07 avril 2013

Mo Yan : "Le veau"

Mo YAN "Le veau" suivi de "Le coureur de fond"

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Publié en 1998, mais seulement en 2012 pour la traduction française, voici un recueil de 2 nouvelles qui se situent dans la Chine agricole des années 1968. Toutes les deux sont excellentes et le regard de l'auteur (et du narrateur) sur la vie dans son pays à l'ère du communisme triomphant est remarquable et plein d'humour et de tendresse. 

"Le veau" nous emmène dans ce village agricole où trois veaux vont se faire châtrer et où le jeune narrateur espère pouvoir manger une portion de testicules frits préparés par sa tante. Mais on lui confie la garde des veaux, pendant que les adultes partent partager les agapes. Le jeune homme va alors se poser des questions et entrer en communication avec les veaux ... et si les veaux révélaient leur côté humain alors que les hommes révèlent leur bestialité ? 

Un conte à la fois cruel et drôle écrit dans une langue truculente (merci à la qualité de la traduction) qui cache entre les mots un regard à la fois acéré et caustique. Un réel moment de plaisir. 

"Le coureur de fond" raconte (toujours à travers le regard d'un adolescent) l'histoire de l'instituteur du village qui va être amené à participer à une épreuve sportive organisée par le village. L'auteur dresse ici un autre portrait de la vie rurale à cette époque (1968 -1970) et met en scène les droitiers (en cours de redressement en camp de travail) dont l'influence sur le développement  des campagnes ne sera pas négligeable. 

Ce conte, plus court, est moins abouti que le précédant, mais ne manque pas d'humour non plus, notamment à travers les portraits qu'il dresse. 

Mo Yan, un auteur à suivre et à recommander. 

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18 janvier 2013

Mo Yan : "La belle à dos d'âne dans l'avenue de Chang'an"

MO YAN : "La belle à dos d'âne dans l'avenue de Chang'an"

 

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S'il n'avait été lauréat du prix Nobel de littérature en 2012, je pense que je n'aurais pas été attiré par Mo Yan cet écrivain chinois. Mais voilà, comme quoi un peu de reconnaissance internationale peut attiser la curiosité. Il en va de même (entre parenthèse) pour Haruki Murakami (japonais cette fois) que je me suis promis de découvrir en 2013. 

Revenons à cet ouvrage. 

Il ne s'agit pas d'un roman, mais d'un recueil de quatre nouvelles, publié en France en 2011. 

On est là dans  un monde fantastique où les situations les plus quotidiennes se trouvent dérangées par des phénomènes tout à fait  extraordinaires. Comme Han Qi qui en rentrant du travail croise une jeune fille en robe rouge juchée sur le dos d'un âne noir et suivie d'un chevalier en armure, tout ça dans le flot de circulation de Pékin. Ou bien ce jeune militaire qui se rend dans son village pour épouser sa promise et qui rencontre en chemin une jeune fille qui tient un bouquet de fleur accompagnée par un chien. Mo Yan nous conte ces hommes attirés par la beauté des femmes, cette fascination étrange et irresistible.

Les deux autres nouvelles mettent en scène des enfants. Les textes sont plus durs (notamment le dernier : "les poucettes"), plus cruels, et abordent l'injustice et la lâcheté. 

Avec un style très poétique, (bravo au passage à la traductrice) ces contes sont comme des rêves où se mêlent les couleurs, les odeurs, les lumières, des rêves envoûtants qui virent au cauchemar et qui touchent le lecteur au plus profond. 

En lisant, je n'ai pu m'empêcher de penser aux contes fantastiques de Selma Lagerlöf. 

Pour une découverte de Mo Yan, c'est une réussite. Promis, il ne va pas se passer longtemps avant qu'un autre roman ne vienne se déposer sur la table de chevet porté par un vent d'est frais et revigorant.

Posté par fran6h à 09:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]