22 octobre 2012

Marie Neuser : "Un petit jouet mécanique"

Marie NEUSER : "Un petit jouet mécanique"

jouet Neuser

Un bon samedi bien pluvieux et un livre reçu dans le cadre de l'opréation "Masse critique" de Babélio, voilà les deux motivations qui m'ont poussé à ouvrir ce livre.

Et bien, aucun regret à la fin de la journée.

Nous sommes en Corse et Anna revient dans la maison où, avec ses parents elle passait les mois d'été de son enfance. En ouvrant le placard, elle retrouve un petit jouet mécanique qui déclenchera en elle les souvenirs précis de cet été particulier. Elle se souvient du temps où à 16 ans elle était la fille d'Acquargento, celle qui s'ennuyait ferme dans cette masure isolée dans les années 80. Celle qui rêvait d'école de design à New York, de rock, d'une vie trépidante. Celle qui, incomprise de tous, avait tout perçu alors que les autres ne l'écoutaient pas. Jusqu'à ce que le drame se produise.

Pendant cet été là, c'est l'arrivée de sa soeur, Hélène, et de sa fille, Léa, qui va perturber l'ordre immuable entre plage, travaux de jardin, murets de pierres sèches et repas sur la terrasse.

Marie Neuser nous plonge avec justesse et humour dans la peau de cette adolescente. Et c'est à travers ses réflexions que nous découvrons peu à peu les rapports entre les différents membres de la famille, dans ce cercle presque fermé, où la seule ouverture sur le monde est la plage avec ses naïades et ses bellâtres.

Avec talent, l'auteure nous brosse là un portrait attachant et sensible d'une adolescente, avec toutes ses contradictions entre réalité et illusions. Un bon moment de lecture.

Merci aux Editions L'Ecailler pour cet envoi.

 

cap_corse_et_son_littoral

 

 

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01 octobre 2012

Leonor de Recondo : "Rêves oubliés"

Leonor de RECONDO : "Rêves oubliés"

 

rêves oubliés


Une sensibilité d'écriture pour nous conter cette famille basque d'Espagne en exil pendant la guerre. Quittant Aranjuez pour Irun, puis Irun pour Hendaye, puis Hendaye pour vivre dans une ferme des Landes. Peu importe les conditions, l'important c'est d'être ensemble. Unis. Une famille de républicains pourchassée par le franquisme. 

Aïta, Ama, leurs trois enfants, les deux parents et les deux frères d'Ama, activistes politiques qui seront internés un moment au camps de Gurs, forment cette famille. 

Et Ama (la mère) qui note au fil du temps ses sentiments, ses ressentis, sur un petit carnet. Ama qui voit chaque étape de cet exil comme un nouveau renoncement veut maintenir coûte que coûte la cohésion de la famille. Avec en ligne de mire, le secret espoir du retour au pays ...

Avec une économie de mots, Leonor de Recondo arrive à nous transporter dans le quotidien de cette famille et dans l'intimité des sentiments de cette femme qui aime. Et qui aime, par dessus tout son Aïta. 

Le contexte politique et certains personnages ne sont que survolés, ce qui amoindri l'intérêt de ce livre qui n'en reste pas moins un bon roman. 

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21 août 2012

Marie Sizun : "La femme de l'Allemand"

Marie SIZUN :"La femme de l'Allemand"

 

la femme de l'allemand

Dans le droite ligne de "Le père de la petite" ce roman est tout aussi bouleversant.

Marion est une enfant qui grandit à Paris dans l'immédiat après guerre. Marion qui partage sa vie avec sa mère folle, sa mère maniaco-dépressive, cette mère, qui malgré la honte, est l'objet de piété.

Par le biais d'un style narratif particulier dû à l'utilisation de la deuxième personne du singulier, Marie Sizun nous fait vivre toutes les émotions de cette jeune fille, de l'enfance à l'adolescence. Et nous voilà plongés dans ce couple mère-fille, dans cette relation à la fois simple et compliquée. Marion cherchera son salut à travers l'image de son père, l'Allemand, celui dont elle ne connait pas le nom et dont l'absence emplit ses vides.

Et si cette absence était la source de leurs maux ?

Une magnifique histoire, très bien racontée. Un livre touchant et profond.

 

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15 juillet 2012

Marie Sizun : "Plage"

MARIE SIZUN : "PLAGE"

plage

Les lecteurs de ce blog savent maintenant que j'apprécie Marie Sizun, découverte avec "Le père de la petite", puis "Eclats d'enfance" et enfin un gros coup de coeur pour "Jeux croisés".

Marie Sizun est un écrivain de l'intime, de l'âme profonde, des sentiments, des contradictions et des doutes. "Plage" reste dans la lignée.

Ici, c'est la solitude qui est mise en avant. La solitude accompagnée de l'attente, de l'espoir et de l'amour.

Anne, une jeune femme passe une semaine de vacances en Bretagne dans un hôtel au bord de la plage. Nous sommes dimanche, et samedi prochain l'homme aimé arrivera. Cet homme qui n'est pas son mari, qui est le mari d'une autre, mais qui la rejoindra.

Anne passe ses journées sur la plage à observer, à réfléchir, à attendre, à inventer des histoires, à s'inventer une histoire.

Les jours passent, la longue attente s'installe. Avec un certain humour nous vivons au rythme des vacances d'été au bord de la mer.

Même si en apparence il ne se passe rien, on suit à partir des réflexions d'Anne, l'évolution de sa pensée, son vécu familial d'enfant et son approche de cette relation amoureuse particulière, presque irréelle.

Marie Sizun, avec son style toujours soigné et tout en nuance, nous dresse là, avec pudeur et délicatesse, le portrait d'une femme moderne. L'unité de temps et de lieu apportent une vivacité à ce roman qui donne envie de séjourner en Bretagne quelques temps, au bord de cette plage si propice à la réflexion.

plage torche

 

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08 juillet 2012

Antoine Choplin : "Radeau"

"RADEAU" d'Antoine Choplin

Radeau

Amour et peinture au temps de l'occupation.

C'est en visitant le Château de Chambord que j'ai eu connaissance de l'opération qui a consisté à vider le Louvre de ses oeuvres en Juin 1940.

L'exode n'a pas concerné que les hommes et les femmes, mais aussi les oeuvres culturelles essentielles.

Ce roman d'Antoine Choplin, auteur que j'avais apprécié dans "Le héron de Guernica", se situe dans ce contexte.

Il s'agit d'une histoire d'amour, contée tout en pudeur, entre un homme qui transporte des peintures dans un camion et une femme qui erre le long de la route.

Le roman est en deux parties, une en 1940 pendant l'exode et l'autre en 1943 en pleine résistance.

La peinture est ici encore un personnage essentiel, et c'est "le radeau de la Méduse"  de Géricault qui détient la clé du mystère.

radeau méduse

Lecture courte et très agréable, ce roman, malgré le contexte historique peu réjouissant, est émouvant, à la fois sentimental et dramatique.

Les considérations sur la peinture et son histoire apportent une dimension supplémentaire tout à fait intéressante, comme un moyen de toucher la réalité des choses en passant du figuratif au subjectif.

En lisant je me suis souvenu que j'avais lu, il y a de nombreuses années un roman de Weyergans intitulé "Le radeau de la Méduse". Il faudra que je le relise.

Et il faudra alors retourner au Louvre la tête pleine de cette belle aventure.

 

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05 juin 2012

Marie Dubosq : "Les chambres d'Antoine"

Marie DUBOSQ : "Les chambres d'Antoine"

Les chambres d'Antoine

Voici une lecture originale, dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

Originale à plus d'un titre. Ce roman est une histoire d'amour, une histoire d'un amour fort sur fond d'amnésie. Mais c'est aussi un roman noir. 

L'auteure, à travers Antoine, le narrateur qui recouvre peu à peu la mémoire, distille peu à peu des petites touches, brouille les pistes, apporte de la lumière, puis nous replonge dans le noir et la douleur.

Antoine, victime d'un accident est cloué sur un lit, dans une chambre prison, sans notion de temps ni de lieu.

L'environnement d'Antoine est réduit à sa plus simple expression : une infirmière qui prodigue les soins et de la lecture.

C'est à travers cette lecture, que, tout comme Antoine, l'on comprend que cette infirmière n'en est pas une et que quelque chose de plus intime lie ces deux personnages. 

Roman court et très bien écrit il donne envie de découvrir une auteure dont le talent est déjà visible. 

 

patinage

Ce roman a été recompensé au festival du premier roman de Chambéry

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03 mai 2012

Marie Sizun : "Jeux croisés"

MARIE SIZUN : "JEUX CROISES"

jeux croisés

La maternité traitée à travers quelques jours dans la vie de deux femmes que tout oppose en apparence. 

Marthe, la professeure, à la vie tranquille et sans enfant, mais que l'annonce du divorce prochain va bouleverser et Alice, jeune fille-mère, en proie aux soucis du quotidien décuplés par la présence du bébé.

Avec son style précis et neutre et par petites touches, Marie Sizun nous livre un conte, un genre de petit poucet pour femmes. En effet, à côté de l'épopée de Marthe qui subtilisera le bébé d'Alice, et les déboires d'Alice qui s'ensuivront, c'est bien la maternité qui constitue le fond de ce roman. La maternité entre désir et rejet.

Si tout oppose ces deux femmes, un élément les unis inexorablement, c'est la solitude.

Roman bouleversant, tout en sensibilité, qui dresse là le portrait de deux femmes qu'une folie passagère va traverser. Et le lecteur, fut-il masculin, est transporté par cette aventure peu commune dans un  milieu de femmes ordinaires.

 

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20 mars 2012

"Mingus mood" de william Memlouk

William MEMLOUK : "Mingus mood"

mingus-mood

William Memlouk nous transporte dans l'univers de Charles Mingus, contrebassiste et compositeur de jazz. Et quel univers !

De la musique inspirée par les luttes. Les luttes à la fois intérieures et extérieures. Des luttes contre lui-même que l'engagement amoureux effraie, mais aussi des luttes essentielles pour la dignité des noirs dans les Etats-Unis des années '50.

Il s'agit ici de souvenirs racontés bien plus tard par un compagnon de route de Mingus à une journaliste, ce qui permet à l'auteur de ne pas tomber dans la biographie, mais de rester dans le roman avec toute sa force subjective.

Car comme Charlie M. ce roman est plein de sa présence physique, sa sensibilité, ses doutes, ses crises.

Et le lecteur refait le voyage de Tijuana au Mexique.  On se laisse emporter.On sent bien là l'unité de l'homme et de l'artiste.

Un très bon livre à lire en réécoutant Tijuana Moods.

tijuana

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12 février 2012

Jean-Luc Priane et Jean-bernard Taté : "Un an pour l'éternité"

Un an pour l'éternité

 

un an pour l'eternité

L'amitié, l'enfance, la jeunesse, l'amour, l'Inde et le Népal et l'engagement dans les promesses voici les ingrédients de ce roman écrit à quatre mains (si l'on peut dire).

Meera, une jeune indienne est inséparables de Samuel et Maxime, alors qu'ils sont enfants à Delhi. Ils passent tout leur temps ensemble, dans les rues et dans différents lieux de la ville. Innocemment.

Mais le temps passe, l'enfance devient jeunesse. Les deux garçons s'unissent par une promesse : ne jamais tomber amoureux de Meera afin que leur amitié ne vole pas en éclat.

Mais cette promesse peut-elle tenir ? Maxime peut-il lutter contre ses sentiments ? Il part à Bombay puis à Londres et tente d'oublier cette histoire.

Le passé le rattrapera, il retournera en Inde.

Une seconde promesse lient les deux garçons et commence alors une quête du sens de la vie à travers le Népal Samuel partira tout d'abord, puis un an plus tard, Maxime entreprendra le périple.

Ce livre qui se lit facilement n'accroche pourtant pas totalement. Le postulat de départ (la promesse enfantine) est un peu léger, le roman manque de corps. Ensuite, la fin du livre ressemble un peu à un guide touristico-mystique à travers le Népal. Ce n'est pas déplaisant, certes, ça donne même envie d'un trek dans l'Himalaya. Et si, comme les protagonistes, on profitait de ce trek pour comprendre le sens de la vie !

 

népal

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21 janvier 2012

Karine Tuil :"Six mois, six jours"

six mois six jours

 

Une histoire d'amour, une passion amoureuse, un chantage, une riche famille industrielle allemande (les Kant), un passé douteux, beaucoup d'ingrédients dans cette histoire.
L'homme de confiance de la famille qui se confie, qui raconte ses souvenirs et notamment comment Juliana Kant la cadette de la famille va succomber au charme de Braun, un photographe qui la ferait chanter et c'est tout le passé de la famille qui va ressurgir.
Bien écrit et court, ce roman nous emmène peu à peu vers une fin inattendue où l'Histoire rejoint l'histoire.

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