18 avril 2018

Marie Sizun : "La gouvernante suédoise"

Marie SIZUN : "La gouvernante suédoise"

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Cela faisait des années que je n'avais lu Marie Sizun dont la prose jadis m'enchantât (Le père de la petite, Jeux croisés, La femme de l'allemand ...). Et bien la retrouvaille fut convaincante.

A partir de bribes de récits familiaux, de généalogie, de photos, de noms gravés sur une tombe, l'auteure, brode, tisse une toile, bouche des vides et fait revivre cette branche "de Meudon", cette famille de Léonard Sézeneau, exilé en Suéde alors qu'il était jeune.

La famille de Léonard, c'est sa femme Hulda, ses enfants et la gouvernante Livia. On voit peu à peu le groupe prendre forme, Léonard jeune homme lettré qui séduit la fille de bonne famille, l'amour grandissant, les enfants qui naissent et une gouvernante est alors embauchée.

L'équilibre semble trouvé entre un père de famille converti dans les affaires, Hulda restée encore une enfant bien que mère et Livia qui prend discrètement en main la maîtrise de la maison. Ce triangle semble en équilibre parfait dans cette maison bourgeoise de Stockholm. Mais le revers de fortune de Léonard et l'installation à Meudon va sonner le glas de ce bonheur.

Sans tomber jamais dans la facilité du trio amoureux, ni des amours ancillaires classiques, l'auteure nous fait partager toutes les ambiguïtés des sentiments, des attirances, de l'attachement, du jeu de pouvoir des uns sur les autres. A travers le quotidien des deux femmes, des deux amies qu'elles deviennent peu à peu à la faveur des très nombreux déplacements du maître de maison, c'est aussi toute une société bourgeoise de la fin du XIXème siècle qui est dépeinte. Toute une ambiance, une atmosphère, magistralement servie par l'élégance du style, par une exigence, par une fausse simplicité d'écriture qui donne à ce texte triste voire douloureux un éclat d'une particulière beauté.

 

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04 mars 2018

Sorj Chalandon : "Le jour d'avant"

Sorj CHALANDON : "Le jour d'avant"

 

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Le grisou n'est pas une fatalité. Et pourtant le 27 décembre 1974 dans la fosse de St Amé, c'est lui qui va tuer 42 mineurs. Les mineurs du Nord, laborieux et silencieux, aristocrates du prolétariat ouvrier, savent que la mine va la dévorer. Tôt ou tard, et bien au-delà de la fatalité du grisou, ils seront mangés, usés, silicosés, rompus, détruits.

Alors, pourquoi, 40 ans plus tard, Michel, dont le frère Joseph a été victime de la catastrophe, remue t-il tout ce passé ?  Cherche-t-il à venger son frère, et à travers lui toutes les victimes ? Cherche-t-il à comprendre ? A exorciser le mal ? A se reconstruire, lui qui n'a connu la catastrophe qu'indirectement, lui, fils de paysans, lui qui ne voulait pas travailler la terre mais qui se destinait à rejoindre la troupe noire des abatteurs et des boiseurs par 600 mètres de fond ?

Sorj Chalandon, dans ce roman remarquable, nous conduit, à travers les arcanes tortueuses de l'esprit de Michel, dans cet univers où se mêlent les souffrances silencieuses, le devoir accompli et la fierté, revenant peu à peu sur les évènements du jour d'avant, c'est à dire du 26 décembre. Qui mystifie qui dans cette histoire ? On découvre au fil du récit la réalité des évènements. Mais de quelle réalité s'agit-il ? Celle de Michel ou celle de l'imaginaire collectif construit à partir d'images issues de "Germinal" ?

Le lecteur se laisse emporter, berner même, par le brio de la construction. Bravo !

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07 février 2018

Florent Oiseau : "Paris-Venise"

Florent OISEAU : "Paris-Venise"

 

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Quand Masse Critique a proposé ce roman, mon sang n'a fait qu'un tour dans mon cerveau, car, il y a un an, pour aller à Venise, j'ai voyagé dans ce train. Et quel train !

Il était donc facile à la lecture de bien entrer dans l'ambiance, dans l'attente au départ gare de Lyon à cause du retard, dans le froid des compartiments, les passeports donnés, les couchettes tout sauf confortables, les autres voyageurs, la promiscuité, le bruit ... bref, un beau voyage. Et tout ça pour une arrivée à Venise, sous la lumière du matin, qui donne une vision féerique de la Cité pour qui y pénètre pour la première fois.

Ici, c'est Roman que l'on suit, couchettiste dans l'équipe de nuit. C'est donc l'envers du décor qui est montré.

Roman qui galère dans sa vie, en banlieue, en perpétuelle difficulté financière, voit ce travail ingrat et pas bien payé comme une planche de salut. Il s'y jette à fond. Consciencieux, rigoureux, scrupuleux. Mais ce train, c'est pas l'Orient-Express, surtout dans le sens du retour, et il charrie nombre de voyageurs dont le but n'est pas le tourisme. D'ailleurs les voitures du fond sont surnommées "bledard-land", occupées par des migrants plus ou moins en règles et avec plus ou moins de titres de transport qui cherchent à rejoindre Paris depuis Milan.

Paris-Venise, c'est la rencontre des travailleurs pauvres avec des gens encore plus pauvres et toutes les magouilles que sous tendent ces conditions. D'un côté ceux qui cherchent à passer et qui sont près à payer alors qu'ils n'ont rien, et de l'autre ceux qui sont près à tout accepter pour arrondir les fins de mois ... Et bien d'autres qui profitent de la nuit pour dérober les quelques valeurs des touristes plus fortunés ...

Que faire de ses principes dans ce contexte ? Apparemment nombre de collègues vivent de ces combines. Est-ce aussi le cas de Juliette, dont Roman peu à peu tombe amoureux ?

Ce roman de la vie quotidienne actuelle, plein d'humour et à l'écriture très imagée, donne le sourire. Il évoque l'espoir, et c'est ça qui donne un sens au voyage.

Bonne nuit dans le Paris-Venise !

 

 

 

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29 janvier 2018

Marie Darrieussecq : "Le Pays"

Marie DARRIEUSSECQ : "Le Pays"

Le pays

Quel lien entretient-on avec son Pays, le Pays de sa naissance, de ses aïeux, lorsque nous l'avons quitté depuis longtemps et que les ancêtres sont décédés ? La naissance rattache au Pays, la langue aussi, les traditions transmises, l'histoire, voire la géographie, le climat, la flore ...

Chacun d'entre nous a ce lien qui le tient plus ou moins fortement. Même dans ce monde globalisé, universel et par bien des aspects uniforme, il reste un petit bout de fil rattaché à la grosse pelote, fil qui conduira aux racines profondes, aux sources.

La vie prend sa source au plus profond de l'être. La narratrice, enceinte, quitte Paris pour revenir au Pays de sa naissance, de son enfance. Son Pays qu'elle ne connaît presque plus, son Pays qui ne la reconnaît pas, et qu'ils doivent mutuellement apprivoiser.

Et ainsi, de fil de pensées en fil de pensées, l'auteure tisse sa toile, mêlant les voix, alternant les faits quotidiens et la hauteur de réflexion, pour un récit décousu, comme spontané, mais à la portée symbolique forte. Famille, filiation, morts, mémoire ... des thématiques qui touchent. Et cette évocation du vieux Pays, même fictionnée, qui titille la fibre de qui y est né et a perdu l'attache filiale.

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27 novembre 2017

Alice Zeniter : "L'art de perdre"

Alice ZENITER : "L'art de perdre"

 

L'art de perdre

Tout récemment couronnée du Goncourt des Lycéens, cette saga familiale s'étend sur trois générations de part et d'autre de la Méditerranée. Ali, Hamid et Naïma forment la colonne vertébrale de cette famille qui représente tout ce que la France et l'Algérie ont vécu de la fin des années 20 à nos jours. C'est l'histoire d'un destin commun, certes, mais qui n'a rien d'uniforme, ni d'unique. Quelle que soit la génération les relations sont faites d'ambigüités, de difficultés de compréhension et d'interprétations.

Quand Ali, exploitant d'oliveraie et producteur d'huile, s'engage dans l'armée française au moment de la campagne d'Italie en 1943 il ne se doute pas qu'il va façonner le futur de sa famille sur plusieurs générations, qu'il va perturber la construction de l'identité de chacun de ses enfants et petits-enfants. Engagé dans un harka il devient harki.

Alice Zeniter dissèque la vie quotidienne de ces hommes et femmes ballotés dans l'espace (entre Palestro, Rivesaltes, Flers et Paris) et dans leur identité (algérienne, française, musulmane, athée, immigrée) et nous conte l'histoire récente de notre propre pays entre liens du sang et liens du sol. Une histoire portée par des personnages profonds et attachants, avec leurs faiblesses et leurs incertitudes.

Très bien écrit, agréable à lire et très évocateur, le récit nous apporte un éclairage particulier sur la société franco-algérienne actuelle, sur le questionnement des jeunes générations, sur les difficultés de l'intégration, sur le retour du fait religieux. Il pose également bien la question universelle de la construction de l'identité, de notre lien au sol de nos ancêtres, à ce qui nous rattache, ou pas, à un territoire, à une histoire.

 

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(Harkis au camp de Rivesaltes)

 

 

 

 

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09 novembre 2017

Eric Vuillard : "L'ordre du jour"

Eric VUILLARD : "L'ordre du jour"

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Fraîchement couronné du prix Goncourt, ce court récit dissèque un moment de l'histoire, analyse un phénomène. Eric Vuillard m'avait déjà fortement marqué avec son "Tristesse de la terre". Ici, il nous entraîne dans les entrailles du pouvoir en Allemagne au moment de l'Anschluss autour du 12 mars 1938 et nous décrit le rôle joué par les grands industriels dans la montée, la propagation et le développement du nazisme à partir de 1933.

Il y a chez Vuillard quelque chose de Stefan Zweig. En effet, il ne se contente pas de décrire les faits, mais en tire des réflexions et finalement nous interroge. Il a une propension incroyable en partant du particulier à questionner l'universel. C'est épatant !

Dans les couloirs, les bureaux feutrés, dans les salles à manger, les hommes de pouvoir se rencontrent, échangent, la politique se fait. Les jeux de pouvoirs et d'influences se mettent en place. Et la guerre aussi. Pas toujours aussi bien que ce que les images d'information ou de propagande laisseront en témoignage. Les sources sont biaisées, il faut s'en méfier, les interroger. L'écrivain ici interprète, nous parle, nous offre une vision de l'événement. Et comme c'est très bien écrit, avec un vocabulaire parfois recherché, ce récit est à la fois limpide et percutant.

 

 

 

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04 novembre 2017

Brigitte Giraud : "Un loup pour l'homme"

Brigitte GIRAUD : "Un loup pour l'homme"

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Autour d'Antoine, jeune appelé, infirmier vite formé et envoyé en Algérie dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre en 1960, tournent deux autres personnages. Lila, sa femme, vite épousée et qui attend un enfant, et Oscar, un soldat blessé, amputé, tiraillé.

Dans une Algérie peinte sans folklore et avec un regard aiguisé, l'auteure nous invite à rejoindre la troupe. On entre dans les baraquements, on dîne à l'odinaire, on va au rapport et on participe aux opérations, on guette les insurgés, on a peur, on panse les blessés. Mais pas seulement, on partage aussi la vie de tous les jours, celle des habitants, la vie simple des gens, des européens et des algériens.

A travers les trois personnages et leurs relations, c'est aussi l'amour dans ces temps agités qui est relaté. L'amour d'Antoine pour Lila perturbé par l'irruption d'Oscar dans sa vie. La relation entre les deux hommes se tisse lentement, patiemment, comme une source de rémission qui distille peu à peu sa prophylaxie. Dans cette ambiance de plus en plus lourde, de plus en plus incertaine, c'est un point d'accroche, une main tendue, une nécessité.

Sans jamais céder sur le fond, Brigitte Giraud nous dépeint une Algérie prise dans ses contradictions qui la conduiront à la déchirure brutale de 1962.Et comme c'est à travers le regard de jeunes appelés du contingent, des jeunes qui rêvaient de jeunes filles, de danse et de musique et d'insouciance, c'est avec une certaine neutralité que l'on comprend bien qu'il n'y a pas un camp du bien et un camp du mal. Et finalement c'est un berger du djébel qui nous l'apprendra.

 

Merci aux éditions Flamarrion pour ce roman lu dans le cadre des MRL17 de PriceMinister.

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26 octobre 2017

François-Henri Désérable : "Un certain M. Piekielny"

François-Henri DESERABLE : "Un certain M. Piekielny"

 

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Au chapitre VII de "La promesse de l'aube" Romain Gary indique que lorsqu'il vivait à Vilnius avec sa mère, habitait dans le même immeuble qu'eux un certain Monsieur Piekielny. On est là entre les années 1921 et 1925. Romain ne s'appelle encore Romain, mais il fait la promesse de dire aux grands de ce monde que "au numéro 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilmo, habitait M. Piekielny".

Partant d'une phrase, le narrateur-auteur-enquêteur, part à la recherche de ce mystérieux M. Piekielny.

Ce roman est le prétexte à courir trois lièvres tous aussi passionnants les uns que les autres. D'abord il y a la vie de Gary, l'homme au destin extraordinaire, écrivain, aviateur, ambassadeur, grand mystificateur ... Ensuite il y a, à travers Piekielny, la vie et le sort de tous les juifs de Lituanie dans la période allant de 1921 à 1941 et au-delà. Enfin, il y a la littérature, les personnages, et le rapport qu'ils entretiennent  avec la réalité.

Mené de main de maître, le récit est structuré en trois parties, et 147 chapitres, dont certains de quelques mots seulement. C'est vivant, c'est souvent drôle, c'est fouillé et de surcroît fort bien écrit. Tous les faits se croisent, s'interpellent, s'entrechoquent entre la vie réelle de Gary, ses rencontres, son travail d'écrivain, et l'enquête qui nous mène à la fois sur le terrain et dans l'analyse exégétique des écrits et des sources du romancier.

C'est un voyage dans la littérature qui nous est proposé, un voyage rempli de réflexions sur le mensonge, la vérité, la fiction, le témoignage. Comme si, à travers M.Piekielny, comme à travers la contre-enquête de Kamel Daoud, le personnage de roman détenait une part de la vérité de l'existence humaine et nous la révélait.

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(statue de Romain Gary enfant, devant son domicile à Vilnius)

 

 

 

 

 

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17 octobre 2017

Yannick Haenel : "Tiens ferme ta couronne"

Yannick HAENEL : "Tiens ferme ta couronne"

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On continue avec les livres de la rentrée littéraire 2017, et plus particulièrement avec les élus de la sélection Goncourt.

Difficile de se forger une opinion à la lecture de ce roman. L'idée de départ est celle d'un écrivain qui vient de rédiger un scénario sur la vie d'Herman Melville et qui cherche à le faire produire. Une oeuvre magistrale. Et on suit les tribulations farfelues de cet alcoolique, qui reste des journées entières vautré sur son divan lit à regarder des films de Cimino ou Coppola en buvant force vodka. Ça part comme un roman de John Irving et on est emporté.

Mais rapidement tout s'embrouille. Le texte prend la forme d'une mosaïque, des morceaux viennent se coller les uns aux autres, le dalmatien du voisin, une concierge, un maître d'hôtel, Isabelle Huppert, une Diane chasseresse ... et l'ivresse, la folie ... sans qu'on arrive à bien en comprendre le sens. Du cinéma (et notamment "Les portes du Paradis" qu'il faudra revoir) on glisse dans la mythologie, comme on passe d'Ellis Island à la course poursuite effrénée et nus dans le musée de la Chasse.

Yannick Haenel maîtrise sa narration et le style est recherché, travaillé, mais c'est le tout qui m'a heurté, qui m'a échappé. Comme le sens caché de "Moby Dick" ou de "Voyage au bout de l'enfer" qu'il faut trouver et qui, seul, donne la clé de l'oeuvre. Dommage. Je reste avec cette tiédeur sans avoir été emballé.

 

 

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05 octobre 2017

Kaouther Adimi : "Nos richesses"

Kaouther ADIMI : "Nos richesses"

Nos richesses

"Un homme qui lit en vaut deux" voilà la devise de ce roman qui fait l'éloge de la littérature, du livre, de l'écrit et de la lecture. 

Le point de départ est la fermeture de la librairie "Aux vraies richesses" sise 2 bis rue Hamani, ex rue Charras, à Alger, qu'il convient de vider et de transformer en commerce de beignets, en street food. C'est une librairie qui appartient à son fondateur, Edmond Charlot, idéaliste hyperactif désargenté, mais aussi aux habitants de la rue Hamani, aux habitants d'Alger et de l'Algérie, européens ou indigènes, à la France universelle et finalement à l'humanité toute entière. "Nos richesses" parce que les vraies richesses nous appartiennent, à nous qui avons la chance de savoir lire et de pouvoir en profiter.

Récit multiforme, le roman retrace l'action d'Edmond Charlot dans cette Algérie coloniale, un homme qui va suivre son idéal à travers les époques, des années 30 à la guerre de 39-45 et de l'après guerre à la décolonisation. Il n'aura de cesse de mettre en avant,en prenant tous les risques, des auteurs, des amis, des coups du coeur. Et à travers les carnets, on croise Camus, inévitablement, mais aussi Gide, Giono, Bosco, Vercors etc ... une époque, une génération.

Mais au-delà de l'aventure personnelle de Charlot, c'est toute l'Algérie qui vibre, qui bouillonne et qui va exploser.

Un roman court, certes, dont la lecture est aisée mais qui va en profondeur. Quel talent !

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(La librairie Les Vraies richesses, après qu'elle ait été plastiquée. Photo DR)

 

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