27 novembre 2014

Guadeloupe, des hommes et des femmes

Guadeloupe, des hommes et des femmes

Des lectures en cours

Après la Route du rhum  et ce modeste blog qui a soutenu le navigateur Bertrand de Broc,

L'animal Lecteur continue sa découverte (virtuelle) de cette île, de ses hommes et de ses femmes.

Tout d'abord à travers le récit autobiographique de Widy Grégo, un sportif qui a participé aux plus grandes courses à pied du monde (trail) et qui retourne en Guadeloupe pour monter un projet lié au tourisme sportif et rural. A suivre donc. Ce blog soutient parallèlement le projet de production d'un film documentaire  relatif à cette aventure sportive et humaine.

Et ensuite, ce sera la lecture de Gisèle Pineau  dont j'ai choisi un des derniers roman, "Cent vies et des poussières", qui, à travers la chronique douce-amère et les destins singuliers de ses personnages,  brosse aussi le portrait de la Guadeloupe d’aujourd’hui, tiraillée entre ses douleurs anciennes et ses fléaux modernes. 

 

cent vies

widy

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24 novembre 2014

Eric Vuillard : "Tristesse de la terre"

Eric VUILLARD "Tristesse de la terre"

vuillard

Avec ce récit, c'est le mythe qui s'écroule. Tout cet imaginaire autour de la conquête de l'ouest, des bons cow-boys, du far west, d'une maison dans la prairie. L'écroulement de ce qui va fonder la légende de l'ouest américain, Las Végas, la route 66, l'aventure ...

Avec William Cody, alias Buffalo Bill, c'est cette politique d'expansion qui est magnifiée, au détriment des populations locales qu'il faut éradiquer. Une politique systématique qui doit servir le grand dessein de la liberté, de l'accueil de nouveaux immigrants et la conquête de terres toujours plus à l'ouest. Mais Cody ne se contente pas de participer à cet épisode, il a l'idée géniale d'en concevoir un spectacle, un show, comme pour montrer à travers le monde la réalité de l'histoire. Mais quelle réalité ? Avec Cody et sa troupe (le Wild West Show)  c'est  le divertissement de masse qui naît, des millions de spectateurs à travers les Etats-Unis et l'Europe, un spectacle plus vrai que nature, avec de "vrais indiens" parfois capturés ou récupérés sur les lieux des massacres, des reconstitutions de bataille,  mettant en valeur la supériorité de l'homme blanc civilisé sur le sauvage.

Nous sommes là à la charnière entre le XIXème et le XXème siècle, et cette vision du monde est partagée y compris en Europe, à travers les empires coloniaux. Mais les problématiques que le récit soulève sont transposables dans la société mondialisée d'aujourd'hui.

Eric Vuillard, dans ce récit à la fois documenté et illustré par des photographies, met en relief, à travers la naissance du "show business", notre rapport à l'autre, notre définition de la culture confrontée à l'existence d'autres cultures, notre lien à l'oeuvre éducatrice et vulgarisatrice des médias de masse et la perception du monde qui en ressort. 

Un livre puissant.

 

La lecture de ce texte n'est pas sans lien avec cette manifestation  "Peaux de tigre et de pouilleux" qui a eu lieu à Poitiers en Novembre 2014. Voir les conférences ici

Pendant la lecture j'ai aussi repensé à cet excellent texte de Stefan Zweig sur la quête de l'Eldorado  dans "Les très riches heures de l'Humanité".

 

 

 

 

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20 novembre 2014

Fouler la Terre

L'Animal Lecteur jusqu'au bout de la Terre !!!

Nouvelle action de soutien à un projet sportif et humain :

 

Fouler la Terre jusqu'au bout du monde avec Widy Grégo

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Shani Boianjiu :"Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre"

Shani BOIANJIU "Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre"

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Trois jeunes filles qui viennent de terminer leurs études secondaires vont vivre ce que toutes les israéliennes de leur âge connaissent : le service militaire. Et dans le contexte géopolitique d'Israël cela donne une ambiance particulière et un intérêt certain à la lecture. Affectées dans des unités différentes, les voilà confrontées à la réalité violente de ce pays, mais aussi à la difficulté d'être une femme, d'être un soldat, d'être jeune.

A travers ces portraits de jeunes femmes, fantasques, insouciantes, mal à l'aise, l'auteur nous peint la société israélienne d'aujourd'hui. Cette société où la sécurité rythme la vie, cette société et ses contradictions, ses antagonismes, entre répression et compassion, intransigeance et pardon. Une société paranoïaque en quelque sorte. 

L'idée de départ est donc très bonne, et d'ailleurs, le début du roman est excellent. On plonge dans cette atmosphère à vitesse vertigineuse. Mais la construction du texte lui-même sème le trouble. Elle fait perdre pied. La narration devient décousue comme si la fin du service militaire marquait une rupture. Une rupture aussi dans la vie de ces femmes qui peinent à trouver leur marque, leur place dans la société, voire une raison de vivre.

Bref, un bon roman, qui plonge le lecteur dans une réalité quotidienne parfois violente et souvent absurde, mais qui, probablement aurait mérité d'être construit de façon plus simple pour porter le lecteur jusqu'au bout. Une preuve de jeunesse, peut-être ?

 Merci aux éditions Robert Laffont et à Babélio, pour ce livre reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique.

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11 novembre 2014

Sophie Brocas : "Le cercle des femmes"

Sophie BROCAS : "Le cercle des femmes"

brocas

Un univers de femmes, quatre générations, et un secret "originel" qui va se dévoiler et expliquer bien des choses. Comme si les évènements tus par une génération influençaient malgré eux le comportement des générations suivantes. Comme un héritage qui va transcender les générations.

A la mort de l'arrière grand-mère, la fille, la petite fille et l'arrière petite fille découvrent dans des papiers soigneusement dissimulés dans la maison de la défunte, des documents qui révèleront un fait passé inconnu d'elles. Cette découverte va les bouleverser, et chacune va réagir en fonction de son histoire personnelle. Lia, l'arrière petite fille, s'acharnera à démêler les fils de l'histoire familiale et découvrira peu à peu d'autres morceaux cachés, des bribes de vérité qu'elle recollera. Peu à peu on suit l'évolution de sa pensée construite à partir d'interrogations fondamentales.

A l'aune de sa propre vie, Lia se pose des questions sur l'amour véritable.  Comment définir l'amour dans la durée, quelle est la différence entre passion et amour, que signifie la fidélité dans le couple confrontée à la liberté de chacun, l'amour a t-il un lien avec l'éducation des enfants ?

Bien écrit et dans un langage simple, le roman file rapidement, chaque partie nous ouvrant plus particulièrement sur un personnage. Sans être un chef d'oeuvre  et partant d'un sujet mille fois utilisé dans la littérature contemporaine, ce premier roman nous laisse percevoir des qualités littéraires certaines chez Sophie Brocas même si en lui même "Le cercle des femmes" ne laissera pas un souvenir impérissable.

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31 octobre 2014

Mo Yan : "Beaux seins, belles fesses"

Mo Yan : "Beaux seins, belles fesses"

 

mo yan beauxseins

Lire "Beaux seins, belles fesses" c'est faire montre de patience et de persévérance (894 pages) mais c'est surtout vivre une aventure épique, quasi picaresque qui traverse le 20ème siècle chinois. Quel roman !

Comme souvent avec Mo Yan on voit la grande histoire (invasion japonaise, la révolution, le communisme, le capitalisme ...) à travers la toute petite, celle de ceux qui vivent modestement dans un village où les traditions paysannes sont bien marquées. Ici la famille Shangguan.

Shangguan Lushi est le désespoir de sa belle-mère car elle ne met au monde que des filles. Ce n'est qu'à son huitième accouchement que viendra enfin le soulagement en la personne de Jintong.

Jintong voue une adoration pour le sein maternel et cette adoration deviendra une dévotion puis une obsession. Les seins seront le fanal qui éclairera toute sa vie. C'est le fil conducteur du récit.

Ainsi, peu à peu, le roman, entremêlant les personnages issus des diverses familles du village, se déploie sous un angle plus léger, plus érotique mais surtout avec beaucoup d'humour dû à des situations cocasses qui frôlent l'absurde.

Dans un style très abordable (merci aux traducteurs) Mo Yan nous brosse un tableau sans concession de la Chine rurale au vingtième siècle et nous fait prendre conscience de la rapidité des changements qui ont secoué ce monde qui paraissait immobile pour en faire aujourd'hui la puissance mondiale que l'on sait.

 

 

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25 octobre 2014

Route du Rhum : en route avec Bertrand de Broc

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13 octobre 2014

Maylis de Kerangal : "Tangente vers l'est"

Maylis de KERANGAL : "Tangente vers l'est"

tangente

Une rencontre, deux fuites, une ligne de fuite : c'est la tangente vers Vladivostok dans le Transsibérien. Nous voici plongé dans  l'univers à la fois confiné du train et dans la soif de liberté de deux esprits qui se rencontrent. Le tout avec le décor de la Sibérie qui défile à travers les fenêtres.

Aliocha cherche à échapper au service militaire qui lui fait quitter sa famille pour un séjour en Sibérie. Hélène est une française qui vient de quitter son compagnon russe. Deux âmes perdues dans un train qui file, à un petit rythme lent, vers l'est.

Une complicité va naître de cette rencontre fortuite. Sans savoir pourquoi au départ, comme par instinct, Hélène décide d'aider ce jeune dont elle ne comprend pas la langue. Le regrettera t-elle  ? A t-elle franchi le pas de trop ? Peut-elle revenir sur sa décision alors qu'Aliocha voit dans cet accueil un espoir inattendu ? Mais y'a t-il une vraiment un espoir dans cette complicité presque irréelle ?

L'auteure nous emmène, à travers les paysages et les jours qui se succèdent,  et dans l'ambiance particulière de ce train rempli de jeunes conscrits, dans les méandres de ces deux personnages en perdition. Dans un style vif et nerveux, ce court roman se lit d'un coup, comme une fuite irréversible. 

trans siberien

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26 septembre 2014

Woody Guthrie : "La maison de terre"

Woody GUTHRIE : "La maison de terre"

woody guthrieDans la décennie des années 30 dans le sud profond, au Texas, le moyen d'échapper à sa situation de prolétaire-esclave c'est de posséder une maison de terre. Au moment où des milliers de paysans fuient cette terre ravagée pour aller en Californie ("Les raisins de la colère" de Steinbeck) d'autres décident de résister à la tentation de la route 66.

Tike et sa femme Ella May sont de ceux-là. Besogneux, acharnés et amoureux ils rêvent d'une maison en pisé. Rêve qui leur permettrait de sortir de leur condition minable et de sortir de cette masure de bric et de broc, ouverte à tous les courants d'air et à toutes les maladies. Mais les propriétaires et les banquiers ont-ils le même intérêt que ces pauvres gens ?

D'une écriture brute, à fleur de peau et teintée d'érotisme, Woody Guthrie lance un cri de colère. Ravageur. Un chant de résistants convaincus qu'ailleurs c'est pas mieux et qu'on peut s'en sortir chez soi, convaincus que les petits ne sont pas fatalement faits pour rester des petits.

Un roman à la fois révolté et drôle à l'image du personnage de Tike. Et s'il ne se passe pas grand chose dans cette histoire, on succombe quand même à l'attachante personnalité des personnages qui contrebalance l'éventuel ennui du lecteur.

 

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23 septembre 2014

Dans la boite : Maylis de Kerangal

Très belle rencontre avec Maylis de Kerangal

à la médiathèque de Civaux (86)

MdK à civauxSoirée organisée dans le cadre de "Lire en Vienne".

Maylis de Kerangal s'est livrée à un exercice qu'elle doit maîtriser maintenant depuis l'énorme succès de "Réparer les vivants" : la rencontre avec les lecteurs. Beau succès pour cette soirée, où, au delà des amoureux de littérature et des fans de l'écriture de Maylis, se trouvait bon nombre de greffés et des parents de donneurs d'organes. Bref, de l'émotion. Une jolie rencontre où, outre le contenu du dernier roman, l'auteure est entrée un peu dans l'intimité de son travail solitaire, dans son rapport avec la mer, dans la perception qu'elle a de la ville du Havre.  

"Réparer les vivants"

"Naissance d'un pont"

"Corniche Kennedy"

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