21 décembre 2016

Efriede Jelinek : "La pianiste"

Elfriede JELINEK : "La pianiste"

Pianiste

Une écriture compacte, rêche, sur un rythme saccadé, pour une atmosphère écrasante, venue de notes sombres qui parcourent le récit comme un succédané de touches noires. Cette mélodie, cette maladie, c'est la frustration. Erika, femme cloîtrée par une mère castratrice a fini par refouler ses désirs, réduite quasiment à l'état d'objet.  De sa morne vie de professeur de piano tyrannisée vont naître des fantasmes entre désir d'amour et violences. 

On navigue entre "Les liaisons dangereuses" et "50 nuances de Grey" mais en malsain. C'est terrible.

Le roman est dur, il est difficile à lire (bravo au passage à la traduction), le récit est pesant, sans dialogues, et pourtant on s'accroche. Incontestablement on est là en présence d'un bijou littéraire, d'une pépite. Mais qui se mérite. On entre profond dans l'âme, on sonde, on scrute, on devient nous aussi des voyeurs pervers. Et pourtant on aimerait pouvoir la secouer, la réveiller, la faire sortir de cette spirale ... Et on se prend à rêver que l'élève Klemmer, beau, jeune, séduisant et amoureux d'Erika puisse être son rédempteur.

Une lecture qui marque.

Posté par fran6h à 08:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


30 mars 2012

Hermann Hesse : "Siddhartha"

Hermann HESSE : "SIDDHARTHA"

Siddhartha

Un livre culte qui a bouleversé, dans les années 1960, la vie de la jeunesse en quête d'une nouvelle spiritualité, de la paix et du bonheur. Hermann Hesse nous livre ici un conte initiatique sur le sens à donner à sa vie. 

Siddhartha est un jeune fils de brahmane et son destin est tout tracé dans la pure lignée familiale  dans l'Inde où le poids des castes l'emporte sur les aspirations individuelles. 

Siddhartha va s'en affranchir et connaître une multitude d'expériences tour à tour spirituelles, matérielles, amoureuses et contemplatives, à la recherche de son Moi. 

D'une écriture simple mais soignée (merci à l'excellente traduction) l'auteur ne cherche pas à nous apporter des recettes, mais bien à nous faire nous poser des questions. Et des questions essentielles qui bouillonnent dans notre esprit comme les eaux du fleuve que Siddhartha traverse à plusieurs reprises au long de sa vie. 

Roman écrit en 1922 et publié en anglais en 1951, il reste toujours d'actualité dans le monde du XXIème siècle. C'est qu'il doit toucher à l'essence de l'âme humaine. 

Hermann Hesse a obtenu le prix Nobel de littérature. 

Posté par fran6h à 09:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 avril 2011

Stefan Zweig : Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

vingt_quatre_heures_vie_dune_femme

 

 

Sur la Côte d'Azur au début du XXème siècle, dans une pension de famille, une femme délaisse tout pour s'enfuir avec un homme qu'elle vient de rencontrer. Les autres pensionnaires jettent l'opprobre sur cette femme. Tous, sauf un jeune homme, le narrateur, qui tentera de comprendre ce geste.
Par son attitude, il se liera d'amitié avec une dame âgée qui lui révélera comment vingt quatre heures peuvent suffire pour changer la vie d'une femme.
Ce roman traite de la passion dévorante : la séduction, le jeu, l'amour.

La passion du jeu est ici portée à son paroxysme et emporte tout sur son passage.

 

 

De ce court roman, il en a été réalisé un film, dont voici la bande annonce.

 


24 heures de la vie d’une femme - BA par _Caprice_

Posté par fran6h à 11:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 août 2010

Stefan Zweig : Le voyage dans le passé

Dans le cadre de "J'aime les classiques" pendant le mois d'Août, j'ai lu sur la plage ce court roman (ou cette nouvelle, je ne sais) écrit en 1929, mais édité en 1976.

Le_voyage_dans_le_pass_Stefan Zweig évoque ici l'amour, la passion amoureuse même. Il traite cette passion à travers l'épreuve du temps. Un jeune homme brillant mais pauvre est engagé comme secrétaire particulier d'un homme âgé et malade qui partage sa vie avec une jeune et belle épouse. Alors de fil en  aiguille (et là tout le talent de Zweig opère), la passion naît puis croît ... jusqu'à la séparation. Le jeune homme ne peut refuser l'offre d'aller au Mexique développer les affaires et sa propre situation ...
Les amants se promettent des retrouvailles ...

Le temps passe, quelques péripéties (la première guerre mondiale) perturbent un retour rapide.

Mais les retrouvailles auront tout de même lieu ... et les deux amants entreprennent alors le voyage vers le passé.

Qu'en est-il de leur ancienne passion ?

Zweig signe ici un texte fort, peut être pas le plus grand de son œuvre, mais qui mérite toute l'attention des nombreux amoureux de l'écrivain.

Posté par fran6h à 22:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 février 2010

A l'ouest rien de nouveau

A l"ouest rien de nouveau (j'aime les classiques)

defi_classiqueInitié par Marie Carabistouilles, je tente mon premier défi "J'aime les classiques" avec ce roman allemand : A l'ouest rien de nouveau d'Erich Maria Remarque.

Le contexte du livre est connu, la guerre de 14-18 racontée par un jeune soldat allemand. Mais ce livre n'est pas qu'un livre sur la guerre. C'est essentiellement un livre sur l'homme et sur ce qu'il est capable de faire de plus stupide : la guerre.
A_l_ouest_rien_de_nuveau
On y découvre la préparation mentale des soldats (l'autoritarisme des officiers), puis l'horreur des tranchées, la permission, le sort réservé aux prisonniers ennemis, la tranchée de nouveau la mort donnée, l'hôpital, les soins et le retour à la tranchée.

Mais on y découvre aussi et surtout avec force un sentiment humain : la camaraderie.

Dans un monde sans passé, le narrateur prend peu à peu conscience de l'absurdité de la situation. Le moment de la permission avec le retour chez sa mère, le fait basculer dans cette prise de conscience. Son retour dans la tranchée et l'assassinat du soldat français qui mourra lentement près de lui en est l'apogée.

La camaraderie est bien traitée dans ce monde déshumanisé ... peu à peu les camarades disparaissent et la guerre bientôt se termine. Comment reprendre le cours d'une vie "normale" après ça ?

Ce livre est excellent, non seulement il fait un récit réaliste des horreurs de la guerre, mais il pousse loin l'interrogation sur l'humanité. Pour reprendre une expression chère à Hemingway, on voit bien dans ce livre "la génération sacrifiée".

Merci à Véronique D. de m'avoir fait découvrir ce défi.

Posté par fran6h à 14:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]