28 septembre 2016

Natacha Appanah : "Tropique de la violence"

Natacha APPANAH : "Tropique de la violence"

Tropique

Attiré par ce livre non seulement parce qu'il figure sur la liste du Goncourt mais aussi après avoir vu l'auteure lors de l'émission de télévision "La grande librairie", et bien voilà une petite claque littéraire.

Mayotte, un territoire oublié de la République ? Sous les tropiques tout n'est pas que mer, ciel et soleil. Déjà avec Gisèle Pineau on le savait pour ce qui concerne la Guadeloupe par exemple, mais ici on est carrément en terre inconnue. Dans l'océan indien, Mayotte un havre d'espérances pour des milliers et des milliers de comoriens, malgaches et africains, qui accostent clandestinement en France. Et ces filles-mères, ces bandes de jeunes garçons qui se retrouvent sans familles, sans repères, livrés à la nature sauvage et cruelle des bandes, de la drogue et de la rapine.

Et puis quelques blancs, des muzungus, qui travaillent ici, comme Marie, cette infirmière dévouée qui côtoie cette violence. Marie qui recueillera cet enfant, Moïse, et lui donnera amour et éducation. Mais cela suffit-il à forger une identité ? Un oeil marron et un oeil vert, une peau noire et une âme blanche.

Et puis un policier ou un éducateur. Mais que peuvent-ils dans cet engrenage de violence quotidienne ?

Natacha Appanah maîtrise le sujet, la forme et la lettre. C'est vif, c'est cruel. C'est un choc ! Bravo !

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06 septembre 2016

Henry James : "Voyage en France"

Henry JAMES : "Voyage en France"

Voyage en France

Un beau tour de France que voilà. Nous sommes en 1882 et Henry James entreprend de visiter quelques lieux à travers la France. Des châteaux de la Loire à Beaune et Dijon, en passant par quelques villes (Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier) et la Provence (Avignon, Aigues-Mortes, Pont du Gard ...) on se régale de ces chroniques.

Évidemment à l'époque le tourisme est balbutiant, et la plupart des lieux tels qu''on les connaît aujourd'hui sont parfois à peine restauré, voire en état de quasi abandon. La structure touristique n'existe pratiquement pas, on va, on vient, on trouve un gardien qui ouvre des portes, explique le monument et éventuellement vend des photos ou un guide. Car c'est sous l'angle du patrimoine architectural et plastique (peinture et sculpture essentiellement) que les commentaires sont rédigés. Mais au delà, on mange et on couche dans des auberges pour voyageurs de commerce, et les déplacement en train ou en patache sont parfois épiques.

Ne cédant en rien à la facilité, Henry James donne une opinion, il assume la subjectivité de son jugement qu'il cherche néanmoins à tempérer.

Sans être un guide de voyage, la lecture s'apparente plutôt à une aventure touristique, à une expérience unique que le voyageur du XXIème siècle envie à tout point de vue.

 

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01 septembre 2016

Rentrée littéraire 2016

Rentrée littéraire 2016

Rentrée sélection

Comme chaque année à la même époque je fais une petite sélection parmi les centaines de nouveautés. Mon choix a été orienté sur des auteurs dont j'ai déjà apprécié au moins un livre et dont je suis curieux de voir comment ils évoluent.

C'est le cas pour Valentine Goby et son "Un paquebot dans les arbres" dont j'avais adoré "Kinderzimmer".

C'est également le cas pour Eric Vuillard et son "14 Juillet" dont j'avais aimé "Tristesse de la terre"

Enfin je désire me replonger dans l'écriture de Marie Sizun avec "La gouvernante suédoise" et me souvenir des bons passés avec "Le père de la petite", "La femme de l'allemand" ou bien encore "Jeux croisés".

Enfin, en guise de nouveauté, je me sens très attiré par "La vengeance des mères" de Jim Fergus et donc commencer par le premier tome.

 

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24 août 2016

Catherine Poulain : "Le grand marin"

Catherine POULAIN : "Le grand marin"

le-grand-marin

J'ai vraiment eu du mal avec ce roman. Pourtant les thèmes sont forts, entre la quête de l'absolu et la recherche de soi : vivre avant de mourir. C'est à travers un défi personnel hors du commun qu'ils se concrétisent : s'engager sur un bateau de pêche en Alaska. Basée sur l'expérience même de l'auteure, la narratrice part dans cette aventure avec opiniâtreté, bravant les difficultés de toutes natures (naturelles, humaines, physiques, morales ...), menant sa vie tambour battant sur ces bateaux, petits mondes d'hommes, de labeur, de sueur, de travail acharné, de souffrances ...

Mais que cherche t-elle dans cette soif d'absolu ? Que fuit-elle ainsi ? Cherche t-elle la rédemption de quelques péchés ?

Le récit nous immerge complètement dans cet univers de bout du monde, entre les paquets de mer sur des cirés trop grands, les embruns sur les quais, les odeurs de peinture et les litres de bières avalés. Mais le fil conducteur est difficile à trouver.

Évidemment, il y a le grand marin. Cet homme, ce lion, le taiseux, celui qui va fasciner Lilli. Peut-on vraiment aimer quelqu'un quand on mène une vie tournée à ce point vers l'absolu ?

Malgré une belle écriture et une force évocatrice évidente, ce roman n'aura toutefois pas su me transporter complètement.

 

 

 

 

 

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07 août 2016

Eric-Emmanuel Schmitt : "L'élixir d'amour"

Eric-Emmanuel SCHMITT : "L'élixir d'amour"

schmidt

Roman en forme d'échanges de lettres, de messages plutôt, entre deux amants qui viennent de se séparer et qui cherchent à construire quelque chose après l'amour. Après l'amour, lorsqu'il n'est plus le ciment d'un couple, que reste t-il ?

En forme de défi, sur la base de la thérapie psychanalytique, peut-on trouver un équivalent à l'élixir d'amour qui emporta Tristan et Iseult ? L'amour peut-il être provoqué ?  Est-ce qu'il est possible pour le thérapeute de profiter du lien particulier qui l'unit à son patient en cours de traitement pour générer cette attirance qui deviendra de l'amour ? Finalement l'amour est-ce une chose que l'on choisit ou bien que l'on subit ?

Subtilement, l'auteur nous questionne, nous interroge, nous pousse à la réflexion. Même si les situations sont parfois un peu caricaturales, les pensées qui traversent ces lettres échangées sont vives et percutantes. Sans être un grand roman,le texte reste original, plaisant et vite lu.

 

 

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05 août 2016

Dominique Fernandez : "Le piéton de Rome"

Dominique FERNANDEZ : "Le piéton de Rome"

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Dominique Fernandez est certainement le français qui connaît le mieux Rome. Alors, rien de tel, lorsque l'on part passer une semaine dans la ville éternelle, que d'emporter dans son bagage ce bouquin. Un vrai complément, documenté et subjectif, des traditionnels guides de voyages.

En compagnie de Dominique Fernandez, on est comme avec un ami qui explique les choses que l'on voit, mais aussi celles que l'on ne voit pas, l'explicite et l'implicite. De la Rome antique à la Rome actuelle, et selon des thématiques propres à cette ville le lecteur est porté à la rencontre de personnages et de faits.

Hadrien que l'on croise partout, l'ombre d'Italo Calvino au café Rosati, Bernin qu'on apprend à connaître, le Caravage, Raphaël, Mussolini, le poids de l'Eglise, le rôle du Vatican ... quel délice !

Et les fontaines, et les statues, et les obélisques, chaque instant du piéton de Rome est agrémenté de commentaires qui ne sont pas que des analyses explicatives mais également des opinions, des points de vue, des partis pris.

Bravo (au sens italien du terme) et merci pour ces moments partagés.

 

 

 

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26 juillet 2016

Yves Gaudin : "Trop tard pour mourir"

Yves GAUDIN : "Trop tard pour mourir"

TropTardMourir

Trop tard pour mourir. Quand on a commencé à fuir, c'est sans fin. C'est la fuite en avant. Partir. Repartir. Recommencer. Vouloir tout effacer.

Coincé dans le container de son déménagement, le voici dans le noir, bercé par la houle, redécouvrant les objets familiers et les souvenirs.

Et quels souvenirs ! Quelle vie ! Que de trépidations !

Et les souvenirs qui reviennent, alors que l'esprit s'en va, et le récit qui passe du tendre au brutal, de l'amoureux au meurtrier en fuite.

Avec une maîtrise du style et du langage, l'auteur nous emmène dans la vie d'un homme simple. D'un type ordinaire qui vit sa vie comme une fugue.

 

 

 

 

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11 juillet 2016

Joyce Carol Oates : "Carthage"

Joyce Carol OATES : "Carthage"

carthage

On a connu "Anatomy of a murder" ("Autopsie d'un meurtre" en français), et bien ici c'est un peu l'anatomie d'un chaos familial. Magistralement mené par la plume de Joyce Carol Oates, fidèle aux symboles, aux ambiances sombres, aux personnages torturés, à la dramaturgie familiale et à la réflexion sur la société, à travers la guerre, la prison, les couloirs de la mort.

La jeune Cressida Mayfield de Carthage a disparu. La dernière fois qu'on l'a vue elle était dans un bar avec Brett le fiancé de sa soeur, ce jeune homme revenu traumatisé de la guerre en Irak. Et puis plus rien. Disparue. La voiture de Brett enfoncée dans un chemin forestier, des souvenirs pas très clairs, un pull retrouvé en aval de la rivière ... Le sort de Brett semble scellé.

La jeune Cressida Mayfield n'est pas belle, c'est même la moche, intelligente certes mais moche, comparée à sa soeur Juliet. Physique ingrat, introvertie, sombre, mélancolique.

"Carthage" nous emmène en profondeur dans le chaos familial qui va suivre la disparition de Cressida. Dans cet enchaînement de faits qui brise le fragile équilibre d'une vie familiale harmonieuse.

Par delà le bien et le mal, le lecteur est en permanence balloté, entre vengeance et pardon. La vengeance irrigue tout le texte. Brett cherche t-il à se venger en exorcisant ses souvenirs de guerre, et la rupture de ses fiançailles ? Cressida cherche t-elle à se venger d'être la mal aimée de la famille ? Les parents cherchent-ils à se venger de l'assassin de leur fille ? La société cherche-t-elle à se venger d'un assassin en le punissant ? Les Etats-Unis cherchent-ils à se venger des ennemis du Bien en intervenant militairement en Afghanistan et en Irak au lendemain du 11 septembre ?

Le pardon est-il possible ? Ou n'est-il pas uniquement de nature divine et donc inaccessible aux hommes ?

Encore une fois (après "Mudwoman" et "Maudits") la lecture de Joyce Carol Oates m'a complétement emporté. Superbe !

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08 juillet 2016

Dans le sac pour l'été

Dans le sac pour l'été

Sac de l'été

 

Sous le soleil, dans les transports, sur la plage, sur une terrasse ombragée, au bord de l'eau ... des coins de lecture à trouver pour cet été. Beaucoup d'envies, mais tout ce qui est dans le sac ne sera pas forcément lu en rentrant. On verra bien.

D'abord Henry James que je vais découvrir et notamment "Vacances romaines" qui permettra de préparer la semaine à Rome.

Irving ensuite, pour retourner dans cet univers que j'avais tant apprécié lors de la découverte de "Hôtel New-Hampshire".

Ensuite j'espère un grand bol de fraîcheur avec "Le grand marin" dont j'ai lu beaucoup d'excellentes critiques.

Et si le temps le permets un petit tour du côté de Zola avec "Au bonheur des dames" avant de reprendre le boulot  ...

On verra bien.

 

 

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17 juin 2016

Philippe Claudel : "L'arbre du pays Toraja"

Philippe CLAUDEL : "L'arbre du pays Toraja"

Claudel

Quelle déception que cette lecture !

Pourtant je partais avec un a priori positif tant mes précédentes lectures (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh, Le rapport de Brodeck) m'avaient enthousiasmé. Mais là, je n'ai pas compris.

L'arbre du pays Toraja est utilisé comme une sépulture pour le corps des enfants dans une île d'Indonésie, il l'enveloppe, l'enferme, et peu à peu les deux se fondent. A partir de ce fait et sous prétexte d'un roman qui met en scène un cinéaste dans le passage entre la jeunesse et la vieillesse (entre la cinquantaine et la soixantaine) l'auteur nous emmène dans une suite de réflexions sur la vie, la mort, la jeunesse, la vieillesse, la santé, la maladie, l'amour, la distance ... .

Bien sûr le fond du texte est intéressant et pousse le lecteur à la réflexion, au questionnement intime, à la réinterrogation des convictions profondes, mais la conduite de la narration et la mise en scène, en quelque sorte, ne m'ont pas semblé pas à la hauteur.

Dommage. Je suis passé complètement à côté de cette histoire, de ce texte, de ce roman.

 

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