20 novembre 2014

Fouler la Terre

L'Animal Lecteur jusqu'au bout de la Terre !!!

Nouvelle action de soutien à un projet sportif et humain :

 

Fouler la Terre jusqu'au bout du monde avec Widy Grégo

logo-fouler-la-terre-2

Posté par fran6h à 10:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Shani Boianjiu :"Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre"

Shani BOIANJIU "Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre"

NOUS-FAISIONS-SEMBLANT-DETRE_8798

Trois jeunes filles qui viennent de terminer leurs études secondaires vont vivre ce que toutes les israéliennes de leur âge connaissent : le service militaire. Et dans le contexte géopolitique d'Israël cela donne une ambiance particulière et un intérêt certain à la lecture. Affectées dans des unités différentes, les voilà confrontées à la réalité violente de ce pays, mais aussi à la difficulté d'être une femme, d'être un soldat, d'être jeune.

A travers ces portraits de jeunes femmes, fantasques, insouciantes, mal à l'aise, l'auteur nous peint la société israélienne d'aujourd'hui. Cette société où la sécurité rythme la vie, cette société et ses contradictions, ses antagonismes, entre répression et compassion, intransigeance et pardon. Une société paranoïaque en quelque sorte. 

L'idée de départ est donc très bonne, et d'ailleurs, le début du roman est excellent. On plonge dans cette atmosphère à vitesse vertigineuse. Mais la construction du texte lui-même sème le trouble. Elle fait perdre pied. La narration devient décousue comme si la fin du service militaire marquait une rupture. Une rupture aussi dans la vie de ces femmes qui peinent à trouver leur marque, leur place dans la société, voire une raison de vivre.

Bref, un bon roman, qui plonge le lecteur dans une réalité quotidienne parfois violente et souvent absurde, mais qui, probablement aurait mérité d'être construit de façon plus simple pour porter le lecteur jusqu'au bout. Une preuve de jeunesse, peut-être ?

 Merci aux éditions Robert Laffont et à Babélio, pour ce livre reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique.

femme_soldat_trouillarde

 

 

 

 

 

Posté par fran6h à 08:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 novembre 2014

Sophie Brocas : "Le cercle des femmes"

Sophie BROCAS : "Le cercle des femmes"

brocas

Un univers de femmes, quatre générations, et un secret "originel" qui va se dévoiler et expliquer bien des choses. Comme si les évènements tus par une génération influençaient malgré eux le comportement des générations suivantes. Comme un héritage qui va transcender les générations.

A la mort de l'arrière grand-mère, la fille, la petite fille et l'arrière petite fille découvrent dans des papiers soigneusement dissimulés dans la maison de la défunte, des documents qui révèleront un fait passé inconnu d'elles. Cette découverte va les bouleverser, et chacune va réagir en fonction de son histoire personnelle. Lia, l'arrière petite fille, s'acharnera à démêler les fils de l'histoire familiale et découvrira peu à peu d'autres morceaux cachés, des bribes de vérité qu'elle recollera. Peu à peu on suit l'évolution de sa pensée construite à partir d'interrogations fondamentales.

A l'aune de sa propre vie, Lia se pose des questions sur l'amour véritable.  Comment définir l'amour dans la durée, quelle est la différence entre passion et amour, que signifie la fidélité dans le couple confrontée à la liberté de chacun, l'amour a t-il un lien avec l'éducation des enfants ?

Bien écrit et dans un langage simple, le roman file rapidement, chaque partie nous ouvrant plus particulièrement sur un personnage. Sans être un chef d'oeuvre  et partant d'un sujet mille fois utilisé dans la littérature contemporaine, ce premier roman nous laisse percevoir des qualités littéraires certaines chez Sophie Brocas même si en lui même "Le cercle des femmes" ne laissera pas un souvenir impérissable.

Posté par fran6h à 16:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

31 octobre 2014

Mo Yan : "Beaux seins, belles fesses"

Mo Yan : "Beaux seins, belles fesses"

 

mo yan beauxseins

Lire "Beaux seins, belles fesses" c'est faire montre de patience et de persévérance (894 pages) mais c'est surtout vivre une aventure épique, quasi picaresque qui traverse le 20ème siècle chinois. Quel roman !

Comme souvent avec Mo Yan on voit la grande histoire (invasion japonaise, la révolution, le communisme, le capitalisme ...) à travers la toute petite, celle de ceux qui vivent modestement dans un village où les traditions paysannes sont bien marquées. Ici la famille Shangguan.

Shangguan Lushi est le désespoir de sa belle-mère car elle ne met au monde que des filles. Ce n'est qu'à son huitième accouchement que viendra enfin le soulagement en la personne de Jintong.

Jintong voue une adoration pour le sein maternel et cette adoration deviendra une dévotion puis une obsession. Les seins seront le fanal qui éclairera toute sa vie. C'est le fil conducteur du récit.

Ainsi, peu à peu, le roman, entremêlant les personnages issus des diverses familles du village, se déploie sous un angle plus léger, plus érotique mais surtout avec beaucoup d'humour dû à des situations cocasses qui frôlent l'absurde.

Dans un style très abordable (merci aux traducteurs) Mo Yan nous brosse un tableau sans concession de la Chine rurale au vingtième siècle et nous fait prendre conscience de la rapidité des changements qui ont secoué ce monde qui paraissait immobile pour en faire aujourd'hui la puissance mondiale que l'on sait.

 

 

Posté par fran6h à 18:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 octobre 2014

Route du Rhum : en route avec Bertrand de Broc

header RDR

Posté par fran6h à 12:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 octobre 2014

Maylis de Kerangal : "Tangente vers l'est"

Maylis de KERANGAL : "Tangente vers l'est"

tangente

Une rencontre, deux fuites, une ligne de fuite : c'est la tangente vers Vladivostok dans le Transsibérien. Nous voici plongé dans  l'univers à la fois confiné du train et dans la soif de liberté de deux esprits qui se rencontrent. Le tout avec le décor de la Sibérie qui défile à travers les fenêtres.

Aliocha cherche à échapper au service militaire qui lui fait quitter sa famille pour un séjour en Sibérie. Hélène est une française qui vient de quitter son compagnon russe. Deux âmes perdues dans un train qui file, à un petit rythme lent, vers l'est.

Une complicité va naître de cette rencontre fortuite. Sans savoir pourquoi au départ, comme par instinct, Hélène décide d'aider ce jeune dont elle ne comprend pas la langue. Le regrettera t-elle  ? A t-elle franchi le pas de trop ? Peut-elle revenir sur sa décision alors qu'Aliocha voit dans cet accueil un espoir inattendu ? Mais y'a t-il une vraiment un espoir dans cette complicité presque irréelle ?

L'auteure nous emmène, à travers les paysages et les jours qui se succèdent,  et dans l'ambiance particulière de ce train rempli de jeunes conscrits, dans les méandres de ces deux personnages en perdition. Dans un style vif et nerveux, ce court roman se lit d'un coup, comme une fuite irréversible. 

trans siberien

Posté par fran6h à 21:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 septembre 2014

Woody Guthrie : "La maison de terre"

Woody GUTHRIE : "La maison de terre"

woody guthrieDans la décennie des années 30 dans le sud profond, au Texas, le moyen d'échapper à sa situation de prolétaire-esclave c'est de posséder une maison de terre. Au moment où des milliers de paysans fuient cette terre ravagée pour aller en Californie ("Les raisins de la colère" de Steinbeck) d'autres décident de résister à la tentation de la route 66.

Tike et sa femme Ella May sont de ceux-là. Besogneux, acharnés et amoureux ils rêvent d'une maison en pisé. Rêve qui leur permettrait de sortir de leur condition minable et de sortir de cette masure de bric et de broc, ouverte à tous les courants d'air et à toutes les maladies. Mais les propriétaires et les banquiers ont-ils le même intérêt que ces pauvres gens ?

D'une écriture brute, à fleur de peau et teintée d'érotisme, Woody Guthrie lance un cri de colère. Ravageur. Un chant de résistants convaincus qu'ailleurs c'est pas mieux et qu'on peut s'en sortir chez soi, convaincus que les petits ne sont pas fatalement faits pour rester des petits.

Un roman à la fois révolté et drôle à l'image du personnage de Tike. Et s'il ne se passe pas grand chose dans cette histoire, on succombe quand même à l'attachante personnalité des personnages qui contrebalance l'éventuel ennui du lecteur.

 

Posté par fran6h à 14:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]

23 septembre 2014

Dans la boite : Maylis de Kerangal

Très belle rencontre avec Maylis de Kerangal

à la médiathèque de Civaux (86)

MdK à civauxSoirée organisée dans le cadre de "Lire en Vienne".

Maylis de Kerangal s'est livrée à un exercice qu'elle doit maîtriser maintenant depuis l'énorme succès de "Réparer les vivants" : la rencontre avec les lecteurs. Beau succès pour cette soirée, où, au delà des amoureux de littérature et des fans de l'écriture de Maylis, se trouvait bon nombre de greffés et des parents de donneurs d'organes. Bref, de l'émotion. Une jolie rencontre où, outre le contenu du dernier roman, l'auteure est entrée un peu dans l'intimité de son travail solitaire, dans son rapport avec la mer, dans la perception qu'elle a de la ville du Havre.  

"Réparer les vivants"

"Naissance d'un pont"

"Corniche Kennedy"

Posté par fran6h à 08:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 septembre 2014

Maylis de Kerangal : "Réparer les vivants"

Maylis de KERANGAL : "Réparer les vivants"

Réparer lesvivants

Après avoir apprécié "Naissance d'un pont" et "Corniche Kennedy", et eu égard aux éloges qui entouraient ce roman, je partais avec un a priori très favorable.

Eh bien je ne suis pas déçu. C'est un excellent roman. Tant dans le travail d'écriture, toujours très soigné chez Maylis de Kerangal, que pour le fond, cette épopée d'un coeur qui va passer d'un corps à un autre. Bravo.

A travers les mots, les phrases, on sent la vie, la palpitation vitale, ce coeur qui bât. Ce coeur qui n'est pas dématérialisé, mais qui vit à travers des personnages profonds, des êtres humains dépeints avec justesse et précision. On sent chez chacun la dose de faiblesse, de doutes, d'interrogations, de souffrance. Quel brio.

Vraiment, au delà de la prouesse technique, telle la transplantation, cette chirurgie de précision, l'auteure conduit le lecteur dans les retranchements de sa pensée.  Le sens de la vie, la question à notre propre corps et de celui des autres, le rapport à la mort, l'irréversibilité des choix personnels sont des thématiques qui irriguent le récit, des questionnements alimentés par la pulsion régulière et infatigable d'une prose magnifique.

A recommander, absolument.

Posté par fran6h à 18:53 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

03 septembre 2014

Rentrée littéraire 2014 : les étrangers

Rentrée littéraire 2014

Une petite sélection de romans étrangers

rentrée étrangers

J'essaie de varier les langues pour ne pas sélectionner que des romans anglophones nord-américains.

Tout d'abord "Fonds perdus" de Thomas Pynchon (Seuil), ambiance du début des années 2000 à New-york entre l''éclatement de la bulle Internet et l'effondremement des tours du World Trade Center.

Puis un premier roman "Nous faisons semblant d'être quelqu'un d'autre" de Shani Boianjiu (Robert Laffont), ou trois jeunes filles israéliennes après la scolarité intégrent le service militaire obligatoire, entre violence et amités.

Un roman de langue espagnole avec "Hérétiques" de Leonardo Padura (Métailié), polar cubain entre peinture, émigration juive et recherche de son destin.

Enfin "La couleur du lait" de Nell Leyshon (Phébus), une adolescence anglaise au milieu du XIXème siècle entre éducation et humiliation.

 

Posté par fran6h à 10:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]