12 février 2016

Mary Relindes Ellis "Bohemian flats"

Mary Relindes ELLIS : "Bohemian Flats"

bohemian flats

Mary Relindes Ellis aime le Wisconsin, aime cette terre profonde, ce creuset de l'Amérique, ce territoire hostile, anti eldorado, qui s'est construit par une subtile alchimie d'hommes rudes, durs au mal, venus exploiter les forêts et les terres au début du XXème siècle. Ces hommes sont des "natifs" indiens Chippewa, des français installés là depuis longtemps et des fermiers allemands ou suédois fraîchement débarqués.

Si ce roman a en partie pour cadre le Wisconsin, l'élément fédérateur de tout le récit sont les "Flats" de Minneapolis (Minnesota). Les Flats c'est un quartier fait de baraques et qui abrite tous les migrants d'Europe centrale et septentrionale que la société américaine accueille pour travailler dans les usines. Se forme là une micro société hétéroclite, faite de langues, de coutumes, de croyances diverses, un agrégat de destins individuels, tolérant et solidaire, venus chercher le rêve américain. Mais c'est aussi un territoire de parias de la société, de bohémiens, pas encore égaux aux autres américains.

Ici c'est de l'émigration allemande dont il est question, à travers les enfants des familles Richter et Kaufmann d'Augsbourg près de Munich que l'on suit sur presque cent ans. Et notamment Raimund qui va quitter sa terre natale pour, le premier, venir s'installer dans les Flats. C'est au moment où l'Allemagne se construit, par son unification, au moment où elle rêve de grandeur par son développement culturel et social, au moment où l'on voit poindre les ambitions belliqueuses tant en interne (opposition des catholiques et des socialistes) qu'à l'extérieur, qu'Albert (le frère de Raimund) et sa femme Magdalena, comme nombre d'allemands, vont chercher à construire leur vie de l'autre côté de l'océan, répondant aux appels de cette nouvelle nation qui offre des terres à qui voudra bien les cultiver.

Et nous sommes là à quelques années d'une guerre qui sera d'abord européenne avant de devenir mondiale. En prêtant serment à la bannière étoilée pour combattre, les jeunes allemands espèrent rompre enfin l'espace qui les sépare d'une réelle citoyenneté américaine. C'est le combat entre le passé, les racines et le futur, l'avenir qui s'incarne ici à travers les destins singuliers de cette famille.

Mary Relindes Ellis aime aller en profondeur, le roman est parfaitement documenté, les personnages s'inscrivent avec force dans la société dans laquelle ils vivent, mais l'écriture manque parfois de la puissance évocatrice que l'on avait tant aimé dans son premier roman.

 

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25 janvier 2016

Chreyl Strayed "Wild"

Cheryl STRAYED "Wild"

 

Wild2

Traverser les Etats-Unis du sud au nord, à pied, seule,  le long du Pacific Crest Trail (PCT), voilà le défi que se fixe Cheryl à un moment où sa vie a perdu ses peu de repères et oscille entre drogue et sexe. Cheryl sent qu'elle a besoin de se trouver, elle cherche quelque chose mais ne sait pas vraiment quoi. Cheryl qui tombe un peu par hasard sur le guide de la randonnée du PCT. Cheryl, à la vie décousue, avec aucun antécédent sportif, décide de relever ce défi.

Et quel défi !

Le chemin sera long, le physique en prendra un coup, le mental aussi. Les pieds souffrent, le dos est en compote, les jambes n'en peuvent plus. Mais c'est l'âme qui se réveille peu à peu. C'est Cheryl qui se révèle à elle-même pendant ces trois mois de marche sur les crêtes, tantôt écrasées de soleil, tantôt enneigées.

Et la nature omniprésente. Mais ce chemin de reconquête personnelle sera aussi celui des rencontres, des amitiés cimentées à tout jamais par l'aventure extraordinaire de cette traversée au long cours.

Au bout du chemin c'est une autre vie qui commence ... une renaissance.

Écrit à partir du journal de bord qu'elle a tenu pendant sa randonnée, ce récit est captivant. On pourrait croire qu'il ne se passe rien, puisque marcher c'est juste mettre un pied devant l'autre et recommencer, mais l'auteure nous transporte avec elle, dans son sac monstrueux, dans son corps, dans son esprit. Dans ses joies et dans ses doutes. On vit l'aventure, on prend le grand air, on entend les animaux sauvages, on sent le vent frais qui cingle nos joues et on s'interroge nous aussi.

Bien sûr, il y a eu des tas de récits de marches, notamment par des randonneurs de Compostelle (je garde un souvenir ému de Paolo Coelho), mais là on est ailleurs. D'un point de vue géographique certes, mais aussi parce que ce n'est pas à proprement parler le spirituel qui guide les pas.

Un grand moment.

Reese Witherspoon in WILD

 

 

 

 

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21 décembre 2015

John Irving : "L"hôtel New Hampshire"

John IRVING : "L"hôtel New Hampshire"

hotel new hampshire

Avec Irving je continue la découverte des grands romanciers américians (après Thomas Pynchon et Joyce Carol Oates) et là on a affaire à un grand roman, une épopée familiale à la fois burlesque et grave.

John Berry nous conte l'histoire trépidante de sa famille, depuis la rencontre de ses parents, quelque part dans le Maine,  la naissance des frères et soeurs (Frank, Franny, Lilly et Egg),  le grand-père, le chien, Freud et l'ours. La vie de famille se réalise à travers le rêve du père : tenir un hôtel. L'hôtel New Hampshire.

En fait d'hôtel il y en aura trois, au gré de circonstances qui poussent à déménager et à entraîner tout ce petit monde. La famille est attachante, les péripéties sont grandioses, chacun se respecte, s'apprécie, s'aime ... Quel bonheur !

Mais la vie de la famille, si belle soit t-elle est aussi marquée par les drames. A travers le regard évoluant du jeune John, on passe du rire aux larmes. et  les préoccupations adolescentes prennent aussi une part importante de cette histoire.

Même si le rythme se ramollit un peu dans la deuxième partie du roman, et si l'épisode viennois présente quelques longueurs, le lecteur est emporté par ce récit foisonnant. Comment ne pas jalouser ces êtres capables de tout pour donner corps à leurs rêves ?

 

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25 août 2015

Joyce Carol Oates : "Maudits"

Joyce Carol OATES : "Maudits"

Maudits

Encore du grand Oates avec ce "Maudits" qui nous plonge dans le Princeton de 1905 sécoué par d'étranges événements. Annabel Slade enlevée le jour de ces noces, alors que quelques jours auparavant l'ancien président Groover voit sa fille morte sur le toit de sa maison, comme si le "malin" s'acharnait sur cette communauté presbytérienne qui jouit d'influences et de pouvoirs sur l'ensemble des États-Unis.

Dans ces États-Unis, la religion influence et pour ainsi dire dirige l'ensemble de la vie, qu'elle soit personnelle, sociale ou politique. Elle irrigue la société entière, cette société nouvelle créée par les premiers colons libérés du joug britannique, cette société émancipatrice à condition d'être blanc, anglo-saxon et protestant. C'est cette société, bâtie selon les préceptes de Dieu, qui au début du XXème est heurtée de plein fouet à l'intérieur (par la libération des esclaves notamment) et par l'extérieur (par l'arrivée massive d'ouvriers immigrés illettrés, catholiques d'Italie ou d'Europe de l'Est) alors que naît et croît un mouvement socialiste qui cherche à ébranler les fondements mêmes de cet édifice divin.

Car Princeton, à ce moment là, est un concentré de l'histoire américaine, avec son université influente dirigée par Woodrow Wilson, les luttes intestines entre les professeurs ambitieux, les vieilles familles conservatrices et les porteurs des idées nouvelles (London, Twain, Sinclair).

Joyce Carol Oates nous offre un roman multiple, où les visages du mal sont eux aussi multiples, parfois cachés dans les détails mais souvent décrits à grands traits. On navigue entre réalité sociale et malédiction satanique dans une profusion lyrique, une construction millimétrée et une puissance narrative époustouflante.

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(Université de Princeton, vers 1895)

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18 mai 2015

Thomas Pynchon : "Vice caché"

Thomas PYNCHON : "Vice caché"

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Attention déjantage garanti ! Tout est dans le cocasse,le cynique, la dérision, la fantaisie. Un polar noir qui n'est ni un polar, ni noir.

A Los Angeles en l'an 1970, les hippies ont envahi la ville, et la plage surtout. Et parmi eux, Doc Sportello, détective de son état et grand fumeur d'herbe est mandaté par Shasta une ancienne compagne pour enquêter sur la disparition de Mickey Wolfman, un millairdaire qui se serait fait enlever. Un des hommes de Wolfman qui traficote avec les néo-nazis se fait descendre et Shasta elle même disparaît. Doc Sportello doir remuer tout ce merdier pour tenter d'y voir clair, entre deux hallucinations. Mais il n'est pas seul sur le coup car le flic Bigfoot (un ami ? un ennemi ? ) qui déteste les hippies, en sait plus qu'il ne veut bien le dire.

De situations cocasses, en dialogues acérés, l'action suit son cours, sans répit. Et comme toujours avec Pynchon, les digressions sont nombreuses, les personnages plus tordus les uns que les autres ...  et même s'il n'y a que 347 pages, on peut s'y perdre. Le lecteur peut être facilement décontenancé.

On rigole parfois, mais en finesse toujours, Bref, un bon roman qui retrace avec acuité la vie à Los Angelès dans les années '70 entre surf, musique, sexe et drogues. Le tout agrémenté de trafics divers, de meurtres, de perversions et de prévarication.

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16 février 2015

Joyce Carol Oates : "Mudwoman"

Joyce Carol OATES : "Mudwoman"

Mudwoman

Renaître du marais, de la boue. Voilà le destin de cette fillette que sa mère a abandonnée dans la fange humide pour y mourir. Récupérée par un braconnier, elle sera confiée à une famille d'accueil avant d'être adoptée par une famille de quaker qui lui donnera affection et éducation.

Mais peut-on jamais en sortir ?

Étudiante brillante, elle devient rapidement professeur à l'université et à tout juste quarante ans elle se voit confier la présidence de cette même université. Brillante ! Meredith Ruth Neukirchen inspire l'admiration de beaucoup, la jalousie de certains et la haine de biens d'autres. 

Lors d'un déplacement pour un colloque, la voilà qui, au-delà de toute logique et de toute raison, loue une voiture pour se rendre sur les lieux de son passé. A la recherche de cet événement tragique d'il y a trente cinq ans, à la recherche de son moi profond, de celui de "Mudgirl" la fille de la boue.

Meredith, la femme forte, brillante, volontaire et battante, va alors percuter son passé, et "Mudgirl" qui sommeille en elle va la transformer en"Mudwoman".

Le récit, brillamment mené, nous emmène en même temps que dans les profondeurs de l'âme, dans les profondeurs de la société américaine. Cette société intellectuelle divisée par le clivage sur la guerre au terrorisme, entre le maintien d'une Amérique aux valeurs traditionnelles (blanche, chrétienne, hétérosexuelle, sécuritaire) et la perspective d'une Amérique plus ouverte, progressiste et tolérante. Cette société intellectuelle où l'université cristallise toutes les perversions, tous les jeux de pouvoirs, toutes les manigances.

Mais la force du récit vient aussi d'une plongée abyssale dans l'âme de Meredith, avec les doutes qui pointent, les troubles qui sommeillent, les délires qui apparaissent. Et là c'est tout un monde qui s'ouvre, un malaise qui croît, et que l'auteure installe sciemment et avec brio.

Le récit est captivant, le style est recherché, la narration faite de plusieurs flash backs happe le lecteur. Bref, un très grand roman.

Autant j'avais eu du mal avec cet auteure lors d'une première expérience avec "Délicieuses pourritures" autant ce roman me réconcilie et m'incite à poursuivre ma découverte de Joyce Carol Oates, une grande parmi les grands.

 

 

 

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20 janvier 2015

Thomas Pynchon : "Fonds perdus"

Thomas PYNCHON "Fonds perdus"

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Thomas Pynchon est considéré comme un écrivain majeur de la littérature US de la deuxième moitié du XXème siècle. Mais ce roman là, n'est certainement pas significatif.

New-York printemps 2001, Maxine Tarnow, ex-inspectrice des fraudes sans licence (sorte d'expert-comptable), se retrouve à enquêter sur une société informatique qui a étrangement survécu à l'éclatement de la bulle Internet. Pour découvrir comment et pourquoi des flux occultes d'argent circulent à partir et vers cette société, elle va devoir plonger dans le Web profond.

Lecteurs paranoïaques vous allez vous régaler !

L'enquête nous mène, à travers une galerie de personnages farfelus et complètement déjantés, dans le grand complot. Comme si un lien évident existait entre l'achat de kilomètres de fibres optiques et l'attentat du 11 septembre. Toute une toile qui se tisse autour de cette fameuse société et le pouvoir se joue au fin fond du Web, dans cet espace médian, ni blanc ni noir ni gris, où le réel et le virtuel se côtoient et se mélangent.

Non sans humour et truculence, l'auteur décortique aussi New-York, son paysage, sa population, son rythme, sa pulsation.

Mais le récit n'est pas fluide. Le style, recherché certes, accroche. La lecture est difficile, hachée, voire fastidieuse par moments. C'est dommage, car la matière est là.

Il faudra que je tente autre chose de Pynchon, pour me forger une opinion. Peut-être "L'arc en ciel de la gravité".

 

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17 décembre 2014

Ransom Riggs : "Miss Peregrine et les enfants particuliers"

Ransom RIGGS : "Miss Peregrine et les enfants particuliers"

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Voila un univers étrange et fascinant à la fois. En Floride, Abe, le grand-père, raconte des histoires à Jacob, son petit-fils. Ces histoires extraordinaires et incroyables, qui relèvent plus d'un délire de vieux sénile que d'un conteur, lassent le jeune homme. Et pourtant, témoin de la mort atroce de son grand-père, Jacob comprend qu'Abe essayait de lui révéler une vérité au-delà des apparences.

La vérité de son grand-père se trouve sur une île du Pays de Galles, où il s'est réfugié en 1940, fuyant la Pologne sous occupation nazie. Dans cette île se trouve une maison pour enfants orphelins sous la bonne garde de Miss Peregrine.

A partir de quelques photos et d'une lettre découverts dans les affaires de son grand-père, Jacob part à l'aventure, à la recherche du passé .

Transporté dans un imaginaire fantastique, le lecteur est alors captivé par les découvertes successives du jeune Jacob. Malgré une certaine lenteur à se mettre en place, l'intrigue se noue peu à peu. On fait la connaissance de personnages biens "particuliers" et les photos qui agrémentent le texte confèrent une dimension réaliste au récit. Bravo pour la trouvaille.

Contrairement à ce qui est indiqué en quatrième de couverture "Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante. Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l'enfermement et l'immortalité", ce roman ne fait pas réfléchir sur le nazisme et la persécution des juifs même de façon parabolique. En revanche, si le contexte est bien en lien avec des évènements historiques liés à la seconde guerre mondiale, il s'agit bien d'un roman d'aventure avec ses angoisses, ses batailles, ses rebondissements, ses émotions et ses sentiments, où le thème du temps est largement exploité, soit à travers sa transmission (le lien inter-générationnel) soit à travers sa relativité :le temps est il le même pour tous ? 

Finalement, je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé, probablement dû au décalage avec la cible visée par l'auteur.

 

 

 

 

 

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28 juillet 2014

Mark Twain : "Les aventures de Huckleberry Finn"

Mark TWAIN : "Les aventures de Huckleberry Finn"

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En ce début d'été, je replonge dans la littérature du XIXème siècle avec ce roman américain, de nos jours étiqueté "jeunesse", mais qui reste un roman d'aventures encore actuel.

Avec Huckleberry Finn, Mark Twain conduit une réflexion sur le racisme, à travers l'escalvage,  et dépeint la société américaine de l'époque telle qu'elle était. Mais il conte aussi l'amitié, et c'est une valeur qui est ici mise en valeur tout au long de l'aventure.

Bien sûr il y a l'amitié entre le héros et Tom Sawyer, mais peu à peu va naître et  croître une amitié sans faille entre le héros et Jim le négre, l'esclave en fuite. Huck fuit lui aussi, il cherche à échapper aux méthodes éducatives brutales et à l'alcoolisme chronique de son père. Tout au long du Mississipi, du nord en mouvement  vers le sud dans son immobilisme, le long des méandres du fleuve, les fuyards feront des rencontres des plus étonnantes, vivant parfois du travail parfois de rapines. L'aventure est toujours teintée avec un fond de sagesse et de réflexion qui donne à ce texte sa profondeur, et qui montre un jeune garçon en construction. Un roman d'éducation certes mais qui s'inscrit dans son temps, et que l'on peut rapprocher par bien des aspects de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper Lee.

Un roman jeunesse à mettre entre toutes les mains.

 

 

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12 juillet 2014

Dennis Lehane : "Un dernier verre avant la guerre"

Dennis LEHANE : "Un dernier verre avant la guerre"

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Dans le Boston des années 1980, Dennis Lehane installe ses personnages récurrents : Patrick Kenzie et Angie Gennaro sur fond de lutte entre gangs.

Commandités par un sénateur les détectives partent à la recherche de documents volés par une femme de ménage noire et qu'il convient de retrouver et de restituer.

Et les choses vont se gâter. Les balles vont fuser, les coups partir dans tous les sens, la ville se retrouver sans dessus dessous, en proie à une guerre sans pitié dans le bas fond de la ville, dans les ghettos où vivent les populations noires, les exclus du rêve américain. Les rapports sociaux - raciaux sont bien analysés et permettent d'éclairer ce récit bien sombre.

Non sans humour, et avec une écriture vive et efficace, l'auteur nous entraîne dans les entrailles pestilentielles de Boston, là où se rencontrent les politiques et les terroristes de rue. Mais aussi où les affaires personnelles ressurgissent et où chacun voit son passé remonter.

Beaucoup d'action donc, mais aussi beaucoup de soins à présenter les personnages et la ville. Pour un peu, on suivrait à la trace sur l'ordinateur les pérégrinations des héros.

Du point de vue du suspens on attendrait mieux, et les clichés ne sont pas absents, mais globalement si l'on considère que c'est le premier d'une série il donne plutôt envie de lire les autres opus.

 

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