16 janvier 2018

Joyce Carol Oates : "Bellefleur"

Joyce Carol OATES : "Bellefleur"

 

Bellefleur

Le manoir des Bellefleur, c'est cette demeure familiale qui abrite depuis des générations la famille Bellefleur. La famille qui règne sur ce territoire et qui va traverser le temps, entre fortunes et infortunes, malgré la malédiction qui pèse sur elle.

Établie depuis la fin du XVIIIème siècle dans le territoire du Nord de l'Etat de New-York, au moment où il faut rejeter les anglais et marquer la frontière avec le Canada, sur ce territoire peuplé de tribus indiennes qu'il conviendra également de repousser. Jean-Pierre achètera à bas prix des milliers d'hectares de bois, de marais ... des colonies s'installent, des familles prospèrent, des jalousies naissent.

Aidée par un arbre généalogique placée au début du livre, le lecteur suit le récit de la vie de chacun des membres de cette longue lignée. On est baigné dans cette ambiance si particulière des environs, par le manoir lui-même, par une nature à la féerique et terrifiante, par des ambitions personnelles, par le souci de préserver la famille, par la vengeance qui sous tend le fil du temps.

Joyce Carol Oates ne nous livre pas un récit chronologique. Chaque chapitre nous éclaire sur un aspect, une personne, un moment, un lieu, un lien particulier. Et de façon extrêmement approfondie, creusée, ouvragée, méticuleusement et rigoureusement racontée, l'histoire se met en place. On remonte peu à peu aux origines. Maniant avec brio le mystère voire tangentiellement le fantastique, l'auteure se livre à une dissection précise à la fois des comportements humains (et dans cette famille il y a de la variété entre un tueur en série, un ermite, un scientifique de renom ...) et de l'histoire violente de la construction des États-Unis (guerre d 'indépendance, asservissement des indiens, esclavage et guerre de sécession, guerres mondiales ...).

Lecture exigeante (et l'auteure se plaît à essayer de nous perdre en indiquant rarement des repères temporels, mais aussi par l'utilisation de prénoms qui se retrouvent dans les différents générations) mais captivante pour ce pavé de près de 900 pages dont l'ambiance est souvent violente, malsaine, noire ... comme si la malédiction qui a frappé la première génération se transmettait par les gènes pour aboutir dans une apothéose apocalyptique.

Un très grand roman qui donne envie de continuer le cycle "gothique" de l'auteure ( La légende de Bloodsmore, Les mystères de Winterthurn, Mon coeur mis à nu).

 

 

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12 décembre 2017

Romain Gary : "La promesse de l'aube"

Romain GARY : "La promesse de l'aube"

 

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Voilà un classique qui m'avait jusqu'alors échappé. Et de voir une affiche dans le couloir du cinéma, et surtout de lire le très bon "Un certain M. Piekielny" ont rapidement eu pour effet d'hisser ce récit devant mes yeux. Et quel texte !

Même si l'on connaît, au moins de façon fragmentaire, l'extraordinaire destin de Romain Gary, le récit est intéressant car il raconte dans le détail la vie de l'auteur entre sa naissance en 1914 et 1945. Mais il va au-delà de l'autobiographie fictionnée et du regard porté sur une époque. Il entre en profondeur dans la dissection de la relation mère-fils, de l'amour, de la haine, de la vénération, de l'adoration, de l'exaspération. C'est le lien qui est important ici.

Ce lien, c'est la force. C'est lui qui donne la volonté d'agir. C'est lui qui construit, à la fois l'homme en devenir et la femme au crépuscule de sa vie.

Dans un style magistral, l'auteur distille avec humour et malice, ces instants de l'enfance, de l'adolescence et de jeune adulte qui l'ont conduit à devenir le grand écrivain, l'aviateur compagnon de la Libération, le diplomate, le mari de Jean Seberg (et là ça ne peut qu'atiser la jalousie y compris de ses plus fervents admirateurs), le manipulateur deux fois prix Goncourt ... Tout est là.

C'est la matrice originelle. 

Toutefois le récit s'inscrit quand même dans une époque et nous donne à voir à la fois les prémisses de le guerre en Europe, la vie de la communauté russe à Nice dans les années 1930, l'éducation de la jeunesse mais aussi, la période trouble de la drôle de guerre, de l'armistice de juin 1940 et des efforts opiniâtres de ceux qui cherchent à rejoindre Londres ...

Un incontournable intemporel.

 

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27 novembre 2017

Alice Zeniter : "L'art de perdre"

Alice ZENITER : "L'art de perdre"

 

L'art de perdre

Tout récemment couronnée du Goncourt des Lycéens, cette saga familiale s'étend sur trois générations de part et d'autre de la Méditerranée. Ali, Hamid et Naïma forment la colonne vertébrale de cette famille qui représente tout ce que la France et l'Algérie ont vécu de la fin des années 20 à nos jours. C'est l'histoire d'un destin commun, certes, mais qui n'a rien d'uniforme, ni d'unique. Quelle que soit la génération les relations sont faites d'ambigüités, de difficultés de compréhension et d'interprétations.

Quand Ali, exploitant d'oliveraie et producteur d'huile, s'engage dans l'armée française au moment de la campagne d'Italie en 1943 il ne se doute pas qu'il va façonner le futur de sa famille sur plusieurs générations, qu'il va perturber la construction de l'identité de chacun de ses enfants et petits-enfants. Engagé dans un harka il devient harki.

Alice Zeniter dissèque la vie quotidienne de ces hommes et femmes ballotés dans l'espace (entre Palestro, Rivesaltes, Flers et Paris) et dans leur identité (algérienne, française, musulmane, athée, immigrée) et nous conte l'histoire récente de notre propre pays entre liens du sang et liens du sol. Une histoire portée par des personnages profonds et attachants, avec leurs faiblesses et leurs incertitudes.

Très bien écrit, agréable à lire et très évocateur, le récit nous apporte un éclairage particulier sur la société franco-algérienne actuelle, sur le questionnement des jeunes générations, sur les difficultés de l'intégration, sur le retour du fait religieux. Il pose également bien la question universelle de la construction de l'identité, de notre lien au sol de nos ancêtres, à ce qui nous rattache, ou pas, à un territoire, à une histoire.

 

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(Harkis au camp de Rivesaltes)

 

 

 

 

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09 novembre 2017

Eric Vuillard : "L'ordre du jour"

Eric VUILLARD : "L'ordre du jour"

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Fraîchement couronné du prix Goncourt, ce court récit dissèque un moment de l'histoire, analyse un phénomène. Eric Vuillard m'avait déjà fortement marqué avec son "Tristesse de la terre". Ici, il nous entraîne dans les entrailles du pouvoir en Allemagne au moment de l'Anschluss autour du 12 mars 1938 et nous décrit le rôle joué par les grands industriels dans la montée, la propagation et le développement du nazisme à partir de 1933.

Il y a chez Vuillard quelque chose de Stefan Zweig. En effet, il ne se contente pas de décrire les faits, mais en tire des réflexions et finalement nous interroge. Il a une propension incroyable en partant du particulier à questionner l'universel. C'est épatant !

Dans les couloirs, les bureaux feutrés, dans les salles à manger, les hommes de pouvoir se rencontrent, échangent, la politique se fait. Les jeux de pouvoirs et d'influences se mettent en place. Et la guerre aussi. Pas toujours aussi bien que ce que les images d'information ou de propagande laisseront en témoignage. Les sources sont biaisées, il faut s'en méfier, les interroger. L'écrivain ici interprète, nous parle, nous offre une vision de l'événement. Et comme c'est très bien écrit, avec un vocabulaire parfois recherché, ce récit est à la fois limpide et percutant.

 

 

 

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04 novembre 2017

Brigitte Giraud : "Un loup pour l'homme"

Brigitte GIRAUD : "Un loup pour l'homme"

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Autour d'Antoine, jeune appelé, infirmier vite formé et envoyé en Algérie dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre en 1960, tournent deux autres personnages. Lila, sa femme, vite épousée et qui attend un enfant, et Oscar, un soldat blessé, amputé, tiraillé.

Dans une Algérie peinte sans folklore et avec un regard aiguisé, l'auteure nous invite à rejoindre la troupe. On entre dans les baraquements, on dîne à l'odinaire, on va au rapport et on participe aux opérations, on guette les insurgés, on a peur, on panse les blessés. Mais pas seulement, on partage aussi la vie de tous les jours, celle des habitants, la vie simple des gens, des européens et des algériens.

A travers les trois personnages et leurs relations, c'est aussi l'amour dans ces temps agités qui est relaté. L'amour d'Antoine pour Lila perturbé par l'irruption d'Oscar dans sa vie. La relation entre les deux hommes se tisse lentement, patiemment, comme une source de rémission qui distille peu à peu sa prophylaxie. Dans cette ambiance de plus en plus lourde, de plus en plus incertaine, c'est un point d'accroche, une main tendue, une nécessité.

Sans jamais céder sur le fond, Brigitte Giraud nous dépeint une Algérie prise dans ses contradictions qui la conduiront à la déchirure brutale de 1962.Et comme c'est à travers le regard de jeunes appelés du contingent, des jeunes qui rêvaient de jeunes filles, de danse et de musique et d'insouciance, c'est avec une certaine neutralité que l'on comprend bien qu'il n'y a pas un camp du bien et un camp du mal. Et finalement c'est un berger du djébel qui nous l'apprendra.

 

Merci aux éditions Flamarrion pour ce roman lu dans le cadre des MRL17 de PriceMinister.

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26 octobre 2017

François-Henri Désérable : "Un certain M. Piekielny"

François-Henri DESERABLE : "Un certain M. Piekielny"

 

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Au chapitre VII de "La promesse de l'aube" Romain Gary indique que lorsqu'il vivait à Vilnius avec sa mère, habitait dans le même immeuble qu'eux un certain Monsieur Piekielny. On est là entre les années 1921 et 1925. Romain ne s'appelle encore Romain, mais il fait la promesse de dire aux grands de ce monde que "au numéro 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilmo, habitait M. Piekielny".

Partant d'une phrase, le narrateur-auteur-enquêteur, part à la recherche de ce mystérieux M. Piekielny.

Ce roman est le prétexte à courir trois lièvres tous aussi passionnants les uns que les autres. D'abord il y a la vie de Gary, l'homme au destin extraordinaire, écrivain, aviateur, ambassadeur, grand mystificateur ... Ensuite il y a, à travers Piekielny, la vie et le sort de tous les juifs de Lituanie dans la période allant de 1921 à 1941 et au-delà. Enfin, il y a la littérature, les personnages, et le rapport qu'ils entretiennent  avec la réalité.

Mené de main de maître, le récit est structuré en trois parties, et 147 chapitres, dont certains de quelques mots seulement. C'est vivant, c'est souvent drôle, c'est fouillé et de surcroît fort bien écrit. Tous les faits se croisent, s'interpellent, s'entrechoquent entre la vie réelle de Gary, ses rencontres, son travail d'écrivain, et l'enquête qui nous mène à la fois sur le terrain et dans l'analyse exégétique des écrits et des sources du romancier.

C'est un voyage dans la littérature qui nous est proposé, un voyage rempli de réflexions sur le mensonge, la vérité, la fiction, le témoignage. Comme si, à travers M.Piekielny, comme à travers la contre-enquête de Kamel Daoud, le personnage de roman détenait une part de la vérité de l'existence humaine et nous la révélait.

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(statue de Romain Gary enfant, devant son domicile à Vilnius)

 

 

 

 

 

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17 octobre 2017

Yannick Haenel : "Tiens ferme ta couronne"

Yannick HAENEL : "Tiens ferme ta couronne"

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On continue avec les livres de la rentrée littéraire 2017, et plus particulièrement avec les élus de la sélection Goncourt.

Difficile de se forger une opinion à la lecture de ce roman. L'idée de départ est celle d'un écrivain qui vient de rédiger un scénario sur la vie d'Herman Melville et qui cherche à le faire produire. Une oeuvre magistrale. Et on suit les tribulations farfelues de cet alcoolique, qui reste des journées entières vautré sur son divan lit à regarder des films de Cimino ou Coppola en buvant force vodka. Ça part comme un roman de John Irving et on est emporté.

Mais rapidement tout s'embrouille. Le texte prend la forme d'une mosaïque, des morceaux viennent se coller les uns aux autres, le dalmatien du voisin, une concierge, un maître d'hôtel, Isabelle Huppert, une Diane chasseresse ... et l'ivresse, la folie ... sans qu'on arrive à bien en comprendre le sens. Du cinéma (et notamment "Les portes du Paradis" qu'il faudra revoir) on glisse dans la mythologie, comme on passe d'Ellis Island à la course poursuite effrénée et nus dans le musée de la Chasse.

Yannick Haenel maîtrise sa narration et le style est recherché, travaillé, mais c'est le tout qui m'a heurté, qui m'a échappé. Comme le sens caché de "Moby Dick" ou de "Voyage au bout de l'enfer" qu'il faut trouver et qui, seul, donne la clé de l'oeuvre. Dommage. Je reste avec cette tiédeur sans avoir été emballé.

 

 

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05 octobre 2017

Kaouther Adimi : "Nos richesses"

Kaouther ADIMI : "Nos richesses"

Nos richesses

"Un homme qui lit en vaut deux" voilà la devise de ce roman qui fait l'éloge de la littérature, du livre, de l'écrit et de la lecture. 

Le point de départ est la fermeture de la librairie "Aux vraies richesses" sise 2 bis rue Hamani, ex rue Charras, à Alger, qu'il convient de vider et de transformer en commerce de beignets, en street food. C'est une librairie qui appartient à son fondateur, Edmond Charlot, idéaliste hyperactif désargenté, mais aussi aux habitants de la rue Hamani, aux habitants d'Alger et de l'Algérie, européens ou indigènes, à la France universelle et finalement à l'humanité toute entière. "Nos richesses" parce que les vraies richesses nous appartiennent, à nous qui avons la chance de savoir lire et de pouvoir en profiter.

Récit multiforme, le roman retrace l'action d'Edmond Charlot dans cette Algérie coloniale, un homme qui va suivre son idéal à travers les époques, des années 30 à la guerre de 39-45 et de l'après guerre à la décolonisation. Il n'aura de cesse de mettre en avant,en prenant tous les risques, des auteurs, des amis, des coups du coeur. Et à travers les carnets, on croise Camus, inévitablement, mais aussi Gide, Giono, Bosco, Vercors etc ... une époque, une génération.

Mais au-delà de l'aventure personnelle de Charlot, c'est toute l'Algérie qui vibre, qui bouillonne et qui va exploser.

Un roman court, certes, dont la lecture est aisée mais qui va en profondeur. Quel talent !

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(La librairie Les Vraies richesses, après qu'elle ait été plastiquée. Photo DR)

 

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29 septembre 2017

George Axelrod : "La température de l'eau"

George AXELROD : "La température de l'eau"

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De l'eau il en est peu question, ici on croise plus souvent de la vodka et du shit, ingurgités à longueur de pages par des prostituées, des starlettes et tout un aréopage de figures plus loufoques les unes que les autres.

Et pourtant tout commence mal. Harvey, écrivain qui enseigne l'écriture dans une école à "best-seller", prépare la lettre qui justifiera son suicide. Une balle dans la peau ? Mais la rencontre d'une de ses élèves va faire dévier sa trajectoire ... pour arriver à Hollywood, dans les usines de la production cinématographique.

Il faut dire que l'auteur, George Axelrod, était scénariste à Hollywood ("7 ans de réflexion", "Diamants sur canapé", (excusez du peu)) et connaît son monde. Ça lui permet d'en tirer tous les travers.

D'un style alerte, maniant la langue, les mots et l'absurde jusqu'au burlesque, il emporte le lecteur dans un tourbillon de cocasseries et d'humour. On rit franchement pour peu qu'on se prenne au jeu.

Écrit en 1971, ce roman vient tout juste de faire l'objet d'une traduction française aux éditions Sonatine.

Merci aussi à Babélio pour ce bon moment de lecture grâce à Masse Critique.

 

 

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23 septembre 2017

Marie Le Gall : "Au bord des grèves"

Marie LE GALL : "Au bord des grèves"

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Les grèves, ce sont quelques galets que a mer découvre à marée basse en Bretagne, sur une presqu'île du Finistère. Elles peuvent servir à déposer le sac et la serviette pour s'adonner aux bains de mer. Elles sont aussi le lieu d'échouage, de navires, mais de biens d'autres choses aussi.

Léna a la cinquantaine. Et apparemment ce passage semble un cap pour beaucoup de femmes (voir mes lectures précédentes) qui ont laissé les illusions et les espoirs dans le passé.

Pour Léna, ici, il s'agira de rencontres, qui a un moment percutent la vie et permettent d'éviter le naufrage.

Le roman est divisé en trois parties, dont la deuxième n'est qu'un interlude entre les deux autres. Dans la première on rencontre Ben, dans la troisième Maria. Ben un jeune américain, bricoleur, rénovateur de vielles demeures, séduisant que Léna aimera. Mais cette rencontre amoureuse suffira t-elle pour combler le vide de l'âme de Léna ?

Et puis Maria, atteinte d'une maladie dont l'issue fatale est proche, et qui permettra à Léna de relativiser, mais qui laisse, par son côté éphémère, un goût amer dans cette amitié sincère qui se construisait.

Bien écrit, certes, ce roman manque quand même de corps, tant il va chercher dans l'introspection. Le registre est un peu triste, un peu gris (d'ailleurs l'illustration de couverture donne le ton) et le tout n'emporte pas vraiment le lecteur, si ce n'est la description attachante de la Bretagne, de ses maisons, des sentiers de bords de mer ...

 

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