01 novembre 2013

Gustave Flaubert : "Un coeur simple"

Gustave FLAUBERT : "Un coeur simple"

un-coeur-simple_couv1

 

De l'amour véritable dans un coeur simple.

Premier des "trois contes" que Flaubert a publié à la fin de sa vie, "Un coeur simple" c'est la vie de Félicité, vie à la fois triste et exaltée. Un conte qui tourne autour de l'amour.

Flaubert nous brosse un portrait de cette femme vraie, de cette femme qui aime sans rien attendre en retour. Cette femme qui donnera tout son amour, à Virginie d'abord, à Victor ensuite puis à Loulou. Loulou, le perroquet qui personnifie, si l'on peut dire, l'amour divin, l'esprit saint.

Ce conte est aussi intéressant, outre le style remarquable de l'auteur, pour sa valeur sociologique et sa description de la vie de la classe aisée en Normandie au début du XIXème siècle, car le récit est linéaire, sans intrigue, un peu fade même. C'est dommage, le personnage aurait mérité d'être plus fouillé, plus creusé. L'analyse psychologique n'est pas mise en valeur alors que la matière est abondante avec tous les malheurs que Félicité traverse. Quoi qu'il en soit la lecture est agréable, abordable aussi et c'est quand même essentiel.

A noter la remarquable adaptation cinématographique réalisée par Marion Lainé en 2008 et une Félicité très touchante dans la peau de Sandrine Bonnaire.

Posté par fran6h à 19:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


12 janvier 2013

Emile Zola : "La faute de l'abbé Mouret"

Emile ZOLA : "La faute de l'abbé Mouret"


La faute de l'abbé Mouret

Le naturalisme dans toute sa splendeur, entre foi, passion amoureuse et botanique.

Pour ce cinquième tome de la saga des Rougon - Macquart, nous restons toujours en provence.

Nous voilà ici avec Serge Mouret (qu'on avait laissé au séminaire lors du précédant roman) devenu abbé et chargé des âmes de la paroisse des Artaud. Il vit là avec sa soeur, la simple, Désirée, entouré d'une servante, la Teuse et d'un ecclésiastique le frère Archangias.

Par l'entremise du Docteur Pascal, son oncle, Serge va entrer en contact avec les habitants du Paradou : Jeanbernat, le philosophe, et sa fille Albine, la sauvageonne.

Le roman est divisé en trois parties, qui font une large place à la description, à la fois physique (les lieux, les paysages, les détails ornementaux) et intérieure. Et le lecteur plonge dans l'église, dans les cérémonies, mais surtout dans le jardin du Paradou dans toutes ses composantes botaniques (potager, prairie, forêt ...)

Il s'agit ici d'une histoire d'amour entre le prêtre et la sauvageonne où la foi et le mysticisme viennent réfréner les ardeurs de la passion et de l'embrasement. Le conflit intérieur et le doute sont parfaitement retracés.

Et Zola de nous dresser au passage un portrait sans complaisance d'un clergé misogyne et borné pour qui la femme n'est qu'un objet de tentation pour détourner l'homme de son chemin vers Dieu.

Écrit avec talent, ce roman demande une certaine patience à la lecture, tant la description est précise et quasi exhaustive. On pourrait presque penser : "toutes ces pages, pour si peu" ... mais il a été publié en 1875, ne l'oublions pas. L'amour fait une large part aux sentiments et la chair, si elle est présente, reste discrète. De plus les personnages annexes sont brossés de façon un peu trop grossière et caricaturale.

En conclusion, ce roman me laisse une impression mitigée, mais les amoureux de Zola y trouveront leur compte.

 

Posté par fran6h à 15:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 septembre 2012

Balzac : "Les chouans"

Honoré de BALZAC : "Les chouans"

 

les chouansLa deuxième guerre de Vendée, qui se déroule sur les marches de la Bretagne, entre Fougères et Alençon en 1799, met aux prises les Bleus envoyés de la République venus mater la rébellion chouane, noblesse et paysannerie réunie. Ce roman, écrit dans un style soigné mais quelque peu vieilli aujourd'hui, se décompose en trois parties et met en scène une histoire d'amour sur fond de drame historique. La première partie plante le décor, la seconde présente les protagonistes dont la belle Marie de Verneuil et le mystérieux Gars et la troisième noue l'intrigue et la dénoue.

D'ailleurs ce roman est très théâtral et ne manque pas d'actions, de trahison, de ruse et de passion. Balzac dresse ici un portrait sans concession de la paysannerie bretonne, montrée à travers ses archaïsmes. L'ambiance est parfois dure, voire cruelle et certaines scènes de guerre décrivent bien l'ambiance de cette époque dans cette région.

La tension dramatique ne faiblit pas et le lecteur est bien tenu, par ce roman qui complétera utilement le "Quatre vingt treize" d'Hugo.

Même s'il ne s'agit pas du plus grand roman du XIXème siècle, c'est un bon roman d'aventure dans la lignée de Walter Scott ou de Fennimore Cooper.

 

 

 

 

Posté par fran6h à 07:55 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 mars 2012

Emile Zola : "La conquête de Plassans"

ZOLA : "La conquête de Plassans"

 

La conquête de Plassans

Et nous voilà de retour à Plassans, berceau de la famille. Cette fois-ci c'est chez Marthe Rougon que l'action se passe. Marthe a épousé François Mouret (son cousin germain) et la famille vit une vie de rentiers après avoir fait fortune dans le commerce de vin. La villa est le centre géographique du roman à plusieurs titres : non seulement elle est située entre celle des Rastoil (royalistes) et la Sous-Préfecture (représentant l'Empire) mais elle va devenir l'objet de toutes les convoitises de la part des locataires que la famille Mouret héberge.

C'est un ecclésiastique, l'abbé Faujas, et sa mère qui vont louer le second étage.

Or ce curé est là, envoyé par Paris et par le truchement de Rougon (Félicité, la mère de Marthe) pour reconquérir Plassans, dont le siège de député est confié à un royaliste depuis les dernières élections.

Et ce curé, fera venir sa soeur et son beau-frère, dont la cupidité parait sans fin.

Zola ne nous livre pas ici un récit contemplatif de la famille bourgeoise sous l'Empire. Avec un style vif (qui tranche avec les deux romans précédant) il nous conte une aventure politique, teintée d'ambition, de jalousie, de trahison et de manipulation ...

Les locataires peu à peu prendront le pouvoir, François Mouret reclus, perdra tout. Marthe, sous l'influence de l'abbé n'est pas étrangère à cette déchéance. Les enfants sont exclus de la maison ... quant Marthe en prend conscience, il est bien trop tard.

Ce roman est un drame ! La folie (la tare familiale qui se propagera ) y tient une bonne place.

Posté par fran6h à 14:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 novembre 2011

"Les frères corses" d'Alexandre Dumas

ALEXANDRE DUMAS : "LES FRERES CORSES"

Les frères corses

Dumas en voyage en Corse est amené à loger chez l'habitant. Là, il fera la connaissance de la famille De Franchi. Sous l'autorité de la mère, veuve, il sympathise avec Lucien, corse défenseur de ses racines et des valeurs de son pays. Il découvre aussi, comme en négatif, Louis, le frère jumeau, qui a quitté la Corse pour s'installer comme avocat à Paris.
C'est tout le problème de la culture locale, présentée comme archaïque qui cherche à résister, face au rouleau compresseur de la culture dominante, porteur de la modernité.
Dumas nous livre ici un court roman (presque une longue nouvelle), à la fois vif, descriptif et fantastique, mais quelque peu caricatural. On sent l'humour aussi, tant dans la description des disputes familiales corses, que dans le ridicule de la société bourgeoise parisienne.

A découvrir.

On passe un bon moment à la lecture de ce roman.

Posté par fran6h à 18:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 juillet 2011

Zola : "Le ventre de Paris"

Emile ZOLA : Le ventre de Paris

Le ventre de Paris

Sans reprendre le défi Zola (un roman par mois), voici donc le troisième volet de la "saga" Rougon-Macquart.

Nous sommes là dans les entrailles de Paris, le quartier des Halles, où toute une société grouille. Zola nous emmène dans les profondeurs de la vie sociale du second Empire. Le monde se divise alors, comme le dit Florent, protagoniste de ce roman, entre les Maigres et les Gras. La pauvreté dans cette abondance de nourriture.

Les commerçants, les maraîchers, les vendeuses de poissons, de fromage et de beurre, les tueurs de volailles, tout un monde riche en caractère se côtoie. Les jalousies, les rivalités et les ragots vont bon train.

Florent, qui s'est évadé du bagne de Cayenne, rejoint son frère charcutier et époux de Lisa Macquart. Ces derniers l'hébergent. Il est embauché comme inspecteur des Halles.

Parallèlement, la révolte gronde. La révolution est en marche.

Les bas-fonds des Halles feront ils tomber l'Empire ?

Posté par fran6h à 09:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 avril 2011

"La curée" Emile Zola

la_cur_eEMILE ZOLA : LA CUREE

Deuxième roman de la série des Rougon-Macquart, "la curée" est une histoire d'amour dans le contexte de la spéculation immobilière au moment du façonnage du Paris moderne par le second empire.

On retrouve ici la première descendance de Pierre Rougon, héros du premier tome, à savoir trois de ses cinq enfants : Arsitide, Eugène et Sidonie.

Le roman est centré sur Aristide, fraîchement débarqué de Plassans avec sa femme Angèle et son fils Maxime. Aristide n'a qu'une seule ambition : celle de faire fortune rapidement. Eugène et Sidonie sont déjà installés à Paris et vont contribuer à la mise en action de son ambition.

D'une part, Eugène lui trouve un travail, certes modeste, à la ville de Paris et d'autre part, Sidonie lui arrangera un remariage fructueux, lorsqu'Angèle décédera.

La nouvelle femme d'Aristide, Renée, aime le luxe, les vêtements et les fêtes. Peu à peu, délaissée par son mari, elle se rapprochera de Maxime.

Toujours soucieux du détail, Zola en profite pour agrémenter l'aventure de théâtre et de botanique. Si le début peut sembler long, ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend l'intéret de ce début.

Dans un décor de Paris bourgeois, entre salons et jardins, Zola peint à travers les personnages au caractère bien marqué, un monde impitoyable où l'argent l'emporte sur les sentiments, où le paraître est fondamental et où la domination est toujours recherchée. C'est un roman cruel.

 

 

Posté par fran6h à 14:49 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

01 novembre 2010

Emile Zola : La fortune des Rougon

la_fortune_des_rougonEmile Zola constitue ma lecture pour le défi J'aime les classiques du mois d'Octobre sur une suggestion de Yohan.

J'ai donc commencé par le commencement, évidemment j'avais déjà lu Zola (l'assommoir, germinal, l'œuvre, la terre ...), mais là j'attaque dans l'ordre.

Nous voilà donc à Plassans, à l'origine des familles Rougon et Macquart pendant le coup d'Etat de Décembre 1851 qui verra la naissance du Second Empire. L'histoire dure une semaine, mais Zola en profite pour remonter dans la généalogie autour du personnage d'Adélaïde Fouque, matrice de cette famille.

"Pascal fixait un regard pénétrant sur la folle, sur son père, sur son oncle; l'égoïsme du savant l'emportait; il étudiait cette mère et ces fils, avec l'attention d'un naturaliste surprenant les métamorphoses d'un insecte. Et il songeait à ces poussées d'une famille, d'une souche qui jette des branches diverses, et dont la sève âcre charrie les mêmes germes dans les tiges les plus lointaines, différemment tordues, selon les milieux d'ombre et de soleil. Il crut entrevoir un instant, comme au milieu d'un éclair, l'avenir des Rougon-Macquart, une meute d'appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d'or et de sang."

Les Rougon Macquart c'est une double approche, histoire d'une famille et histoire politique et sociale de la France pendant le Second Empire.

L'amour et la politique sont étroitement mêlés : "C'était la République qui dormait avec Miette, dans un pan du drapeau rouge. Ah ! misère, elles étaient mortes toutes les deux ! elles avaient un trou saignant à la poitrine, et voilà ce qui lui barrait la vie maintenant, les cadavres de ses deux amoureuses."

Ce roman fondateur donne envie de poursuivre l'œuvre de l'auteur mais également de mieux connaître cette épisode de l'histoire de France, notamment de se plonger dans "Napoléon le petit" de Victor Hugo.

Posté par fran6h à 10:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 août 2010

Stendhal : "Le rouge et le noir" (j'aime les classiques)

Le_rouge_et_le_noir

Pour le défi de Juillet Août de "J'aime les classiques" proposé par Carabistouilles, j'ai choisi un classique parmi les classiques.
Malgré un bac littéraire je n'avais pas eu l'occasion (ou l'envie probablement) de m'attaquer à cet ouvrage.

Un peu plus de 25 ans plus tard, c'est chose faite.

Le thème est archi connu, un jeune prêtre ambitieux et instruit est fort désireux de quitter sa classe sociale .Il est employé par une riche famille pour assurer l'instruction des enfants. Ce sera le premier pas à l'étrier. d'une irrésistible et fulgurante ascension. Il connaîtra l'amour, le doute, la passion dévastatrice, l'envie, l'arrivisme ... . Les sentiments sont passés au crible.

Ce roman long (près de 600 pages) se lit très facilement grâce au brio d'écriture de Stendhal.

Le contexte historico-politique est également très intéressant. Nous sommes là dans le passage entre la Restauration et la monarchie de Juillet en 1830, période quelque peu méconnue ou peu traitée dans les romans.
D'un point de vue social, c'est l'avènement d'une nouvelle classe dominante qui supplantera l'ancienne aristocratie revenue au pouvoir. On y découvre une bourgeoisie de province et les salons parisiens. Stendhal se montre sur cet aspect tout à fait précis, préfigurant en quelque sorte un Zola.

Un roman essentiel, à lire à n'importe quel âge.

Posté par fran6h à 19:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]