15 décembre 2011

Carole Martinez : "Du domaine des Murmures"

CAROLE MARTINEZ : "Du domaine des Murmures"

Du domaine des murmures

Carole Martinez, que je découvre à travers cette lecture, nous livre ici une aventure humaine époustouflante. L'histoire d'Esclarmonde, qui, le jour de ses noces décide d'offrir sa vie et sa beauté à Dieu.

Elle s'enferme dans un réclusoir adossé à la chapelle du domaine, où sa seule ouverture sur le monde terrestre passe par une petite fenestrelle  à barreaux. 

C'est le monde spirituel qui va s'ouvrir à elle, elle devient une sainte que l'on vient visiter et qui prodigue des bienfaits à la vie à l'entour. Mais les préoccupations humaines ne la quittent pas pour autant. Elle emporte avec elle dans sa cellule un terrible secret.

Peu à peu, elle est en prise au doute ... mais a t-elle encore prise sur son destin ?

A travers cette histoire, Carole Martinez nous livre une réflexion sur la religion et la spiritualité, sur la place des femmes, sur les Croisades. Magnifiquement écrit, ce livre se lit comme un conte qui mêle aventure,poésie et fantastique.

Une merveille !

 

reclusoir sainte radegonde (le reclusoir de Sainte Radegonde, Poitiers)

 

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05 novembre 2011

Antoine Choplin : "Le héron de Guernica"

le héron

Basilio le peintre amoureux des hérons, Basilio l'amoureux de Celestina, Basilio sorte d'étranger camusien dans un Guernica à la veille du bombardement par les nazis en 1937.

L'auteur, dans un style simple, mais parfois pénible par l'utilisation d'espèces de didascalies, nous entraîne dans l'horreur de la guerre à travers la vie quotidienne des habitants de cette ville de Biscaye devenue un symbole de la guerre civile espagnole.
L'auteur nous entraîne également dans les recoins de la création artistique ( picturale) à travers la représentation qui est faite des événements. Guernica est devenu le symbole mondial de la représentation de la guerre.
Voici un roman touchant, qui cherche à dire l'indicible, tout comme la peinture cherche à montrer l'invisible.

guernica

 

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26 octobre 2011

Marie Sizun : "Le père de la petite"

Marie SIZUN : "LE PERE DE LA PETITE"

 

père petite

Comment ne pas être touché par cette petite,ballotant dans un monde d'adultes qui la dépasse ?
Je découvre l'auteure avec ce court roman et c'est une bonne surprise.
Voilà un texte tout en tendresse et en émotions bien que le style soit vif, voire nerveux.
On entre dans l'univers de cette relation entre la petite et son père pendant et aussitôt après la seconde guerre mondiale à Paris.
Et l'on partage tous les moments : l'attente, l'espoir, la sublimation de l'image, l’enthousiasme, le conflit, l'adoration, les espoirs ... et les mensonges des adultes,les disputes, les déchirements, les souvenirs glanés.

Un excellent roman qui donne envie de découvrir l'auteure

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11 octobre 2011

Olivier Sillig : "Skoda"

skoda

Voici le troisième livre que je reçois dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio et cette fois-ci c'est une très bonne nouvelle.

Voici un roman assez court (à peine plus de 100 pages) mais à la fois dense et riche.

D'abord le contexte : nous sommes dans l'ex-Yougoslavie pendant la guerre des années '90, l'ambiance est lourde.

Ensuite le fond : c'est un roman dense, riche en émotions, qui narre l'errance d'un homme et d'un bébé dans cette ambiance pesante.

Enfin le texte : l'écriture est moderne, sans fioritures et ne tombe pas dans le pathos. Malgré la gravité du contexte (et des faits) le lecteur est embarqué par les sentiments nés de cette errance.Il y a un peu de "La route" dans cette histoire.

Un roman qui mérite le détour et qui donne envie de découvrir son auteur.

 

Merci aux éditions "Buchet-Chastel"

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08 juillet 2011

"Balzac et la petite Tailleuse chinoise" de Dai Sijie

BALZAC ET LA PETITE TAILLEUSE CHINOISE

Balzac et la petite tailleuse chinoise

Voici un roman qui est paru en 2000, plusieurs fois réédité en poche et qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique.

Le contexte est intéressant : nous sommes dans la Chine maoïste des années 1970 et la rééducation va bon train. C'est la révolution culturelle.

Le narrateur et son ami Luo, deux jeunes intellectuels de la ville, sont envoyés en rééducation dans un village de montagne. Le narrateur est violoniste alors que son ami révèle des talents de conteur.Ils ne vont pas tarder à faire la connaissance de la fille du tailleur ... la petite tailleuse.

Le chef du village les envoie à la ville, assister à des séances de cinéma qu'ils doivent ensuite raconter aux habitants de la montagne. Lors de leurs déplacement, un jour, ils découvrent une valise pleine de livres ! Des grands classiques de la littérature occidentale ... Balzac, Flaubert, Dumas, Hugo, Dickens ...

Ils tombent sous le charme de cette littérature interdite et Luo entreprend de faire l'éducation littéraire de la petite Tailleuse.

Leurs vies sera bouleversée par ces lectures.

Ils découvrent que l'homme existe en tant qu'individu qui éprouve des sentiments ... ils découvrent la féminité, l'amour, la vengeance, la passion ....

Ce roman est un roman sur la lecture, sur l'amour et le pouvoir de la lecture et sur le pouvoir de l'amour tout court.

Avec lucidité et humour, Dai Sijie nous conte une savoureuse aventure littéraire et amoureuse.

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01 juin 2011

Jean Echenoz : "Ravel"

RavelVoici donc la troisième "vie" contée par Jean Echenoz, après "Courir" et "Des éclairs".

Maurice Ravel est universellement connu, au moins pour son boléro, mais sa vie l'est certainement moins. Jean Echenoz choisi la dernière période, dans la France de l'entre deux guerres. On suit le compositeur dans une tournée américaine, puis dans le processus de composition lui même, mais surtout dans sa vie de tous les jours avec sa préciosité maniaque et ses insomnies ...

Echenoz ne nous livre pas Ravel, il le raconte, simplement et même de façon quelque peu distanciée ... ce qui peut agacer, car on aimerait aller plus loin, en savoir plus, mieux connaître l'homme Ravel.

ravelmaurice

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04 mai 2011

Jean Echenoz : "Des éclairs"

Des__clairsDES ECLAIRS

Après avoir lu Courir, je décide de m'atteler aux deux autres "vies" contées par Jean Echenoz.

Après avoir lu Des éclairs mon sentiment est partagé. Habituellement, je m'empresse de chroniquer ce modeste blog quasi immédiatement. Là, voici que je ne sais que penser.

Au début du livre, j'ai été un peu enivré et je retrouvais à maints égards, l'ivresse ressentie à la lecture du précédant. Mais rapidement je devais déchanter ... hélas.

Cette fois c'est la vie de Nikola Tesla qui est contée, mais ici l'auteur l'affuble d'un pseudo : Gregor, l'inventeur du courant alternatif.

 

La vie de cet homme (que je ne connaissais pas au demeurant, en entreprenant la lecture de ce roman) est trépidante, il est à la fois un génie scientifique, un aventurier, un visionnaire, un utopiste. L'homme Gregor est doté d'un caractère à la fois généreux et antipathique, solitaire, égoïste, mondain, ambitieux ...

Ce roman m'a toutefois en parti déçu, notamment la fin, où même si 'on sent bien Gregor sombrer peu à peu dans la déchéance et développer un amour pour les pigeons ... l'aventure devient pénible.

Toutefois, le style de l'auteur est brillant, poétique et drôle.

En fin de compte, si j'ai moins accroché à cette "vie", c'est peut être à cause de son contenu ... j'ai hâte de lire "Ravel".

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24 avril 2011

Jean Echenoz : "Courir"

courirJean Echenoz nous conte ici la vie d'Emile Zatopek, meilleur coureur de fond du monde dans les années 50.

Zatopek rentre dans la course à pied presque par hasard, presque malgré lui et commence à gagner. Il deviendra l'homme le plus rapide du monde sur longue distance, pulvérisant peu à peu tous les records de la discipline. 

L'auteur ne nous livre les repères chronologiques qu'à travers les événements (on se repère par exemple aux jeux olympiques) et ne s'attarde pas sur les exploits ... il raconte l'homme Zatopek.

Dans un style alerte et vif, Echenoz dresse un portrait touchant, intime et passionnant d'Emile, cet homme calme et distant par rapport aux événements et à sa notoriété.

 

 

 

C'était ma première lecture d'Echenoz et je vais poursuivre avec les deux autres de la série : "Ravel" et "Des éclairs".

 

zatopek

zatopek1

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02 avril 2011

Maylis de Kerangal : "Naissance d'un pont"

naissance_d_un_pontConstruire un pont pour joindre les deux rives d'un fleuve, c'est bien plus que construire un pont. C'est relier deux mondes qui s'ignorent ou se détestent, c'est meurtrir la nature, c'est changer les habitudes des habitants.C'est aussi un challenge humain, née de la mégalomanie d'un responsable politique ...

Construire un pont, c'est une foule qui arrive : ingénieurs, soudeurs, grutiers, maçons, manoeuvres ....

Maylis de Kérangal, dans un style particulier qu'il faut un certain temps pour apprivoiser (environ cent pages en ce qui me concerne), raconte ici l'aventure de la construction d'un pont dans une ville de l'ouest américain.

Le sujet peut paraître a priori déroutant, mais l'auteur réussi ,à travers les personnages, qui manquent parfois de profondeur, à faire vivre cette histoire humaine. Un roman fleuve, (300 pages) une vraie aventure du monde contemporain, un regard sur la société.

 

Sans être un chef d'oeuvre, ce roman est interessant à la fois par le fond et par la forme.

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21 mars 2011

Arnaud Rykner : "Le wagon"

Le_wagon"Le wagon" est un court roman publié en 2010. S'il est court, il est tout sauf léger. Le wagon c'est l'histoire du dernier convoi parti de Compiègne le 2 Juillet 1944 pour Dachau.

C'est l'histoire racontée de l'intérieur du wagon, par un jeune homme de vingt deux ans.

Ce voyage dure trois jours, sous la canicule, avec les arrêts, le manque d'eau, la promiscuité, la violence, mais aussi l'entraide.

L'auteur utilise un style à la fois réaliste et juste, et le lecteur subi lui-même l'épreuve (toute proportion gardée bien évidemment). La réflexion sur le fond n'est pas absente notamment sur ce qui caractérise l'humain dans un univers où les traitements inhumains sont la loi.

C'est un très bon roman, qui décrit de façon admirable un des aspects de l'horreur vécue par les déportés de la seconde guerre mondiale : l'acheminement vers les camps de la mort.

Dans une certaine mesure, dans "Le rapport de Brodeck", Philippe Claudel avait déjà évoqué ce contexte dans un wagon.

Comme l'écrit l'auteur : "L'inimaginable doit être imaginé. Là où aucune image ne peut se former, il faut former une image. Une image injuste. Alores tout ce qui est raconté est faux. Ce n'est pas un livre d'histoire. L'histoire est bien pire. Irréelle. Ceci est un roman."

Posté par fran6h à 09:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]