03 septembre 2012

Balzac : "Les chouans"

Honoré de BALZAC : "Les chouans"

 

les chouansLa deuxième guerre de Vendée, qui se déroule sur les marches de la Bretagne, entre Fougères et Alençon en 1799, met aux prises les Bleus envoyés de la République venus mater la rébellion chouane, noblesse et paysannerie réunie. Ce roman, écrit dans un style soigné mais quelque peu vieilli aujourd'hui, se décompose en trois parties et met en scène une histoire d'amour sur fond de drame historique. La première partie plante le décor, la seconde présente les protagonistes dont la belle Marie de Verneuil et le mystérieux Gars et la troisième noue l'intrigue et la dénoue.

D'ailleurs ce roman est très théâtral et ne manque pas d'actions, de trahison, de ruse et de passion. Balzac dresse ici un portrait sans concession de la paysannerie bretonne, montrée à travers ses archaïsmes. L'ambiance est parfois dure, voire cruelle et certaines scènes de guerre décrivent bien l'ambiance de cette époque dans cette région.

La tension dramatique ne faiblit pas et le lecteur est bien tenu, par ce roman qui complétera utilement le "Quatre vingt treize" d'Hugo.

Même s'il ne s'agit pas du plus grand roman du XIXème siècle, c'est un bon roman d'aventure dans la lignée de Walter Scott ou de Fennimore Cooper.

 

 

 

 

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27 août 2012

Rentrée littéraire

"Les femmes, la géopolitique et l'amour"

En cette rentrée 2012, difficile de choisir parmi les 646 nouveautés de la rentrée. 

Ma petite sélection personnelle va vers les femmes, qu'elles écrivent ou qu'elles soient les personnages, les sujets. 

Beaucoup d'istoire de femme cette année, plutôt des histoires personnelles, comme "La réparation" de Colombe Schneck ou bien "Tigre tigre !" de Margaux Ferroso.

Mais ont retenu mon attention les romans qui placent dans des femmes dans un contexte géopolitique particulier. 

 

Ainsi : "Partages" de Gwenaelle Aubry qui a pour cadre Israël en 2002 ou bien "La mer, le matin" de Margaret Mazzantini dont l'histoire se situe entre la Lybie et la France au moment où la révolte gronde. 

Mais aussi "Nous les bêtes traquées" de Caroline de Mulder,pour cette histoire d'amour dans un contexte d'hypocrisie politique autour des ONG, et enfin et surtout, "Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka pour cette histoire de femmes japonaises qui vont tout abandonner pour vivre en Californie à la fin des années 30, juste avant que le second conflit mondial n'éclate. 

la mer le matinotsuka

 

 

partagesbêtes traquées

 

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21 août 2012

Marie Sizun : "La femme de l'Allemand"

Marie SIZUN :"La femme de l'Allemand"

 

la femme de l'allemand

Dans le droite ligne de "Le père de la petite" ce roman est tout aussi bouleversant.

Marion est une enfant qui grandit à Paris dans l'immédiat après guerre. Marion qui partage sa vie avec sa mère folle, sa mère maniaco-dépressive, cette mère, qui malgré la honte, est l'objet de piété.

Par le biais d'un style narratif particulier dû à l'utilisation de la deuxième personne du singulier, Marie Sizun nous fait vivre toutes les émotions de cette jeune fille, de l'enfance à l'adolescence. Et nous voilà plongés dans ce couple mère-fille, dans cette relation à la fois simple et compliquée. Marion cherchera son salut à travers l'image de son père, l'Allemand, celui dont elle ne connait pas le nom et dont l'absence emplit ses vides.

Et si cette absence était la source de leurs maux ?

Une magnifique histoire, très bien racontée. Un livre touchant et profond.

 

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19 août 2012

Jonathan Coe : "Testament à l'anglaise"

Jonathan COE "Testament à l'anglaise"

Testament à l'anglaise

Nous voici ici plongé dans l'Angleterre thatcherienne malgré ce titre évocateur de l'univers d'Agatha Christie.

Ici nous plongeons dans les tréfonds, dans les bas fonds même, d'une famille de riches industriels dont l'histoire s'étend sur trois générations de 1940 à nos jours. L'auteur réussi à la fois un polar, une saga familiale, un roman noir et une véritable oeuvre littéraire. Le lecteur est happé par la narration, par la satire sociale, par l'humour et surtout par la construction du roman lui même.

Les personnages se croisent et s'entrecroisent, les intrigues se nouent et se dénouent.

Tous les travers de la société anglaise des années 80 sont passés au crible à travers cette famille Winshaw dont les membres sont tous plus machiavéliques et pourris les uns que les autres. L'argent et le pouvoir, sans foi ni loi.

Certainement moins abouti que "La pluie avant qu'elle tombe", il n'en reste pas moins un excellent roman qui, malgré sa longueur, se lit rapidement.

 

 

 

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21 juillet 2012

Annie Ernaux : "Les armoires vides"

Annie ERNAUX : "Les armoires vides"

 

 

Les armoires vides

De l'ascension sociale au temps des faiseuses d'ange.

"Les armoires vides" c'est le récit de la honte du milieu social dans lequel on est élevé. C'est le récit violent des souvenirs d'enfance, dans le café-épicerie familial. C'est l'envie de sortir de là, c'est l'éducation (la réussite scolaire) qui doit permettre de sortir de là.

Denise Lesur, jeune étudiante, est en train de subir un avortement clandestin dans sa chambre d'étudiante. Lui reviennent alors à l'esprit tous les souvenirs de son enfance, de ses rapports avec ses parents, de la haine qu'ils lui inspirent.

Dans un style très vif, utilisant des mots durs, Annie Ernaux nous livre ici un premier roman remarquable. Le regard qu'elle pose sur la société de cette époque,au confins des années 50, est très intéressant. C'est la méritocratie française qui est disséquée, la réussite sociale par les études, la découverte de la culture littéraire et musicale, l'espoir d'une vie meilleure.

C'est une lecture émouvante, un impressionnisme social et psychologique redoutable.

Pour compléter cette lecture, et la tempérer, il est utile de lire "La place" et "Une femme" qui reprennent la même époque mais vue avec un autre regard.

 

 

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15 juillet 2012

Marie Sizun : "Plage"

MARIE SIZUN : "PLAGE"

plage

Les lecteurs de ce blog savent maintenant que j'apprécie Marie Sizun, découverte avec "Le père de la petite", puis "Eclats d'enfance" et enfin un gros coup de coeur pour "Jeux croisés".

Marie Sizun est un écrivain de l'intime, de l'âme profonde, des sentiments, des contradictions et des doutes. "Plage" reste dans la lignée.

Ici, c'est la solitude qui est mise en avant. La solitude accompagnée de l'attente, de l'espoir et de l'amour.

Anne, une jeune femme passe une semaine de vacances en Bretagne dans un hôtel au bord de la plage. Nous sommes dimanche, et samedi prochain l'homme aimé arrivera. Cet homme qui n'est pas son mari, qui est le mari d'une autre, mais qui la rejoindra.

Anne passe ses journées sur la plage à observer, à réfléchir, à attendre, à inventer des histoires, à s'inventer une histoire.

Les jours passent, la longue attente s'installe. Avec un certain humour nous vivons au rythme des vacances d'été au bord de la mer.

Même si en apparence il ne se passe rien, on suit à partir des réflexions d'Anne, l'évolution de sa pensée, son vécu familial d'enfant et son approche de cette relation amoureuse particulière, presque irréelle.

Marie Sizun, avec son style toujours soigné et tout en nuance, nous dresse là, avec pudeur et délicatesse, le portrait d'une femme moderne. L'unité de temps et de lieu apportent une vivacité à ce roman qui donne envie de séjourner en Bretagne quelques temps, au bord de cette plage si propice à la réflexion.

plage torche

 

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12 juillet 2012

Dans le sac pour les vacances

En plus de randonnées, de courses à pied, de musique, de plage avec les enfants et de quelques repas en famille, un peu de lectures. 

C'est la bonne saison, pour flémarder au soleil avec un bon bouquin.

 

Et hop, un tour à la médiathèque et l'affaire est dans le sac :

 

armoires vides

chouanstestament anglaise

femme de l'allemand

 Et peut-être des hasards, ou des prêts aléatoires en cours de route ... va savoir.

 

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08 juillet 2012

Antoine Choplin : "Radeau"

"RADEAU" d'Antoine Choplin

Radeau

Amour et peinture au temps de l'occupation.

C'est en visitant le Château de Chambord que j'ai eu connaissance de l'opération qui a consisté à vider le Louvre de ses oeuvres en Juin 1940.

L'exode n'a pas concerné que les hommes et les femmes, mais aussi les oeuvres culturelles essentielles.

Ce roman d'Antoine Choplin, auteur que j'avais apprécié dans "Le héron de Guernica", se situe dans ce contexte.

Il s'agit d'une histoire d'amour, contée tout en pudeur, entre un homme qui transporte des peintures dans un camion et une femme qui erre le long de la route.

Le roman est en deux parties, une en 1940 pendant l'exode et l'autre en 1943 en pleine résistance.

La peinture est ici encore un personnage essentiel, et c'est "le radeau de la Méduse"  de Géricault qui détient la clé du mystère.

radeau méduse

Lecture courte et très agréable, ce roman, malgré le contexte historique peu réjouissant, est émouvant, à la fois sentimental et dramatique.

Les considérations sur la peinture et son histoire apportent une dimension supplémentaire tout à fait intéressante, comme un moyen de toucher la réalité des choses en passant du figuratif au subjectif.

En lisant je me suis souvenu que j'avais lu, il y a de nombreuses années un roman de Weyergans intitulé "Le radeau de la Méduse". Il faudra que je le relise.

Et il faudra alors retourner au Louvre la tête pleine de cette belle aventure.

 

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06 juillet 2012

Cormac McCarthy : "La route"

Cormac McCarthy : LA ROUTE

La route

Tout est gris dans ce roman, l'atmosphère, les paysages, les âmes, la narration. Gris, complétement déshumanisé.

La Terre n'est qu'un amas de cendres, et l'homme et l'enfant errent sur la route,vers le sud, poussant un caddie. Que cherchent-ils ? La survie certainement (ne pas mourir de faim ni de soif), mais bien plus assurément.

Cormac Mc Carthy nous brosse ce monde de désolation où la lueur est fragile, très fragile. Cette lueur que l'homme veut garder et transmettre au petit, pour ne pas éteindre complétement l'humanité qui est en eux. Ici, on ne sait pas ce qui s'est passé, mais il s'agit bien de l'histoire du passage d'un monde à l'autre.

Malgré un style très épuré (merci à l'excellente traduction), où l'abondance de phrases sans verbes et la surabondance de la conjonction "et" et ce texte dur qui reste très factuel, le lecteur est néanmoins transporté par le lyrisme. Pas de sentiments dans ce roman, et pourtant il s'agit bien d'une métaphore où le bien et le mal se côtoient, se confondent.

A lire, absolument, avant l'extinction des feux !

 

 

 

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22 juin 2012

Michel Tournier : "Vendredi ou les limbes du Pacifique"

Michel TOURNIER : "Vendredi ou les limbes du Pacifique"

 

Vendredi ou les limbes du pacifique

 

 

Le temps, la civilisation, le rapport à autrui, voilà les thèmes abordés par ce grand classique de la littérature française du XXème siècle. Un roman écrit comme une réflexion philosophique, sur l'homme, sur la solitude, sur autrui. Mais aussi, il pousse à réfléchir sur l'existence, sur le but et le sens de celle-ci. 

Reprenant le thème du roman de Defoe (Robinson Crusoe), Michel Tournier nous conte l'évolution de cet homme seul sur une île déserte. De la désolation à l'espoir, de la solitude à la vie à deux, de la construction ordonnée à l'élementaire le lecteur évolue au rythme des différents passages. 

Comme souvent avec Tournier, tout est dans le symbole, et dès les premières pages, il annonce de façon codée ce qu'il va advenir. Le capitaine du bateau, à travers des cartes tirées, raconte à Robinson sa vie future. Mais on n'y prend garde et la succession des événements et des états nous entraîne dans cette vie de solitude. Car Robinson n'est pas un surhomme et il doit faire face à la satisfaction des besoins, qu'ils soient primaires (se nourrir, se protéger), sexuels ou sociaux (organiser, édicter des lois, des cérémoniaux, mesurer le temps ...) et une relation se noue entre l'île et son hôte. L'île devient le personnage central. 

Puis vient la rencontre avec l'Autre ! Tout l'édifice soigneusement élaboré par Robinson pour ne pas sombrer dans la folie va s'effondrer. Et si Vendredi était porteur d'une nouvelle vision de l'existence ? 

Très bien écrit, avec une richesse de vocabulaire étonnante de précision et de diversité, ce roman est essentiel. 

 

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