25 décembre 2010

Carlos Salem : "Aller simple"

Aller_simpleCarlos Salem que j'ai découvert par hasard dans le rayon nouveauté de la médiathèque de Poitiers est un écrivain argentin dont le premier roman "Aller simple" (Camino de ida en version originale) est publié en 2009.

Pour un premier roman c'est un coup de maître, roman jubilatoire qui mêle humour et émotions à travers des personnages cocasses qui vivent une aventure des plus rocambolesque.

Octavio Rincon est un modeste employé de l'état civil près de Barcelone, en vacances avec sa femme dans un hôtel de Marrakech. Lorsque sa femme meurt subitement pendant la sieste, Octavio est à la fois meurtri et soulagé d'être enfin débarrassé d'une épouse envahissante.

Il décide de ne rien dire et de ramener discrètement le corps de sa femme chez lui ... il fera alors des rencontres des plus étonnantes et les aventures s'enchaineront. On croise un vendeur de glaces dans le désert, moitié escroc, un espion colombien, un chanteur de tango, un prix Nobel de littérature, un groupe de hippie, et la réincarnation de Carlos Gardel ...

 

Tout le roman est ponctué de la vie et de l'œuvre de Carlos Gardel qui constituent le fil rouge de toute cette aventure. Au fil de cette épopée Octavio va se révéler un autre homme.

La vie n'est qu'un aller simple, et les décisions que nous prenons à chaque croisement de route nous conduisent toujours plus avant, sans retour possible.

Un roman frais et délirant.

 

 

 

 

 

 

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17 décembre 2010

Noël

le_plus_beau_livre_de_noel_307_450_450Voici pour passer les fêtes, des romans qui ont Noël pour décor.

Sur le blog de Zone livre une sélection de romans policiers. Un choix impressionnant et qui donne le frisson.

Et un site plus classique qui présente des contes et romans de Noël : contedenoel.

Joyeux noël !

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12 décembre 2010

Alexandre Soljenitsyne : Une journée d'Ivan Denissovitch

une_journee_d_ivan_denissovitchEcrit par Alexandre Soljenitsyne alors qu'il se trouvait lui même au goulag, ce roman retrace dans le détail une journée d'un prisonnier lambda "Ivan Denissovitch", dit "Choukhov".

Ce roman a, de ce fait, une forte charge émotionnelle, car même s'il ne s'agit pas d'un récit autobiographique, le lecteur ne peut s'empêcher de replacer le texte dans son contexte : l'univers concentrationnaire soviétique.

L'histoire même du manuscrit et de sa publication, qui fait l'objet de la préface de la présente édition, est révélatrice du miracle. Cette édition est agrémentée des passages que la censure soviétique avait amputée au manuscrit pour autoriser sa publication (à bien des égards, très révélatrice).

Soljenitsyne, avec talent, nous fait vivre le quotidien des ces milliers de prisonniers dans un camp de travail, où l'on pourrait croire que l'humanité a disparu. Ces hommes se raccrochent au peu qui leur permet encore de se considérer comme humain dans cet univers à la fois clos et absurde.

Ce texte dense aura une portée symbolique très importante dans tout le monde occidental des années 60.

Même 50 ans plus tard, même si le contexte géopolitique est complétement changé, la lecture de ce roman est riche d'enseignement pour tout un chacun.

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01 décembre 2010

Antéchrista d'Amélie Nothomb

Ant_christaCe court roman, mais c'est un pléonasme en parlant d'Amélie Nothomb, nous plonge dans l'adolescence à travers les relations entre deux jeunes filles de seize ans.

La narratrice, Blanche, d'un tempérament introvertie et qui n'a jamais eu d'amis est repérée par Christa, très expressive, la fille la plus admirée de la fac.

Pour Blanche c'est le choc. Elles vont devenir amies.

Mais quelle est la base de cette amitié entre ces deux filles que tout oppose ?

L'auteur, avec son style vif et non sans humour, nous mène au cœur d'une manipulation diabolique.

Un bon roman, qui nous conduit, à travers les difficultés de la construction de la personnalité au moment de adolescence, dans un affrontement à la fois cruel et attachant.

Une bonne entrée en matière pour qui veut découvrir Amélie Nothomb.

 

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25 novembre 2010

Le rapport de Brodeck, Philipe Claudel

le_rapport_de_BrodeckJ'avais beaucoup aimé "les âmes grises" ou "la petite file de Monsieur Linh", et bien la lecture de ce roman m'a conforté. Philippe Claudel est un auteur majeur de la littérature francophone contemporaine.

Ce roman publié en 2007 est complexe et évolue à travers les souvenirs de Brodeck, chargé de rédiger un rapport sur un meurtre ayant eu lieu dans le village.

Le meurtre est un élément central du roman. Non seulement celui-là, mais beaucoup d'autres (le meurtre gratuit dans les camps de la seconde guerre mondiale, les meurtres commis par l'armée d'occupation, le meurtre entre déportés lors du voyage, le meurtre de l'étranger par les gars du village ...).

Les souvenirs semblent distillés de façon confuses, mais les évènements divers prennent du sens, et finalement tout se tient. Le talent de l'écrivain est ici perceptible. Ce roman est captivant et pas si noir qu'il n'y parait. L'auteur s'ingénie à des descriptions de la nature qui illuminent le texte.

Mais c'est bien l'illustration de la nature humaine qui conduit l'ensemble du texte.

Une œuvre majeure, à mettre entre toutes les mains.

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10 novembre 2010

La première guerre mondiale dans les romans

11 Novembre 1918 : l'armistice.

Marqués par la rude épreuve, beaucoup d'écrivains témoins ont écrit sur cette épisode douloureux de l'histoire contemporaine. Pour ne citer que les plus connus ...

Côté français : "Les croix de bois" de Roland Dorgelès, "Le feu" d'Henri Barbusse
Côté allemand :"A l"ouest rien de nouveau" d'Erich Maria Remarque
Côté américain :"L'adieu aux armes" d'Ernest Hemingway

Et certainement un des ouvrages clés de la littérature du XXème siècle : "Voyage au bout de la nuit" de Louis-Ferdinand Céline.

cyclistes_aux_tranchees___1916

crédit photo : http://bac.d.free.fr/guerre_14_18/index.htm

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01 novembre 2010

Emile Zola : La fortune des Rougon

la_fortune_des_rougonEmile Zola constitue ma lecture pour le défi J'aime les classiques du mois d'Octobre sur une suggestion de Yohan.

J'ai donc commencé par le commencement, évidemment j'avais déjà lu Zola (l'assommoir, germinal, l'œuvre, la terre ...), mais là j'attaque dans l'ordre.

Nous voilà donc à Plassans, à l'origine des familles Rougon et Macquart pendant le coup d'Etat de Décembre 1851 qui verra la naissance du Second Empire. L'histoire dure une semaine, mais Zola en profite pour remonter dans la généalogie autour du personnage d'Adélaïde Fouque, matrice de cette famille.

"Pascal fixait un regard pénétrant sur la folle, sur son père, sur son oncle; l'égoïsme du savant l'emportait; il étudiait cette mère et ces fils, avec l'attention d'un naturaliste surprenant les métamorphoses d'un insecte. Et il songeait à ces poussées d'une famille, d'une souche qui jette des branches diverses, et dont la sève âcre charrie les mêmes germes dans les tiges les plus lointaines, différemment tordues, selon les milieux d'ombre et de soleil. Il crut entrevoir un instant, comme au milieu d'un éclair, l'avenir des Rougon-Macquart, une meute d'appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d'or et de sang."

Les Rougon Macquart c'est une double approche, histoire d'une famille et histoire politique et sociale de la France pendant le Second Empire.

L'amour et la politique sont étroitement mêlés : "C'était la République qui dormait avec Miette, dans un pan du drapeau rouge. Ah ! misère, elles étaient mortes toutes les deux ! elles avaient un trou saignant à la poitrine, et voilà ce qui lui barrait la vie maintenant, les cadavres de ses deux amoureuses."

Ce roman fondateur donne envie de poursuivre l'œuvre de l'auteur mais également de mieux connaître cette épisode de l'histoire de France, notamment de se plonger dans "Napoléon le petit" de Victor Hugo.

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26 octobre 2010

Lennon, un héros romanesque

LennonJohn Lennon, héros du XXème siècle, aurait eu 70 ans ces jours derniers.

David Foenkinos lui consacre une monographie romanesque que l'auteur conte à la première personne.

Lennon qui n'a vécu que 40 ans, mondialement célèbre (plus que le Christ) à l'âge de 25 ans, après une enfance tourmentée (par la guerre et par une situation familiale difficile). A 30 ans il devient l'icône mondiale du pacifisme. A 35 ans, il se retire de la vie artistique et médiatique ... c'est à ce moment que le roman le prend.

Cinq ans plus tard, il est assassiné.

Un destin qu'un roman n'aurait pu imaginer !

Lennon laisse plus de 200 chansons, dont plusieurs sont entrées dans le patrimoine culturel mondial.
JohnLennonWallPrague
L'aéroport de Liverpool porte son nom.

La ville de Prague l'honore par son célèbre mur : le Lennon wall.

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15 octobre 2010

Zola, Tolstoï, Péguy : L'argent

L'argent

L'argent comme toile de fond dans le roman éponyme de Zola de 1891.
L'analyse de Léon Tolstoï sur "L'argent et le travail" de 1892, qui vient d'être rééditée.
"L'argent", titre de l'ouvrage réflexif de Péguy, paru en 1913 ... et lui aussi réédité récemment.

L'argent, une préoccupation dépassée, surannée ?

Ces trois textes restent bien actuels, et les descriptions, analyses et réflexions qui composent ces trois livres demeurent bien actuelles.

Péguy notamment relie l'argent à la morale, et montre comment l'argent détruit le peuple. Percutant !
Tolstoï voit l'argent comme asservissement, qui donne droit de profiter du travail d'autrui.
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09 octobre 2010

Joyce Carol Oates : Délicieuses pourritures

delicieuses_pourrituresVoici un livre que j'ai presque tiré au sort dans les rayons de la médiathèque, uniquement sur le nom de son auteur dont j'avais envi de découvrir une œuvre. Ce roman, dont la version française date de 2003, nous emmène dans le cercle fermé d'une petite université féminine nord américaine.
Cette intrigue, sur fond de poésie et de sculpture, est centrée sur trois personnages: Gillian (l'étudiante), Andre Harrow (le professeur) et Dorcas (l'artiste et femme du précédent).
Le lecteur est tenu en haleine dès le début du roman qui est basé sur un double retour en arrière (la confrontation avec des totems, et le souvenir d'un incendie).

L'histoire se situe à la charnière de 1975 et 1976 dans un campus. Liberté des mœurs, sexualité, contestation des valeurs bourgeoises servent de fond.

Malheureusement, les personnages sont fades et rendent la lecture moins captivante que le début du roman ne pourrait le laisser croire. L'intrigue est faible et malgré certaines scènes qui relèvent le tout, l'ensemble est plutôt moyen.

Dommage.

Mais je tenterais bien un autre roman de JC Oates, pour voir.  

 

Voir un autre avis : Gwordia

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