08 juillet 2012

Antoine Choplin : "Radeau"

"RADEAU" d'Antoine Choplin

Radeau

Amour et peinture au temps de l'occupation.

C'est en visitant le Château de Chambord que j'ai eu connaissance de l'opération qui a consisté à vider le Louvre de ses oeuvres en Juin 1940.

L'exode n'a pas concerné que les hommes et les femmes, mais aussi les oeuvres culturelles essentielles.

Ce roman d'Antoine Choplin, auteur que j'avais apprécié dans "Le héron de Guernica", se situe dans ce contexte.

Il s'agit d'une histoire d'amour, contée tout en pudeur, entre un homme qui transporte des peintures dans un camion et une femme qui erre le long de la route.

Le roman est en deux parties, une en 1940 pendant l'exode et l'autre en 1943 en pleine résistance.

La peinture est ici encore un personnage essentiel, et c'est "le radeau de la Méduse"  de Géricault qui détient la clé du mystère.

radeau méduse

Lecture courte et très agréable, ce roman, malgré le contexte historique peu réjouissant, est émouvant, à la fois sentimental et dramatique.

Les considérations sur la peinture et son histoire apportent une dimension supplémentaire tout à fait intéressante, comme un moyen de toucher la réalité des choses en passant du figuratif au subjectif.

En lisant je me suis souvenu que j'avais lu, il y a de nombreuses années un roman de Weyergans intitulé "Le radeau de la Méduse". Il faudra que je le relise.

Et il faudra alors retourner au Louvre la tête pleine de cette belle aventure.

 

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05 juin 2012

Marie Dubosq : "Les chambres d'Antoine"

Marie DUBOSQ : "Les chambres d'Antoine"

Les chambres d'Antoine

Voici une lecture originale, dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

Originale à plus d'un titre. Ce roman est une histoire d'amour, une histoire d'un amour fort sur fond d'amnésie. Mais c'est aussi un roman noir. 

L'auteure, à travers Antoine, le narrateur qui recouvre peu à peu la mémoire, distille peu à peu des petites touches, brouille les pistes, apporte de la lumière, puis nous replonge dans le noir et la douleur.

Antoine, victime d'un accident est cloué sur un lit, dans une chambre prison, sans notion de temps ni de lieu.

L'environnement d'Antoine est réduit à sa plus simple expression : une infirmière qui prodigue les soins et de la lecture.

C'est à travers cette lecture, que, tout comme Antoine, l'on comprend que cette infirmière n'en est pas une et que quelque chose de plus intime lie ces deux personnages. 

Roman court et très bien écrit il donne envie de découvrir une auteure dont le talent est déjà visible. 

 

patinage

Ce roman a été recompensé au festival du premier roman de Chambéry

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03 mai 2012

Marie Sizun : "Jeux croisés"

MARIE SIZUN : "JEUX CROISES"

jeux croisés

La maternité traitée à travers quelques jours dans la vie de deux femmes que tout oppose en apparence. 

Marthe, la professeure, à la vie tranquille et sans enfant, mais que l'annonce du divorce prochain va bouleverser et Alice, jeune fille-mère, en proie aux soucis du quotidien décuplés par la présence du bébé.

Avec son style précis et neutre et par petites touches, Marie Sizun nous livre un conte, un genre de petit poucet pour femmes. En effet, à côté de l'épopée de Marthe qui subtilisera le bébé d'Alice, et les déboires d'Alice qui s'ensuivront, c'est bien la maternité qui constitue le fond de ce roman. La maternité entre désir et rejet.

Si tout oppose ces deux femmes, un élément les unis inexorablement, c'est la solitude.

Roman bouleversant, tout en sensibilité, qui dresse là le portrait de deux femmes qu'une folie passagère va traverser. Et le lecteur, fut-il masculin, est transporté par cette aventure peu commune dans un  milieu de femmes ordinaires.

 

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20 mars 2012

"Mingus mood" de william Memlouk

William MEMLOUK : "Mingus mood"

mingus-mood

William Memlouk nous transporte dans l'univers de Charles Mingus, contrebassiste et compositeur de jazz. Et quel univers !

De la musique inspirée par les luttes. Les luttes à la fois intérieures et extérieures. Des luttes contre lui-même que l'engagement amoureux effraie, mais aussi des luttes essentielles pour la dignité des noirs dans les Etats-Unis des années '50.

Il s'agit ici de souvenirs racontés bien plus tard par un compagnon de route de Mingus à une journaliste, ce qui permet à l'auteur de ne pas tomber dans la biographie, mais de rester dans le roman avec toute sa force subjective.

Car comme Charlie M. ce roman est plein de sa présence physique, sa sensibilité, ses doutes, ses crises.

Et le lecteur refait le voyage de Tijuana au Mexique.  On se laisse emporter.On sent bien là l'unité de l'homme et de l'artiste.

Un très bon livre à lire en réécoutant Tijuana Moods.

tijuana

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12 février 2012

Jean-Luc Priane et Jean-bernard Taté : "Un an pour l'éternité"

Un an pour l'éternité

 

un an pour l'eternité

L'amitié, l'enfance, la jeunesse, l'amour, l'Inde et le Népal et l'engagement dans les promesses voici les ingrédients de ce roman écrit à quatre mains (si l'on peut dire).

Meera, une jeune indienne est inséparables de Samuel et Maxime, alors qu'ils sont enfants à Delhi. Ils passent tout leur temps ensemble, dans les rues et dans différents lieux de la ville. Innocemment.

Mais le temps passe, l'enfance devient jeunesse. Les deux garçons s'unissent par une promesse : ne jamais tomber amoureux de Meera afin que leur amitié ne vole pas en éclat.

Mais cette promesse peut-elle tenir ? Maxime peut-il lutter contre ses sentiments ? Il part à Bombay puis à Londres et tente d'oublier cette histoire.

Le passé le rattrapera, il retournera en Inde.

Une seconde promesse lient les deux garçons et commence alors une quête du sens de la vie à travers le Népal Samuel partira tout d'abord, puis un an plus tard, Maxime entreprendra le périple.

Ce livre qui se lit facilement n'accroche pourtant pas totalement. Le postulat de départ (la promesse enfantine) est un peu léger, le roman manque de corps. Ensuite, la fin du livre ressemble un peu à un guide touristico-mystique à travers le Népal. Ce n'est pas déplaisant, certes, ça donne même envie d'un trek dans l'Himalaya. Et si, comme les protagonistes, on profitait de ce trek pour comprendre le sens de la vie !

 

népal

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21 janvier 2012

Karine Tuil :"Six mois, six jours"

six mois six jours

 

Une histoire d'amour, une passion amoureuse, un chantage, une riche famille industrielle allemande (les Kant), un passé douteux, beaucoup d'ingrédients dans cette histoire.
L'homme de confiance de la famille qui se confie, qui raconte ses souvenirs et notamment comment Juliana Kant la cadette de la famille va succomber au charme de Braun, un photographe qui la ferait chanter et c'est tout le passé de la famille qui va ressurgir.
Bien écrit et court, ce roman nous emmène peu à peu vers une fin inattendue où l'Histoire rejoint l'histoire.

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21 décembre 2011

Marie Sizun : "Eclats d'enfance"

Marie SIZUN : "Eclats d'enfance"

Eclats d'enfance

Marie Sizun, que j'ai découvert récemment avec "Le père de la petite", nous livre ici des bribes d'enfance à la frontière entre le XIXème et le XXème arrondissement de Paris.

Le parti pris de l'auteure est intéressant, en ce qu'il qu'il adopte comme trame de points de repères géographiques (les lieux et rues du quartier).  A chaque lieu son souvenir, son "éclat", comme une brisure de miroir qui révèle une partie de l'histoire.

L'histoire, c'est celle de l'enfant. Cette fillette dont on suit les pérégrinations spatiales et spirituelles pendant une dizaine d'année.

Le ton est distant, le récit est fait à la troisième personne, comme si la distance protégeait l'auteure de ses propres souvenirs. Malgré cette distance, cette analyse quasi froide, le lecteur s'attache à cette enfant (tout comme il s'est attaché à "la petite" précédemment). Ce récit replonge le lecteur dans ses propres souvenirs d'enfance, quand bien même le contexte (géographique et social) est différent.

porte des lilas

On plonge ici, à travers les souvenirs fugaces de cette enfant, dans la vie du quartier au sortir de la seconde guerre mondiale. C'est un Paris populaire, quelque peu "provincial" qui prend vie dans ces rues, ces squares, ces commerces, ces transports ....

Marie Sizun avait certainement besoin d'écrire pour consolider ses "éclats", et bien tant mieux pour le lecteur qui prend un réel plaisir à les partager.

Il est utile, pour les non résidents du quartier, de suivre les chapitres avec un plan de Paris, cela donne corps au récit. De plus, j'ai été particulièrement intéressé par les détails de la vie du quartier, car mes grands parents habitaient là dans les mêmes années (plus au sud toutefois, côté Cours de Vincennes).

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15 décembre 2011

Carole Martinez : "Du domaine des Murmures"

CAROLE MARTINEZ : "Du domaine des Murmures"

Du domaine des murmures

Carole Martinez, que je découvre à travers cette lecture, nous livre ici une aventure humaine époustouflante. L'histoire d'Esclarmonde, qui, le jour de ses noces décide d'offrir sa vie et sa beauté à Dieu.

Elle s'enferme dans un réclusoir adossé à la chapelle du domaine, où sa seule ouverture sur le monde terrestre passe par une petite fenestrelle  à barreaux. 

C'est le monde spirituel qui va s'ouvrir à elle, elle devient une sainte que l'on vient visiter et qui prodigue des bienfaits à la vie à l'entour. Mais les préoccupations humaines ne la quittent pas pour autant. Elle emporte avec elle dans sa cellule un terrible secret.

Peu à peu, elle est en prise au doute ... mais a t-elle encore prise sur son destin ?

A travers cette histoire, Carole Martinez nous livre une réflexion sur la religion et la spiritualité, sur la place des femmes, sur les Croisades. Magnifiquement écrit, ce livre se lit comme un conte qui mêle aventure,poésie et fantastique.

Une merveille !

 

reclusoir sainte radegonde (le reclusoir de Sainte Radegonde, Poitiers)

 

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05 novembre 2011

Antoine Choplin : "Le héron de Guernica"

le héron

Basilio le peintre amoureux des hérons, Basilio l'amoureux de Celestina, Basilio sorte d'étranger camusien dans un Guernica à la veille du bombardement par les nazis en 1937.

L'auteur, dans un style simple, mais parfois pénible par l'utilisation d'espèces de didascalies, nous entraîne dans l'horreur de la guerre à travers la vie quotidienne des habitants de cette ville de Biscaye devenue un symbole de la guerre civile espagnole.
L'auteur nous entraîne également dans les recoins de la création artistique ( picturale) à travers la représentation qui est faite des événements. Guernica est devenu le symbole mondial de la représentation de la guerre.
Voici un roman touchant, qui cherche à dire l'indicible, tout comme la peinture cherche à montrer l'invisible.

guernica

 

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26 octobre 2011

Marie Sizun : "Le père de la petite"

Marie SIZUN : "LE PERE DE LA PETITE"

 

père petite

Comment ne pas être touché par cette petite,ballotant dans un monde d'adultes qui la dépasse ?
Je découvre l'auteure avec ce court roman et c'est une bonne surprise.
Voilà un texte tout en tendresse et en émotions bien que le style soit vif, voire nerveux.
On entre dans l'univers de cette relation entre la petite et son père pendant et aussitôt après la seconde guerre mondiale à Paris.
Et l'on partage tous les moments : l'attente, l'espoir, la sublimation de l'image, l’enthousiasme, le conflit, l'adoration, les espoirs ... et les mensonges des adultes,les disputes, les déchirements, les souvenirs glanés.

Un excellent roman qui donne envie de découvrir l'auteure

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