01 août 2015

Dostoïevski : "Crime et châtiment"

DOSTOIEVSKI : "Crime et châtiment"

crime et chatiment

Chaque été depuis plusieurs années je m'attaque à un grand roman du XIXème siècle, d'une part pour connaître un peu ces auteurs qui ont traversé le temps (Balzac, Hugo, Melville, Twain, Stendhal ...) et d'autre part pour découvrir des oeuvres qui constituent l'histoire de la littérature.

Cette année, c'est vers la Russie que je me suis tourné, et, comme une évidence c'est vers Dostoïevski que mon coeur à balancé. Mais comment choisir entre "Crime et châtiment" et "Les frères Karamazov" ?

C'est finalement le poids du livre, la police de caractère et l'inteligne (bref j'ai privilégié le confort de lecture) qui ont eu raison du choix.

Un grand roman s'il en est. Une unité de temps, de lieu et d'action. Quelques personnages qui, chacun à leur façon, prennent une importance dans le déroulé de la narration. Et un crime.

Bien sûr "Crime et châtiment" n'est pas un polar, au sens contemporain du terme, mais une plongée en profondeur dans l'âme, dans l'esprit plein de mélancolie et de contradictions de Raskolnikov, ce tueur pour qui le mal n'existe pas, où du moins pour qui cette notion n'a pas le même sens que pour le commun de ses congénères. Il existerait, dans l'espèce humaine, quelques êtres supérieurs, pour qui le crime n'a pas la même portée que pour les autres.

A Saint-Petersbourg, Dostoïevski dépeint une ville,avec ses avenues, ses places, ses quartiers, ses maisons,  une société avec sa structure sociale figée, cloisonnée et qui frémit sous les aspirations de la jeunesse. Mais Dostoïevski dépeint surtout de magnifiques portraits psychologiques. Ici on atteint avec brio, par une dissection fine et délicate, toute la complexité de la nature humaine. Et peu à peu, tous les personnages tournent autour de Raskolnikov, comme une danse macabre, comme un étau qui se resserre, comme la fatalité ordinaire. Et le lecteur entre dans tous les délires, jusqu'aux tréfonds de la maladie, qui conduiront Raskolnikov jusqu'à son châtiment.

Bref, un grand roman. Du grand art.  On comprend, à sa lecture,  pourquoi il est devenu un classique.

Posté par fran6h à 10:09 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


30 octobre 2012

Tolstoï : "La mort d'Ivan Ilitch"

TOLSTOÎ : "La mort d'Ivan Ilitch"

 

ivan ilitch

 

Les derniers jours d'un condamné, condamné comme un mortel vaincu par la maladie. Condamné comme tous les mortels. 

Pourtant Ivan Ilitch est un personnage important, conseiller à la cour, une place enviée par son entourage professionnel. Une place qui attise les jeux et les convoitises. Une belle vie en quelque sorte. 

Mais la survenue de la maladie, que nul médecin n'arrivera à diagnostiquer, et des souffrances qu'elle entraîne conduiront Ivan Ilitch  à réfléchir sur sa vie, sur sa relativité, sur l'importance donnée à la futilité et l'indifférence accordée à l'essentiel. Une réflexion pleine de lucidité.

Ivan Ilitch sait que la maladie dont il souffre n'a pas d'autre nom que la mort. 

Tout le talent de Tolstoï est alors en oeuvre pour décrire ce passage de la vie à trépas. Il ne nous épargne aucun stade, aucune angoisse, mais malgré ce réalisme le récit est profond et conduit le lecteur à une réflexion sur la vie. Et surtout sur celle de savoir que faire de notre vie. 

Excellent, tant par la construction que par le style, cette nouvelle est une merveille. 

Posté par fran6h à 17:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

12 décembre 2010

Alexandre Soljenitsyne : Une journée d'Ivan Denissovitch

une_journee_d_ivan_denissovitchEcrit par Alexandre Soljenitsyne alors qu'il se trouvait lui même au goulag, ce roman retrace dans le détail une journée d'un prisonnier lambda "Ivan Denissovitch", dit "Choukhov".

Ce roman a, de ce fait, une forte charge émotionnelle, car même s'il ne s'agit pas d'un récit autobiographique, le lecteur ne peut s'empêcher de replacer le texte dans son contexte : l'univers concentrationnaire soviétique.

L'histoire même du manuscrit et de sa publication, qui fait l'objet de la préface de la présente édition, est révélatrice du miracle. Cette édition est agrémentée des passages que la censure soviétique avait amputée au manuscrit pour autoriser sa publication (à bien des égards, très révélatrice).

Soljenitsyne, avec talent, nous fait vivre le quotidien des ces milliers de prisonniers dans un camp de travail, où l'on pourrait croire que l'humanité a disparu. Ces hommes se raccrochent au peu qui leur permet encore de se considérer comme humain dans cet univers à la fois clos et absurde.

Ce texte dense aura une portée symbolique très importante dans tout le monde occidental des années 60.

Même 50 ans plus tard, même si le contexte géopolitique est complétement changé, la lecture de ce roman est riche d'enseignement pour tout un chacun.

Posté par fran6h à 22:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

16 mars 2010

Pouchkine : "La fille du capitaine"

Pouchkine : La fille du capitaine (j'aime les classiques)

la_fille_du_capitainePour la saison 4 du défi "J'aime les classiques" j'ai choisi une œuvre romanesque russe.

Roman écrit en 1836, "La fille du capitaine" est le dernier roman d'Alexandre Pouchkine.
Dans la Russie de la fin du XVIIIème siècle, un jeune officier Pierre Andréitch (lui même fils d'officier) part rejoindre le fort où il devra servir dans l'immensité des steppes russes. .
En chemin, pris dans une tempête de neige, il fait la connaissance d'un vagabond qui l'aide à retrouver son chemin. Il lui montre sa reconnaissance en lui offrant un manteau.
Arrivé au fort, il découvre une situation dangereuse, la ville est menacée par le rebelle cosaque Pougatchov. Il y découvre également la famille du capitaine, et notamment sa fille Maria Ivanonvna.

Les deux histoires vont se mêler désormais, Pougatchov s'empare du fort ... la fille du capitaine n'a pas eu le temps de s'enfuir. Pougatchov sévit, mais Pierre Andréitch reconnait en Pougatchov le vagabond à qui il avait offert un cadeau. Le souvenir de ce geste le sauvera, mais sera aussi à l'origine de toute l'ambiguïté de sa situation. 

Pierre Andrevitch est alors confronté a deux défis : sauver la femme qu'il aime tout en repoussant l'avancée des troupes de Pougatchov.

Roman d'amour et d'aventure, où l'on rencontre des personnages bien typés, "la fille du capitaine" grâce à une écriture simple et fluide nous transporte dans les immenses steppes russes et dans la profondeur des sentiments humains (l'amour, la haine, la cruauté, l'hypocrisie, le courage ... ).

 

Voir aussi l'avis de Keisha

Posté par fran6h à 14:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]