconnu à cette adresse

 

L'amitié entre un allemand et un juif américain peut-elle résister à la secousse politique engendrée par le nazisme ? 

Martin et Max sont non seulement associés dans une fructueuse affaire de vente d'art mais  ils sont également et surtout amis. Ils vivent à San Francisco. En 1933 Martin retourne en Allemagne, mû par l'espoir que l'arrivée de Hitler au pouvoir incarne pour le pays. S'en suivent des échanges de lettres qui montrent bien, peu à peu, l'installation du régime nazi en Allemagne. Ces lettres révèlent aussi et surtout le lien fort qui unit ces deux hommes. Ce lien qui, dans le contexte, va progressivement se détendre. 

La doctrine politique va t-elle faire voler en éclat cette belle amitié ? 

Cette nouvelle (90 pages)  sous forme d'un échange épistolaire révèle avec beaucoup de finesse une énigme et un drame.

Captivant ! 

Ecrite et publiée en 1938 aux Etats-Unis, cette nouvelle mérite d'être mise entre toutes les mains. 

Merci à Régine de m'avoir conseillé cette lecture. 

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16 décembre 2012

Françoise Sagan : "De guerre lasse"

Françoise SAGAN : "De guerre lasse"

De guerre lasse

Il s'agit là pour moi de la troisième lecture de Sagan après "Bonjour tristesse" et "Les faux-fuyants". J'avais beaucoup apprécié ces lectures.

Ici, il n'en va pas tout à fait de même. Sans être pour autant un mauvais roman, "De guerre lasse" n'a pas la qualité littéraire du premier ni l'humour caustique du second.

C'est pourtant une bonne histoire, une histoire de passion amoureuse, une passion soudaine (peut être un peu trop), une passion qui peut tout emporter.

En Mai 1942, Jérôme et Alice, tous deux résistants cherchant à sauver des juifs, arrivent chez Charles Sambrat, industriel vivant près de Romans et ami d'enfance de Jérôme. Charles n'aime pas la guerre, c'est un séducteur, il aime les femmes.

Au fil de la première soirée presque estivale sur la terrasse, Charles est attiré par Alice. L'amour qui unit Alice et Jérôme sera t-il assez fort pour résister à cette force d'attraction ?

Sagan dresse avec justesse le portrait, les sentiments et les doutes de ce trio tiraillé, presque écartelé, dans cette ambiance de résistance et de lutte contre l'occupant.

Bien écrit, certes, j'ai eu toutefois du mal à entrer dans le récit. Cette lecture ne m'a pas emporté comme la fulgurante passion qu'elle cherchait à montrer.

 

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14 décembre 2012

Achats de Noël

Noël, une occasion d'offrir des livres

 

Bientôt Noël, l'occasion d'aller fureter dans ma librairie préférée et d'offrir : 

 

 

albert-camus  Pour l'étudiant américain qui vient de passer 4 mois chez nous. 

replayPour mon fils qui préfère le cinéma à la littérature ...

munroPour ma fille ainée, des histoires de femmes ...

grand-mere-de-jadePour la seconde ...

mia-des-nuages-teisson-jeanine-teisson Pour la jeune dernière ...

 

Joyeux Noël ! 

Posté par fran6h à 11:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

04 décembre 2012

Olivia Rosenthal : "Que font les rennes après Noël ? "

Olivia ROSENTHAL : "Que font les rennes après Noël ? "

Que font les rennes après Noël

Réveillez l'animal qui est en vous ! 

Olivia Rosenthal nous emmène à réfléchir sur notre rapport aux animaux. Et ce roman fort documenté voit s'entrecroiser les points de vue et les approches. Tout comme dans "On est pas là pour disparaître" dans lequel elle traitait de la maladie d'Alzheimer, ici nous partons du désir d'animal domestique pour arriver à l'abattoir et à la boucherie en passant par la faune sauvage, la captivité, le dressage, la protection des espèces ... 

Il y a bien interaction entre l'homme et l'animal mais Olivia Rosenthal va plus loin et ose un parallèle entre l'élevage et l'éducation. Non sans humour et avec un vocabulaire choisi et un style recherché, elle nous conte l'histoire de cette femme (d'abord fillette, puis jeune fille) cette femme qui voulait fuir sa famille, son milieu, son éducation pour suivre les rennes après Noël. 

Evidemment, il ne faut pas s'attendre à un conte de Noël. Ce roman est dur par bien des aspects, mais il reste facile à lire. Une lecture déconcertante et réflexive qui ne laissera pas le lecteur, en bon animal qu'il est, indifférent. 

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En complément de cette lecture, on visionnera : 

 

Rosemary-s-Baby-

 

la_feline_1942,1

 

feline

 

Posté par fran6h à 09:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]